L’hénologie apophatique n’est pas une maladie sexuellement transmissible…

Le visible n'est que l'épiphanie de l'invisible

Ce titre peut légitimement surprendre les internautes curieux et audacieux qui nous font l’honneur de visiter régulièrement nos deux blogs.

Les deux premiers mots n’évoquent pas systématiquement quelque chose de très précis.

Lorsque l’on aura correctement distingué l’hénologie de l’œnologie, on ne sera guère plus avancé…

Quant à l’adjectif apophatique, il nous entraîne aisément dans le dédale vertigineux des maladies infectieuses ou des sectes lucifériennes.

Brrr…

Nous allons faire simple en décrivant « simplement » ces deux notions qui font explicitement référence à la philosophie néoplatonicienne, philosophie antique qui baigne tous nos romans et avec laquelle nous revendiquons crânement une certaine connivence.

Il peut paraître étrange qu’un tandem littéraire unissant une star du X passionnée par la cosmologie et un amateur de Dark Metal féru de physique quantique s’intéresse à une branche de la philosophie qui eut son apogée entre le IIIe et le VIe siècle.

Vous allez rapidement comprendre les raisons de cet intérêt et son lien, presque naturel, avec la vision holistique du Monde que nous prônons à travers notre nouveau roman : « Katharsis ».

Mais revenons à nos moutons…

Comme son nom le révèle assez clairement, la philosophie néoplatonicienne se situe chronologiquement quelques siècles après la naissance de Platon (428 av J.C.).

Elle s’inspire étroitement de la pensée de l’illustre philosophe grec et peaufine ses analyses en orchestrant ses recherches autour de deux dialogues platoniciens majeurs : le Timée et le Parménide.

Le Parménide focalisa tous les efforts de Plotin et de ses successeurs, car cet écrit prémonitoire définissait les contours d’un concept métaphysique essentiel : l’Un !

Or l’hénologie (nous y voilà !) est la branche de la métaphysique qui se consacre à l’Un, par opposition à l’ontologie qui analyse l’Etre en soi.

Les principaux philosophes néoplatoniciens : Plotin, Porphyre, Jamblique, Proclus et Damascius, s’efforcèrent de démontrer la prééminence absolue de l’Un et ses confluences avec le multiple.

Nous n’entrerons pas ici dans le détail ; un livre n’y suffirait pas…

On peut simplement préciser que ces synthèses effectuées par Plotin et ses épigones identifièrent quatre principes susceptibles de résoudre la complexe équation liant l’Un au multiple :

–          l’unité systématisante qui implique que toute multiplicité suppose une unité primordiale (l’Un néoplatonicien en étant le plus illustre exemple) qui lui donne sa structure,

–          le principe de transcendance qui précise que l’Un transcende la multiplicité qu’elle unifie à terme,

–          le principe d’immanence qui affirme que le multiple est contenu au sein de l’Un qui le transcende,

–          le principe de conversion qui précise, enfin, que la réalité plurielle ne peut se réaliser totalement que par un retour à l’Un.

Naturellement, la traduction religieuse de la quête de l’Un néoplatonicien conduisit à la mystique.

Les convergences sont étranges par ailleurs, car on retrouve des accents communs et des approches synergiques chez Plotin et Proclus (philosophes néoplatoniciens), chez Shankara (le grand penseur hindou qui est l’architecte du Védânta) et chez Maître Eckhart…

« Tout est Un » disait déjà Héraclite d’Ephèse… il y a 25 siècles !

Et l’apophatisme dans tout cela ?

Ce nom aux consonances barbares est généralement lié à la théologie, car on évoque souvent la « théologie négative » ou « théologie apophatique ».

Le principe est simple : le divin étant par définition indescriptible avec des mots humains, on l’appréhende mieux en le définissant… par ce qu’il n’est pas !

L’idée peut paraître baroque, voire incongrue. Mais il symbolise un moyen assez efficace d’approcher l’insaisissable ; l’invisible.

Or, comme le précisait René Char : « le visible n’est que l’épiphanie de l’invisible ».

Nous sommes parfaitement en accord avec le poète. Ce principe s’inscrit même en lettres d’or dans toutes les pages de nos romans…

C’est pour cette raison que la quête de l’Un néoplatonicien n’est nullement pour nous un gadget ou un désir stérile de retour aux origines. Cette quête étoffe et densifie la vision holistique du Monde que nous prônons avec obstination.

En effet, une approche « globale » du Monde et de nous-même implique :

–          l’acceptation d’une mise en abyme permanente. Ceci nécessite une approche totalement désinhibée de notre environnement et des êtres qui l’animent. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous travaillons ensemble et que notre duo littéraire fonctionne si bien…

–          une quête d’altérité qui brise et transgresse tous les tabous, toutes les barrières psychiques. Tous les carcans qui pèsent sur notre psyché et aveulissent nos énergies, nos capacités d’imaginer ; de construire…

–          une prise en compte de la fondamentale unicité du Monde et de notre univers. Cette réflexion « hénologique », et parfaitement néoplatonicienne, est totalement indépendante de toute croyance religieuse.

Ce dernier point est fondamental.

Le fait de croire en un Dieu unique, en plusieurs divinités, en un principe naturel primordial, ou d’être athée, n’a aucune importance ici. Seule compte notre volonté de regarder plus loin, plus haut. Plus large.

Une vision « panoramique » du Monde, des autres et de soi-même en quelque sorte.

D’éveiller enfin nos potentialités en les confrontant aux vrais défis de l’Homme : utiliser à 100% son cerveau et ses émotions afin d’exhausser nos ambitions bien au-delà de la lie du quotidien.

Pas facile il est vrai.

Mais l’enjeu est passionnant et la finalité est vitale.

Alors… on commence quand ?

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