Les métamorphoses d’Eros : chronique dans « Plume libre »

Les Métamorphoses d’Eros : résumé éditeur :

En 2050, nous serons neuf milliards d’êtres humains sur Terre… Les effets du réchauffement climatique se feront cruellement sentir dans tous les domaines. Les guerres pour l’eau commenceront, l’énergie sera de plus en plus chère, les ressources naturelles s’épuiseront… Doit-on capituler ? Doit-on condamner cinq millénaires de civilisation en un seul siècle de démesure ?

Le nouveau livre du duo d’écrivain Oksana et Gil Prou est d’un genre surprenant. Il s’agit en effet d’un essai. Etrange à première vue, ce choix est en fait en parfaite adéquation avec le contenu de leurs deux précédents ouvrages. Ce duo d’écrivain, décidément pas comme les autres, creuse son chemin à travers des réflexions innovantes et audacieuses.

L’essai s’ouvre sur une vingtaine de portraits de femmes hors normes, voire hors du commun. J’avoue, dans ma grande ignorance, n’en connaitre qu’à peine cinq. Ces portraits sont synthétiques mais d’un didactisme bienvenu. Déjà, le lecteur commence à apercevoir la thèse que vont défendre les deux auteurs.

La deuxième partie de l’essai compile un certain nombre de données statistiques sur l’état de notre planète Terre et de ses habitants. Et cela fait froid dans le dos. Il y a comme une impuissance du lecteur devant ces chiffres qui ne peuvent que vous glacer le sang : 25 000 êtres humains décèdent chaque jour en raison d’une carence en eau potable, 6 000 petites filles sont excisées tous les jours.

Les auteurs nous rappellent, à travers quantités d’exemples et de thèses, la situation de notre planète. Comment, en un siècle, nous avons quasiment fait sombrer notre seul vaisseau. Ils enchainent ensuite en nous proposant un projet qu’ils ont baptisé Hypérion qui, une fois mis en place, servirait à sauver des vies dans le cas des catastrophes humanitaires qui risquent de se multiplier prochainement (tsunamis, tremblements de terre…). Force est de constater que leur argumentaire tient la route. Il leur faudra pourtant vaincre un mal typiquement humain : le scepticisme. Ce projet que je ne détaillerais pas, de peur d’être trop réducteur, est séduisant et ne peut, je pense, que remporter l’adhésion du plus grand nombre.

Mais ce projet ne répond qu’à une nécessité ponctuelle et n’est nullement viable dans un écart de temps important. Oksana et Gil Prou nous proposent alors des pistes pour nous sortir du pétrin dans lequel l’Homme se jette joyeusement. L’un des premiers arguments est de replacer la femme à sa véritable place, c’est-à-dire à l’égal de l’homme. Non pas l’égalité purement comptable issue d’un quelconque quota, mais bien sa place, avec le respect des hommes envers leur moitié. En y réfléchissant un peu, le lecteur réalisera que les sociétés dans lesquelles nous vivons sont incroyablement machos. Qui n’a jamais entendu ce type de remarque « C’est pas mal pour une femme ». Ce constat, tout le monde peut le faire. Les auteurs argumentent que cela fait des siècles que les hommes gouvernent et, chaque jour, ils nous rapprochent un peu plus de l’abîme. Alors une question se pose, ne serait-il pas pertinent de laisser les femmes diriger avec ce supplément d’âme qui leur est propre.

Bien sûr, les auteurs de Katharsis nuancent ce propos à travers les quatre cents pages de cet essai en prenant soin de se faire l’avocat du Diable sur certains arguments.

Si tout le propos du livre ne m’a pas forcément toujours convaincu, ce n’est que sur un petit pourcentage. Les arguments, la démonstration, le style et le didactisme dont font preuve Oksana et Gil Prou ne peuvent que nous forcer à considérer leurs propos avec intérêt.

Le style des auteurs de « Les cathédrales de brumes » se met ici au service de leur propos. On sent d’ailleurs une simplification de leur style pour le rendre le plus accessible au plus grand nombre. En tout cas, à aucun moment, ils ne perdent leur lecteur en route ce qui arrive trop souvent lors de l’argumentaire de leur démonstration.

Une lecture passionnante, même si je l’ai trouvée un peu longue par moments. N’ayant pas pour habitude de lire des essais, ce type de littérature est beaucoup plus exigeant qu’un simple roman. Il n’en demeure pas moins que j’ai trouvé cette lecture vraiment enrichissante et j’ai eu l’impression d’être un peu moins bête en refermant cet ouvrage. Et, surtout, d’être un peu plus concerné par la situation qui nous entoure.

Je ne saurais que trop vous conseiller de vous procurer cet essai pour vous forger votre propre opinion.

Reste maintenant à passer à l’action.

Les métamorphoses d’Eros, parution octobre 2010.

Éditions de La Hutte : http://www.editionsdelahutte.com/

Lynchmaniac

Lien vers la chronique :

http://www.plume-libre.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1767%3Aoksana-a-gil-prou&catid=87&Itemid=89

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