Chronique de Katharsis

Katharsis publié en 2010 chez Interkeltia

Katharsis publié en 2010 chez Interkeltia

Une nouvelle chronique de « Katharsis » par un lecteur : Greg Hocfell

Ce thriller écologiste a été préfacé par le philosophe et naturaliste Yves Paccalet qui a coécrit une vingtaine de livres avec le Commandant Cousteau.

Le roman est paru en 2010 chez Interkeltia.

Il est disponible sur le site de la FNAC : http://livre.fnac.com/a2795391/Oksana-Katharsis#st=Katharsis&ct=Livre&t=p

On le trouve aussi chez Amazon : http://www.amazon.fr/Katharsis-Gil-Prou-Oksana/dp/2357780215/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1400416358&sr=1-2&keywords=Katharsis

Rappelons que « Katharsis » sera suivi d’un autre roman que nous avons déjà écrit : « Zalmoxis » et qui paraîtra normalement en 2015.

Zalmoxis (la suite de Katharsis) parution en 2015

Zalmoxis (la suite de Katharsis) parution en 2015

 

D’entrée de jeu, le ton est donné avec le choix de cette couverture où on voit des astronomes observant une éclipse, une œuvre d’Antoine Caron, mais on est bien loin de se douter de ce qui nous attend en lisant l’énorme opus de Gil Prou et Oksana, deux auteurs qui nous projettent, au fil des pages, dans un avenir proche, où les terroristes qui menacent soudain le monde, l’humanité, ne sont plus ceux auxquels on pense en ces temps d’actualité troublés.

Et si des écologistes désabusés, écœurés, posaient un ultimatum aux puissants de ce monde ?

Et si les éventuels barbus ou autres religieux fanatiques, les dictateurs cocaïnés ivres de leur égo, n’étaient plus à l’ordre du jour, en cette année 2033 ?

Pas de conflits entre deux civilisations, l’une orientale, l’autre occidentale, plus de nouvel ordre dit mondial insidieusement glissé dans les plans de conquête les plus secrets, non, juste un petit groupe dissimulé dans les profondeurs de la Terre, à un point bien stratégique, qui décide de faire prendre conscience à toutes et tous, via les moyens de communications dernier cri – les fameux Xylic -, à travers de longs messages écrits et dictés où il est question, grosso modo, de dire « Voilà où nous en sommes, voilà où toute cette consommation de ressources naturelles, technologiques, commerciales nous ont conduit, aussi nous allons faire sauter le monde par le pouvoir du feu nucléaire… »

La réalisation n’y va pas de main morte : l’histoire fait monter une tension qui va crescendo autour d’une certaine Katrin Thoroddsen, secrétaire générale de l’ONU, une femme emblématique, charismatique, forte et qui parait ne jamais devoir être déstabilisée, jusqu’au jour où…

Ces écolos qui ont largué moutons, montagne et fumette sont bel et bien en position de force, ils ne sont pas en haut de la falaise à nous pisser dessus, non, mais bien au centre de la Terre, près d’un « supervolcan« , à caresser des ogives nucléaires pendant que l’un d’entre eux hésite à presser le « gros bouton rouge »…

A travers les conversations, nous, lecteurs, lectrices, nous avons un compte-rendu de l’état de la planète. Et c’est plutôt ballot. Ce sont des tracasseries à tous les points du globe, entre le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources, les conflits de civilisations, les révoltes, les crève-la-dalle plus nombreux que les étoiles… fiouf !

Katharsis : d'abord vint la nuit

Katharsis : d’abord vint la nuit

On se met à tergiverser malgré tout, Gil Prou et Oksana veulent nous faire réfléchir, nous aussi, planqué derrière notre bouquin, au soleil. Et ils y arrivent.

Oh, il y a bien quelques fellations çà et là, entre un magnétique Goran et sa sulfureuse étudiante ukrainienne, mais ce n’est presque pas assez pour nous rassurer, même si rien ne vaut parfois une bonne petite pipe pour calmer le jeu…

On sent la culture de Gil Prou et de sa complice, et la connivence qui leur a fait écrire une histoire qui se lirait presque d’une traite.

Si KATHARSIS aurait eu toutes les chances d’être un chouette bouquin de science-fiction pour un été situé dans les années 70, un gros burger super bon à dévorer à l’ombre d’un parasol sur une plage ivoirine, ce n’est plus le cas aujourd’hui. KATHARSIS fait salement flipper, « prendre conscience« , à des cons comme moi, misérable machin qui ne peut qu’opiner en répétant : « Bah oui, c’est sûr, c’est grave mais qu’est-ce qu’on peut faire ?…« 

Juste une chose, cependant, histoire de faire baisser l’audimat : les dialogues parfois un peu beaucoup trop châtiés entre certains protagonistes, par exemple : deux cyclistes ont un vocabulaire que je n’ai pas quand j’ouvre ma grande gueule, et deux individus retournés à l’âge de pierre, à la fin, m’ont fait découvrir le mot « ténébrosité », wowww…

Mis à part ça, cette histoire m’a happé, et elle apporte beaucoup à notre conscience, et ça, c’est l’essentiel.

Une grande histoire !

 

Greg Hocfell

Katharsis : puis vint le froid...

Katharsis : puis vint le froid…

Nouvelle interview pour Mediapart : « Les métamorphoses d’Eros » et le « Projet Hypérion »

Le projet Hyperion » : la science-fiction vu par Gil et Oksana

11 septembre 2012 Par Yannick Comenge

 

ITW par Yannick Comenge et Hélène Loublier

 

 

Bonjour Oksana, Bonjour Gil,

 

Vous semblez tous les deux captivés par ces mondes de fiction. Que trouvez-vous chacun dans l’écriture de ces textes ?

 

Oksana :

Les contraintes de la vie forment des verrous intellectuels. Pour la fiction, c’est le contraire, elle ouvre l’esprit. Dans le monde du charme, j’aime jouer avec mon corps. La sensation qui me fait vibrer en écrivant, c’est de jouer avec la plume et mettre mon âme à nue.

Gil :

La science-fiction permet de débrider totalement notre imagination. Elle ouvre en quelque sorte le champ de tous les possibles. En imaginant des univers complets situés dans des mondes décalés dans le temps, comme dans l’espace, nous pouvons mettre en lumière des sensibilités extrêmes, des sensualités nouvelles, des transgressions à la limite du possible. On peut noter par ailleurs que dans l’un de nos deux prochains romans : « Zalmoxis » nous mettrons en scène des transgressions physiques et psychiques qui surprendront nos lecteurs. Façonner des mondes de fiction, c’est se projeter dans les replis les plus étonnants de notre « moi » intime tout en frôlant du doigt des êtres et des situations hors-normes. Cette opportunité est très féconde et nous apporte un réel plaisir. Lorsque ce plaisir est partagé par nos lecteurs, le roman devient multiple et chacun peut se l’approprier en recréant ses propres univers. La magie de l’écriture se métamorphose alors…

 

Pour quelles raisons avez-vous décidé d’écrire un essai comme « Les métamorphoses d’Eros » ?

 

Oksana :

Les Métamorphoses d’Eros reprend la thématique de Katharsis sous forme d’un essai. Selon la mythologie grecque, Éros est le Dieu de l’Amour, de la création. Celui qui rassemble, qui unit. Sur scène, un artiste crée une complicité avec son public. Il peut changer de costume et interpréter de nombreux personnages. Tout le monde aime y croire. C’est assez facile. A l’échelon de l’humanité, est-il impossible de concevoir un monde sans frontière ni race ? C’est à dire de privilégier le bien-être de tous, malgré nos différences ?

Gil :

Ecrire un essai implique une discipline de pensée qui diffère totalement de la logique propre à la création d’œuvres de fiction. Ici on est dans le concret. Ici on est dans la vraie vie. Après avoir écrit « Katharsis » et discuté avec Yves Paccalet qui a préfacé notre thriller écologique, nous avons réalisé que tous les indicateurs sont au rouge au début du XXIe siècle et que nous avions peut-être quelques propositions à faire. Les analyses faites par Yves dans son remarquable essai-pamphlet : « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! » ont donc souvent enrichies nos réflexions.

 

Quels sont les principaux thèmes abordés dans cet essai ? Y a-t-il une priorité dans ces choix ?

 

Oksana :

Le sort de l’humanité est notre fil conducteur. Nous tentons de définir la place de l’Homme par rapport à son environnement et nous valorisons la féminité à travers une vision non réductrice.

Gil :

Le thème central se résume ainsi : pourrons-nous vivre ensemble sans nous entredéchirer lorsque nous serons neuf milliards sur Terre et lorsque de nombreuses réserves naturelles indispensables à l’Homme seront en situation de pénurie ? Si on observe la situation actuelle avec un minimum de lucidité, la réponse est tout simplement dans le titre de l’essai d’Yves Paccalet. Nous proposons donc de donner enfin à la femme le rôle qu’elle aurait toujours dû avoir et que notre société rechigne à lui donner. Nous proposons aussi de remplacer progressivement le principe de domination qui prévaut actuellement en le remplaçant par le principe d’association. Enfin, nous prônons une « vision holistique du Monde » qui prendrait en compte toutes les facettes de la vie. Ceci signifie essentiellement le respect de la Nature et une quête d’altérité qui valorise les différences, toutes les différences.

 

Au cœur de ce livre il y a un grand projet humanitaire : le « Projet Hypérion« . Pouvez-vous nous en parler ?

 

Oksana et Gil :

Comme beaucoup d’autres livres sur le sujet, notre essai contient beaucoup d’analyses et de propositions. Mais nous souhaitions matérialiser cette « vision holistique du Monde »  qui est au cœur des « Métamorphoses d’Eros » à travers un grand projet qui permettrait de concrétiser cette approche tournée vers les autres : https://oksanaetgil.wordpress.com/2011/12/14/le-projet-hyperion-extrait-de-notre-essai-les-metamorphoses-deros/

Ce projet humanitaire est né juste après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti. Comme tout le monde, nous avons constaté la lenteur des secours et le grand désordre qui a suivi pendant de longues semaines. Le « Projet Hypérion » est donc la matérialisation d’une force logistique toujours prête à intervenir et qui se structurerait en sept bases judicieusement disséminées à travers la planète. En cas de tremblement de terre ou d’inondations catastrophiques, ceci permettrait de sauver de nombreuses vies en intervenant efficacement dans les vingt-quatre heures, et non plusieurs jours plus tard. En cas de catastrophe immédiate (tsunami par exemple) ces « bases Hypérion » pourraient permettre à des milliers de réfugiés d’avoir très vite accès à des cellules de survie évitant les drames sanitaires, psychiques et matériels qui suivent toujours ces tragédies. Les grandes catastrophes n’étant, heureusement, pas la situation habituelle sur Terre, les professionnels de ces bases et leurs moyens d’intervention seraient alors à la disposition des Nations-Unies pour toutes les opérations urgentes à mettre en œuvre en cas de famine ou d’autres séquelles des guerres. On peut signaler enfin que les effets désastreux et prévisibles du réchauffement climatique pour certaines régions du Monde s’inscriraient parfaitement dans le « cahier des charges » des « bases Hypérion ».

 

Comment pourrait-on concrétiser ce projet ? Est-il vraiment réalisable ?

 

Oksana :

La fiction d’aujourd’hui peut devenir la réalité de demain. Pourquoi pas ! Nous arrivons au terme de nombreuses ressources naturelles sur notre planète. Il y a de plus en plus de bouches à nourrir et il faudra forcément faire des choix. Le projet Hypérion apporte des réponses concrètes et un raisonnement utile qui s’appuie sur une logique différente. Bien sûr qu’il est réalisable ! Combien de fois, peut-on constater que les choses pourraient être faites de façon plus juste, mais que pour une « histoire de gros sous », il en est autrement ? C’est avant tout un vrai et courageux pouvoir de décision qui peut faire grandir ce genre de projet.

Gil :

La concrétisation du « Projet Hypérion » fait l’objet d’un chapitre entier de notre essai. Dans l’état actuel des choses, sa réalisation semble difficile car l’indifférence probable de plusieurs grands pays et l’impact financier ne militent pas en sa faveur. Mais si l’on tient compte du fait que : sauver quelques centaines de vies chaque année et apaiser les souffrances de dizaines de milliers de sinistrés a probablement du sens, certains de ces égoïsmes locaux, nationaux ou internationaux, pourront être combattus. Quant au coût, il faut se remémorer que rien faire ou agir trop tardivement est toujours très onéreux. L’exemple catastrophique du cyclone Katrina sur la Nouvelle-Orléans en Août 2005 en constitue un triste exemple. En raison d’une intervention lente et désordonnée, il a coûté au moins 80 milliards de dollars !

Nous ne sommes pas candides et imaginons aisément que de nombreuses personnes nous dirons que « ce n’est pas possible ». Mais si une seule proposition de ce « Projet Hypérion » est ultérieurement retenue, et si elle permet de sauver quelques vies, notre objectif sera atteint et nous n’aurons pas travaillé inutilement à ce grand projet humanitaire.

 

Lien vers l’article :

http://blogs.mediapart.fr/blog/yannick-comenge/110912/le-projet-hyperion-la-science-fiction-vu-par-gil-et-oksana

 

Katharsis : entretien avec Clara dans le cadre du Prix Collégien 2011

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité du commentaire réalisé par la collégienne qui a rencontré Gil à Paris après avoir gagné le concours lui permettant de dialoguer avec l’un des auteurs nominés pour le Prix collégien 2011.

Cette discussion sympathique et enrichissante se déroula en Avril. Clara put ainsi poser toutes les questions qui lui venait à l’esprit après avoir lu notre thriller et ses implications pour un futur, hélas, assez proche pour nous-mêmes et nos descendants.

Lors de cette discussion, nous avons aussi examiné les différentes facettes du travail de l’auteur qui doit s’efforcer de mettre en oeuvre une intrigue et densifier le profil des protagonistes du livre, tout en maintenant le suspense et la cohérence d’ensemble du sujet.

Ce lien du Musée des Confluences reprend les modalités du Prix et le processus qui s’est finalisé à travers ces rencontres intéressantes entre collégiens et auteurs : http://www.museedesconfluences.fr/musee/evenements/prix_collegien_2011/index.php

Voilà le commentaire de Clara Perrin :

Le lundi 11 avril 2011 n’a pas été pour moi une journée ordinaire.

J’avais été sélectionnée par le musée des Confluences pour rencontrer Gil Prou, l’un des deux auteurs de « Katharsis ».

« Katharsis » est un roman de science-fiction qui raconte comment, en 2033, des écoterroristes menacent de faire exploser la planète si l’ONU ne se décide pas à diminuer de 50 % la production des gaz à effet de serre, d’arrêter la déforestation et la fin de l’esclavage économique.

Mon entretien avec Gil Prou a tourné autour de deux thèmes : l’avenir de la planète et le travail d’un écrivain.

D’après lui, l’humanité n’est pas prête à changer radicalement ses comportements et ses modes de vie afin de sauver la planète. Or, elle en aurait dramatiquement besoin ! Cependant « allez expliquer à un milliard de chinois avides de consommer que, désolés, c’est bête, mais vous arrivez trop tard, nous, on en a bien profité mais maintenant il faut sauver la planète ! »

Et quel politique se risquerait à prendre des décisions aussi impopulaires que celles décrites par les écoterroristes du livre ? Décisions auxquelles Gil Prou et Oksana, co-auteure du roman, adhèrent totalement « ainsi que les trois-quarts de la population mondiale… tant que c’est les autres qui le font ! ».

Pour lui, le développement durable est l’un des plus grands ennemis de la planète car « en posant un panneau solaire sur leur toit et en coupant l’eau pendant qu’ils se brossent les dents, les gens pensent que la planète va être sauvée ! Ce sont, certes, des gestes utiles, mais ils ne suffisent pas et servent surtout à nous donner bonne conscience ».

Pour toutes ces raisons, comme le laissait supposer la fin du livre, les auteurs ne sont pas très optimistes quant à l’avenir de l’humanité. D’ailleurs, lorsque j’ai demandé à Gil Prou s’il pensait que les mentalités pouvaient changer, il m’a affirmé avec franchise que, pour lui, la réponse était non.

J’ai également posé des questions sur le travail d’un écrivain. Par exemple : comment faites-vous pour écrire à deux ? Est-ce difficile ?

Il m’a expliqué que chacun écrit des parties et qu’ils communiquent via internet. Il m’a dit aussi qu’écrire à deux est enrichissant, car chacun apporte un regard critique sur le travail de l’autre. Il a ajouté que souvent les idées viennent par hasard, d’un article de journal, d’une odeur, d’une sensation. C’est d’ailleurs par hasard qu’il a rencontré Oksana. Tous deux ne vivent pas de leur plume, ils ont d’autres sources de revenus, ce qui les rend plus libres.

En conclusion, je dirais que cet entretien m’a beaucoup intéressée. Il valait largement la peine de se lever aux aurores pour prendre le TGV pour Paris, et la présence amicale de Monique Sirejols, la documentaliste du collège, et de Patrick Ageneau, le photographe du Musée des Confluences, a été pour beaucoup dans la réussite de ce voyage.

Un grand merci à tous les deux ainsi qu’au Musée des Confluences !

Clara PERRIN

élève de 3ème au Collège Georges Charpak – Brindas.

Voilà le lien vers le Musée des Confluences qui reprend cet entretien : http://www.museedesconfluences.fr/musee/evenements/prix_collegien_2011/plc_2011_ent_katharsis.htm

Katharsis : la deuxième revendication des écoterroristes

Comme nous l’avons déjà précisé dans le précédent article de notre série « Les secrets de Katharsis », les écoterroristes qui menacent l’humanité d’une sanction apocalyptique s’ils ne sont pas entendus précisent :

« Nos revendications sont au nombre de trois. 

Les deux premières concernent le respect de la planète. La dernière concerne le respect de la personne humaine »

Ils complètent leur première requête (la diminution de 50% des émissions de gaz à effet de serre) par une seconde exigence incontournable et de bon sens : l’arrêt immédiat et définitif de la déforestation des zones tropicales.

Leurs propos sont clairs : « Les forêts constituant simultanément le poumon de la planète, un important réservoir d’eau douce, des puits de carbone  très efficaces et le vivier de presque tous les médicaments du futur. Abattre un arbre tropical est donc un crime »

« Abattre un arbre est donc un crime »… Cette phrase fera probablement bondir certains lecteurs de notre thriller qui estimeront qu’employer le terme « crime » lorsque l’on détruit un arbre ou une forêt est excessif, voire indécent.

Ils auront tort !

Les spécialistes de l’environnement sont formels : les forêts tropicales sont le garant de la biodiversité. Il faut se remémorer qu’un seul hectare de forêt tropicale contient plus d’espèces différentes que toutes les autres forêts couvrant notre planète !

Par ailleurs, leur rôle en tant que « puits de carbone » est essentiel. Il suffit par ailleurs d’observer ce que deviennent les forêts tropicales après déforestation (en Amazonie, en Afrique, à Madagascar ou en Indonésie par exemple) pour comprendre le sens exact du mot « crime ».

Qu’observe-t-on alors : des champs craquelés se désertifiant…

Enfin, les ressources botaniques issues des forêts tropicales sont immenses en termes de médicaments potentiels pour l’avenir.

Et savoir qu’un bûcheron est peut-être, actuellement, en train de détruire les derniers représentants d’une plante qui pourrait définitivement vaincre le sida ou le paludisme, nous convie à porter un réel crédit aux requêtes des écoterroristes de « Katharsis » qui vont terroriser l’humanité pendant 18 jours…

Le crépuscule des océans

Aujourd’hui nous réservons une large place à notre ami Yves Paccalet qui a rédigé la préface de notre thriller écologique : « Katharsis ».

Récemment, Yves vient de publier un nouvel ouvrage intitulé : « Les mots pour le pire – Dictionnaire énervé de l’écologie » aux Editions de l’Opportun. Vous trouverez ci-dessous deux articles extraits de ce dictionnaire. Ceux-ci sont consacrés à la triste destinée des baleines et des thons rouges.

Le sujet peut paraître anecdotique lorsque la majorité de nos concitoyens pensent « chômage », « retraite », « insécurité «  etc… Toutefois, et si on veut bien regarder un peu plus loin que le bout de notre nez, on doit admettre que les cris de colère d’Yves Paccalet et sa lucidité dérangeante sont fondés.

En 2010 -et les choses ne changeront pas en 2020 en 2030 ou en 2040…- nous sommes tous responsables d’une prédation infinie au sein d’un monde fini. Le cas de l’absurde pêche au thon rouge en symbolise un bon exemple. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait dix années d’études après le Bac pour réaliser que cette déréalisation de l’avenir est une faute grave, un suicide. Un échec.

Nous refusons systématiquement de croire ce que nous savons parfaitement et nos descendants les plus proches (les enfants de nos enfants) paieront très cher notre arrogance et notre aveuglement.

Yves essaie de nous dessiller.

Ecoutons-le et posons-nous les bonnes questions…

Voilà ces deux articles. Le premier est consacré aux baleines :

« Baleine

Mammifère marin et rêve gigantesque pour les enfants et les poètes. On peut vivre dans son ventre, comme le suggèrent les épisodes très véridiques du prophète Jonas avalé par le Léviathan (Bible, Livre de Job) ; de l’Histoire véritable du Grec Lucien de Samosate ; des voyages de Sindbad le Marin ; ou des Aventures de Pinocchio selon l’Italien Carlo Collodi.

Il existe dix espèces de baleines à fanons (ou mysticètes) : trois franches, la grise, la bleue, le rorqual commun, la baleine à bosse et trois rorquals plus petits, le boréal, le tropical et le museau-pointu. Toutes sont menacées, jadis et encore par le harponnage, mais aujourd’hui surtout par nos pollutions (chimiques, sonores…), par les hélices de bateaux et par les prélèvements excessifs de la pêche industrielle aux crevettes, harengs, capelans ou sardines. Le Japon, la Norvège et l’Islande tentent chaque année de remettre en cause les décisions protectrices de la Commission baleinière internationale (CBI). Ils n’hésitent pas, pour cela, à acheter les voix des pays pauvres. Ils continuent la traque aux petits rorquals en invoquant une hypocrite « clause scientifique ». Ils détournent la juste clause d’exemption aborigène. Ils pratiquent un braconnage éhonté en harponnant les espèces les plus menacées : ce forfait a été prouvé par des analyses génétiques effectuées sur de la viande de baleine achetée au marché aux poissons de Tokyo.

La baleine bleue, ou rorqual bleu, incarne le plus gros animal que la vie ait inventé sur notre planète : record de poids à 190 tonnes (une femelle harponnée en 1948) – deux fois et demie le plus gros dinosaure ; 30 mètres de longueur (trois autobus) ; une queue de 7 mètres d’envergure ; la langue comme un éléphant ; le cœur comme une voiture ; chez le mâle, les testicules pèsent un quintal et le pénis atteint 3 mètres…

Avant la tuerie décidée par les hommes (bateaux chasseurs rapides, canons lance-harpon, navires-usines), l’espèce comptait quelque 300 000 individus. Il en subsiste à peine 3 000 : 1 pour 100 de la population originelle… Quoique la chasse à ce colosse soit interdite dans toutes les mers depuis 1965, les effectifs stagnent. Pollutions, manque de nourriture, collisions avec des bateaux, mélancolie génésique… On songe au massacre de ces colosses dans la première moitié du XXe siècle. On se remémore ces vers que composa, en 1940, le poète chilien Samuel A. Lillo :

« Et sur la mer le sang s’étale

Comme un manteau de pourpre flottante… »

L’Homo n’est pas sapiens : il est destructor. Ou terminator. »

Et voilà le second consacré aux thons rouges:

« Thon rouge

Gros poisson qui fut à la fois une merveille de la mer et un délice dans nos assiettes, et qui n’existera bientôt plus. On estime que l’espèce (ou plutôt les trois qu’on nomme ainsi : Thunnus thynnus , T. maccoyii, T. orientalis) a perdu les trois quarts de ses effectifs en un demi-siècle. Et encore : en étant optimiste…

Ramdam à Marseille. Ce n’est pas la sardine qui bouche le Vieux Port : on ne voit presque plus de sardines en Méditerranée. Les responsables de ce tohu-bohu sont les thoniers. Ils conspuent Greenpeace et les « écolos irresponsables » qui clament cette vérité difficile à entendre : au rythme actuel de captures, les thons rouges auront bientôt disparu ; et que les thoniers seront foutus.

Paradoxe ! Ceux qui défendent le mieux les professionnels de la mer contre leur imprévoyance se font arroser, injurier, menacer, expulser. L’attitude des pêcheurs est à peu près aussi rationnelle que celle du patient qui étend d’un coup de poing le médecin qui lui annonce sa maladie et lui prescrit les remèdes.

Les pêcheurs refusent d’admettre qu’ils ont vidé la mer de ses richesses jusqu’aux abysses… Ils accusent les dauphins, les phoques, la pollution, le climat, les courants. Toutes choses et tout le monde, sauf eux-mêmes… Ils hurlent contre la « dictature » de l’Europe ou de la FAO. Mais c’est eux qui ont fait de la mer un désert…

Traqués par les flottes du monde entier, les thons rouges valent de plus en plus cher sur les marchés, parce que ce sont les derniers. On les prend jeunes et on les élève à la farine de poisson, pour les revendre une fortune au Japon. Les marins doivent vivre, bien sûr. Mais en refusant d’écouter les scientifiques, ils font penser à ces personnages des anciens dessins humoristiques, en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Sauf que le gag ne fait plus rire personne…

Sans un sursaut de lucidité, le futur des thoniers est écrit. Leurs bateaux iront à la casse, et leurs enfants feront un autre métier.

Car, en boîte ou en sashimi, les derniers thons rouges sont déjà dans nos assiettes. »

Il n’y a rien à rajouter, car -si nous ne réagissons pas très rapidement- dans un siècle nos océans seront essentiellement peuplés d’algues et de méduses.

Une bien étrange version du Paradis…

Interview pour le site « La vie littéraire »

Oksana & Gil Prou

Entretien avec Gil Prou et Oksana autour de leur roman Katharsis

par Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy

LVL : Gil Prou et Oksana, vous venez de signer, après votre space opéra métaphysico-planant « Cathédrales de brumes« , un deuxième roman troublant de prophétisme, « Katharsis« , dans lequel des idéalistes intraitables meurtris par ce que l’homme inflige à la race humaine et à la Terre menacent les dirigeants du monde de faire sauter la planète s’ils ne changent pas l’économie de la manière de vivre humaine. Ces éco-terroristes se sont appropriés des missiles nucléaires, qu’ils menacent de faire sauter dans des giga volcans. Première question, Gil et Oksana : le réveil du volcan islandais qui a paralysé l’Europe, c’était vous ?

O & G : Bien sûr ! Plus sérieusement, nous nous sommes posé la même question en constatant l’étrange parallèle existant entre certains éléments de notre fiction et l’actualité la plus récente. En fait, en écrivant Katharsis nous avons souhaité mettre en lumière une réalité -l’existence de plusieurs supervolcans tapis dans l’écorce terrestre depuis plusieurs millions d’années- qui constituent la plus effroyable menace « naturelle » susceptible d’anéantir la civilisation humaine en provoquant un long hiver volcanique. Selon la puissance de l’éruption, cet « hiver » durerait quelques années ou… quelques siècles ! Le hasard fait que cette problématique se nourrit de l’actualité, même si le « petit » volcan islandais représente moins d’un dix millième de la puissance réelle d’un supervolcan tel que celui de Yellowstone ou celui du lac Toba. L’actualité récente confère par ailleurs un caractère prémonitoire à notre thriller. On y retrouve en effet les effets désastreux de l’éruption d’un volcan, mais aussi le constat des échecs des gouvernants du monde lorsqu’il faut prendre des décisions qui engagent l’avenir. On découvre aussi une similitude avec le Sommet de Washington qui met en lumière le risque d’une appropriation de l’arme nucléaire par des terroristes. Enfin, nous programmons la première mission habitée pour Mars en 2033 et Obama évoque l’horizon 2035. On devrait peut-être jouer au loto !

LVL : Votre roman, bien rythmé, haletant, est toutefois extrêmement noir.
L’échec du Grenelle de l’environnement, l’échec du Sommet de Copenhague, l’échec de la Conférence de Doha ne sont certes pas là pour nous rassurer quant à vos prévisions. Votre démarche littéraire est-elle désespérée, nihiliste, ou croit-elle qu’il y a un salut par le Verbe ?

O & G : Notre démarche est tout simplement lucide. Nous serons 9 milliards d’êtres humains en 2050 et nous n’avons nullement l’intention d’endiguer nos suicidaires appétits de consommation. Tous les signaux sont au rouge : on vient d’apprendre par les spécialistes des Nations Unies que les réserves de poissons auront disparues en 2050 si on ne régule pas drastiquement la pêche mondiale… Dans l’état actuel des choses -et les échecs récurrents de tous les sommets visant à enrayer ce processus dément le prouvent- la catastrophe écologique, climatique et sociale est inévitable. N’oublions pas ce chiffre simple et atroce : en 2010, un enfant meure toutes les 5 secondes par manque d’eau ou en raison d’une eau impropre à la consommation… Mais on parle de quoi sur Facebook et dans les journaux télévisés ? De niaiseries politiques ou sportives, mais presque jamais de ces enfants qui meurent chaque jour. Que se passera-t-il lorsque la population humaine aura augmentée de 40% (c’est-à-dire demain) et lorsque nos appétits de consommation auront augmenté de 100% ?

LVL : Votre roman a quelques précédents dans le genre, notamment l’excellent « En direct » de Spinrad. Pensez-vous que « la conscience verte » sera le prochain fascisme ?

O & G : La situation environnementale et sociale deviendra de plus en plus difficile et l’avenir de nos enfants s’obscurcira. Tout ceci génèrera naturellement des révoltes et la radicalisation d’une forme outrée de l’écologie : l’écoterrorisme est une des réalités de demain. Tout le monde le sait et nous avons simplement précipité ce phénomène dans notre thriller…

LVL : Votre roman s’ouvre par une citation de René Char : « L’Homme fut sûrement le voeu le plus fou des ténèbres« . Cet aphorisme est extrait des « Feuillets d’Hypnos« , livre « écrit » pendant l’Occupation, alors que Char était résistant et maquisard, donc au noir d’une période historique très menaçante. Sommes-nous à l’équivalent historique d’une menace capitale, pour que vous repreniez ainsi la lignée de Char ?

O & G : Si l’on considère que la possible généralisation de conflits pour l’accession à l’eau et à la nourriture est une situation dramatique et une menace capitale pour l’humanité (ce qui est notre cas), le parallèle est pleinement justifié.

LVL : Char écrivit aussi « A chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir« . La salve d’avenir, votre roman ne semble pas y croire, mais vous, comment le voyez-vous ?

O & G : Si les femmes avaient simplement -et dans tous les pays du monde- le choix d’avoir ou non un enfant, sans contrainte, sans jugement, un véritable espoir poindrait à l’horizon. Mais si nous sommes condamnés à être neuf milliards de fournis laborieuses et consommatrices de ressources en 2050, il n’y aura pas de « salve d’avenir ». Nous n’avons qu’une seule Terre… Et nous l’a tuons.

LVL : Yves Paccalet préface votre beau roman. Auteur du provocant « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », il semble être la plume indiquée pour introduire votre roman. Des vues communes avec lui ?

O & G : Innombrables ! Yves est devenu un ami et discuter avec lui est un plaisir sans borne. Que ce soit dans ces ouvrages coécrit avec le Commandant Cousteau ou dans ces essais les plus récents, il dit tout haut ce que la plupart des spécialistes honnêtes pensent tout bas. Pour être francs, lorsqu’il écrivit « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! » en 2005 et lorsque nous avons écrit la première version de « Katharsis » en 2007, nous pensions tous les trois avoir un peu « grossit le trait ». Lorsque nous évoquons cette problématique ensemble en 2010, nous pensons, au contraire, être un peu en retrait par rapport aux catastrophes climatiques, environnementales et humaines que nous alimentons tous ensemble…

LVL : La dernière phrase de votre roman est proprement sublime. Elle fait référence à Chrétien de Troyes (le moment ou le jeune Perceval contemple le sang sur la neige, symboles qui mettent le héros en marche vers sa quête intérieure de pureté et de grandeur humaine), au Giono de « Un roi sans divertissement« , où le thème du sang dans la neige est également très marqué. Est-ce là, silencieuse, la parole discrètement charrieuse d’espérance en l’Homme ?

O & G : Le sang sur la neige… La pureté et la mort mêlées après le « dernier cri du dernier des humains » (Vigny). C’est une image poétique, mais c’est aussi un symbole fort. Or tout est symbole.

LVL : Vous travaillez à un nouveau roman ?

O & G : Nous commençons l’écriture simultanée de deux nouveaux romans. Le premier se déroulera au VIe siècle avant J. C. et le second 3 500 ans plus tard. Nous ne risquons donc nullement de confondre les intrigues et les personnages…

Oksana & Gil Prou le 20 Mai 2010

Lien : http://www.lavielitteraire.fr/index.php/katharsis-entretien

Lien vers notre précédente interview : http://www.lavielitteraire.fr/index.php/gil-prou-et-oksana-entretien

Interview parue dimanche dans « La Voix du Nord »

Oksana & Gil avec les couvertures de leurs deux premiers romans

Cette interview a été faite le samedi matin, juste avant le début de notre rencontre-dédicace à la FNAC Valenciennes où l’accueil fut très chaleureux. Un grand merci à toute l’équipe…

Cette interview (près de 40 minutes) a été résumée à travers cet article intitulé : « L‘électron libre du cinéma X s’attaque à la littérature SF »

• UN VISAGE, UN JOUR : OKSANA, HARDEUSE ET AUTEUR

La star du X Oksana était hier en dédicace à la FNAC. Pas pour ses prouesses à l’horizontale, mais pour une activité parallèle. La demoiselle a cosigné un roman d’anticipation avec Gil Prou, un ancien gros bonnet de la FNAC. Une collaboration inattendue mais pleinement assumée.

Mini robe moulante, bottes, lunettes noires, décolleté vertigineux… Oksana : vingt-huit ans, a le physique de l’emploi. Sauf qu’on n’est pas là pour parler des films où elle impressionne par la légèreté de sa cuisse, mais de littérature. La belle est d’ailleurs accompagnée d’un homme à l’allure beaucoup plus sage, et au parcours plus « sérieux ». Gil Prou : soixante ans, a été responsable disques à la FNAC Montparnasse, puis directeur de FNAC Distribution. Il a par ailleurs rédigé des articles pour Actuel et a parcouru la planète pour le magazine Grands Reportages.

Tous deux sont venus à Valenciennes dédicacer leur deuxième ouvrage commun, « Katharsis« . Un thriller écologique d’anticipation qui met en scène le chantage exercé contre l’ONU par un groupe écoterroriste en 2033. Le tout préfacé par Yves Paccalet, « philosophe poil à gratter », auteur de « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! »

À première vue, l’attelage a tout de l’alliance de la carpe et du lapin. « On se connaît depuis longtemps et on a des centres d’intérêt communs », explique Oksana. « Je m’intéresse aux sciences dures et elle a une licence de mathématiques appliquées », précise Gil Prou.

Leur collaboration ne va pourtant pas de soi. « Le fait d’être une star du X a été un handicap au début. L’éditeur de notre premier roman a été un peu malmené : les gens croyaient à un coup éditorial, à un pétard mouillé. » Et les employeurs habituels d’Oksana voient d’un mauvais œil ses velléités d’émancipation. « Le milieu du X, c’est un peu « sois belle et tais-toi ». J’étais en contrat avec Marc Dorcel quand on a commencé à envisager de travailler ensemble. Ils nous ont fait comprendre que ce n’était pas une bonne idée. À la fin de mon contrat, je suis partie. »

Dans le lander(por)neau, ce départ vaut à Oksana une image d’« électron libre », qu’elle et Gil revendiquent. « On ne veut pas s’enfermer dans un genre, avance-t-il. On discute avec des scénaristes pour une adaptation cinématographique, une série télé… On veut se lancer des défis qui nous stimulent. Même si ce roman devient un best-seller, on ne fera pas du copier-coller ». « Je recherche du plaisir, acquiesce Oksana. C’est indispensable : la littérature est un domaine moins facile que le X. Le public n’est pas captif, il faut le conquérir. Même dans mon métier, j’essaie de dépasser les codes. Je ne suis pas une bimbo refaite, je reste proche du public là où d’autres jouent l’inaccessibilité… »

L’actrice signe des autographes avec le sourire. « Continuez, j’adore ce que vous faites », lui glisse un jeune homme, les yeux baissés.

Un lecteur conquis, sans doute…

PAR RUBEN MULLER

valenciennes@lavoixdunord.fr  PHOTO DIDIER CRASNAULT

Lien : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2010/05/16/article_l-electron-libre-du-cinema-x-s-attaque-a.shtml

Chronique de Katharsis sur le site L’Autre Monde

L'Homme du XXIe siècle sera-t-il responsable de la 6e extinction de masse affectant notre planète ?

Décidément Oksana et Gil Prou n’ont pas fini de nous surprendre. Avec leur nouveau roman, les deux auteurs nous offrent un thriller d’anticipation écologique et apocalyptique.

Le principe est simple : en 2033, une organisation éco-terroriste vient de lancer un ultimatum aux nations. Si dans 18 jours aucun accord n’a été trouvé pour répondre à leurs 3 revendications (réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre, supprimer l’esclavage économique et arrêter de détruire les forêts), les éco-terroristes supprimeront l’Homme de la surface de la Terre. Puisque l’être humain ne fait que piller les ressources naturelles sans se soucier du lendemain, il est devenu un poison pour la Terre.

Toutes les tentatives d’accords se sont soldées par des échecs. Alors, en ayant le couteau sous la gorge, peut-être que les pouvoirs politiques prendront enfin les décisions qui s’imposent depuis plusieurs dizaines d’années ?

Ou peut-être pas !

Nous allons suivre les débats qui vont animer l’ONU, qui en 2033 est aussi inefficace qu’à l’heure actuelle. Et découvrir que malgré le bon sens des revendications des éco-terroristes, les chefs d’état dans leur grande majorité ne vont s’occuper que de leur petit nombril en se demandant : est-ce que la menace est réelle ? Est-ce que mon pays risque quelque chose ? Pourquoi devrais-je négocier avec des terroristes ?

Enfermés dans leurs tours d’ivoire, les décideurs politiques vont se détourner de l’essentiel du message de l’organisation terroriste : il faut agir pour sauver la planète sinon nous allons tous mourir dans 18 jours.

Nous assisterons aux échanges entre chefs d’Etat, aux réunions préparatoires organisées par Katrin Thoroddsen, la Secrétaire Générale des Nations Unies, mais également aux réactions des simples citoyens, comme le blogeur Goran Janacek de Sarajevo, la famille Vintilhac dans les Cévennes etc. Avec quelques intermèdes dans une navette spatiale à destination de Mars renfermant 12 scientifiques en mission pour la Nasa. Chaque début de chapitre étant consacré à un aborigène australien qui est occupé à dessiner un serpent arc-en-ciel.

Les communiqués qui sont envoyés par l’organisation terroriste font monter la pression crescendo, en livrant les informations au compte gouttes sur la façon qu’ils ont choisi pour déchaîner les enfers sur Terre, si rien n’est fait.

Ce roman d’anticipation ne fait que légèrement grossir le trait par rapport à notre situation actuelle. Il suffit de voir ce qu’a donné, ou plus exactement n’a pas donné, le Sommet de Copenhague. Même sans être sensible à la mouvance écologique, le plus bête des hommes ne peut que constater l’épuisement des ressources naturelles et leur disparition (derniers exemples en date : le thon rouge, que le japon continue de consommer plus que de raison et les ravages forestiers que produit le développement de l’utilisation de huile de palme dans l’industrie agro alimentaire).

De ce fait, les revendications des éco-terroristes et leurs différents plaidoyers pour une réaction forte des états sonnent comme un cri du cœur et non comme un chantage odieux. C’est la réaction des gouvernements qui va vous faire hurler en lisant Katharsis, car ce roman d’anticipation pourrait se révéler être notre triste réalité dans quelques années.

Espérons qu’Oksana et Gil Prou pourront éveiller quelques consciences supplémentaires avec leur roman. D’autant que le texte est émaillé de nombreuses citations littéraires et d’explications scientifiques (tectonique des plaques, théorie des cordes etc).

Katharsis n’est pas un simple roman écolo-futuriste que tout le monde pourrait écrire. Il s’agit d’un plaidoyer pour sauver la planète, qui met en exergue les prises de conscience que des auteurs classiques ou des philosophes anciens. Les références utilisées par Oksana et Gil Prou ne sont pas un catalogue pour exposer leur culture générale, mais une invitation à aller plus loin dans la réflexion.

Car Katharsis ne doit pas rester un simple livre qui, une fois votre lecture achevée, se retrouvera à prendre la poussière dans votre bibliothèque. Il faut que vous en parliez autour de vous, que vous prêtiez ou offriez Katharsis à vos amis, car n’oubliez pas une chose : les décideurs politiques sont élus. Et vous avez la possibilité de les obliger à prendre en considération la planète que nous foulons du pied tous les jours.

Vous savez ce qui vous reste à faire (tout du moins si vous habitez dans une démocratie…).

Cependant n’allez pas croire que Katharsis est un manifeste politique. Ce livre reste un roman d’anticipation, et donc avant tout un objet culturel, qui vous permettra de passer un très bon moment en vous faisant peur, en imaginant ce qui pourrait arriver de pire à la notre belle planète dès demain.

Mais pour aujourd’hui tout va bien… Enfin, tout ne va pas si mal.

 Lien : http://lautremonde.radio.free.fr/litterature.php?id=662 

Xavier

Chronique de Katharsis sur le site Khimaira – un monde d’imaginaire

L'Apocalypse a parfois des formes très inattendues...

Voilà déjà la troisième chronique de notre dernier roman : « Katharsis » qui est paru à la mi-Mars.

Si les livres se suivent sans se ressembler aux Editions Interkeltia, il en va de même pour leurs auteurs.

Après l’Apocalypse selon Neptune, écrit par un yogi immergé dans la conscience supramentale ayant pris le nom de Natarajan, arrive un roman rédigé par un duo bien éloigné des poncifs édulcorés de la littérature ordinaire. En effet, Oksana est une ancienne star du X, ceinture noire de judo et passionnée de cosmologie comme de civilisation égyptienne. De son côté licencié en Egyptologie et ex-dirigeant de la FNAC, Gil Prou est féru de philosophie néoplatonicienne mais aussi de poésie.

Un duo étonnant qui en est déjà à son second roman publié (le premier étant Cathédrales de brumes aux éditions Rivière Blanche). Voici venir Katharsis dans la collection AnticipaXion.

Dans un futur extrêmement proche, 2033, l’humanité a continué sa dérive dans le massacre journalier de la planète qui est devenue surpeuplée, polluée, surchauffée et affamée. Résultat : bien peu de changement en dehors de la noosphère devenue une réalité. Imaginée par Teilhard de Chardin, elle est une structure immatérielle contenant les connaissances de l’humanité sous une forme bien plus puissante qu’internet.

Bref, la société en est là de son existence peu enviable lorsque survint un ultimatum mondial signé Katharsis. Derrière cette lettre, totalement anachronique dans un système tout numérique, se dissimule une organisation écoterroriste déterminée. Leurs revendications : voir l’humanité diminuer de 50% les émissions de gaz à effet de serre; l’arrêt définitif de la déforestation des zones tropicales ; et enfin abolir totalement l’esclavage économique.

La durée de l’ultimatum: moins de dix-jours. La sanction en cas de déni de leurs demandes: une catastrophe cataclysmique !

Autant dire que cette missive fait l’effet d’une lourde pierre dans une mare. Aussitôt, les avis vont bon train. De l’homme du peuple aux dirigeants politique, tout le monde «voit midi à sa porte». Certains pensent à un canular, d’autres songent à de faux écologistes mais vrais terroristes, et d’autres encore frissonnent déjà en songeant aux conséquences planétaires de représailles épouvantables. Bien évidemment, dans les plus hautes sphères, il n’est pas question de céder au chantage, comme il n’est pas du tout envisageable de baisser son niveau de confort afin d’améliorer l’air de la planète. Sa majesté «argent» continue de gouverner les nantis.

Pourtant, la véritable question que bien peu se posent est : «l’organisation écoterroriste ira-t-elle au bout de sa menace?».

Katharsis est un roman singulier porté par un style atypique. Face à un ultimatum lancé à la face du monde, le récit permet de suivre de nombreuses personnes dans leurs questionnements ou leurs errances durant la durée prédéfinie par le premier message. Si les recommandations semblent parfaitement en accord avec la survie du plus grand nombre, comment savoir jusqu’où peuvent aller les individus tant dans leurs choix que dans leurs extrémismes ?

Véritable miroir de l’humanité confrontée à l’une des plus incroyables sommations de toute son histoire, Katharsis risque fort de mettre un doigt «là où cela fait mal».

Pour un réveil des consciences peut-être?

Par Christian Perrot, le 20 mars 2010

 Lien vers la chronique : http://www.khimairaworld.com/articles/fiche/1876/Katharsis

Autres chroniques de « Katharsis » déjà parues dans les médias :

http://www.psychovision.net/livres/critiques/fiche/689-katharsis

http://www.phenixweb.net/PROU-Okhsana-et-PROU-Gil-Katharsis