Katharsis : la deuxième revendication des écoterroristes

Comme nous l’avons déjà précisé dans le précédent article de notre série « Les secrets de Katharsis », les écoterroristes qui menacent l’humanité d’une sanction apocalyptique s’ils ne sont pas entendus précisent :

« Nos revendications sont au nombre de trois. 

Les deux premières concernent le respect de la planète. La dernière concerne le respect de la personne humaine »

Ils complètent leur première requête (la diminution de 50% des émissions de gaz à effet de serre) par une seconde exigence incontournable et de bon sens : l’arrêt immédiat et définitif de la déforestation des zones tropicales.

Leurs propos sont clairs : « Les forêts constituant simultanément le poumon de la planète, un important réservoir d’eau douce, des puits de carbone  très efficaces et le vivier de presque tous les médicaments du futur. Abattre un arbre tropical est donc un crime »

« Abattre un arbre est donc un crime »… Cette phrase fera probablement bondir certains lecteurs de notre thriller qui estimeront qu’employer le terme « crime » lorsque l’on détruit un arbre ou une forêt est excessif, voire indécent.

Ils auront tort !

Les spécialistes de l’environnement sont formels : les forêts tropicales sont le garant de la biodiversité. Il faut se remémorer qu’un seul hectare de forêt tropicale contient plus d’espèces différentes que toutes les autres forêts couvrant notre planète !

Par ailleurs, leur rôle en tant que « puits de carbone » est essentiel. Il suffit par ailleurs d’observer ce que deviennent les forêts tropicales après déforestation (en Amazonie, en Afrique, à Madagascar ou en Indonésie par exemple) pour comprendre le sens exact du mot « crime ».

Qu’observe-t-on alors : des champs craquelés se désertifiant…

Enfin, les ressources botaniques issues des forêts tropicales sont immenses en termes de médicaments potentiels pour l’avenir.

Et savoir qu’un bûcheron est peut-être, actuellement, en train de détruire les derniers représentants d’une plante qui pourrait définitivement vaincre le sida ou le paludisme, nous convie à porter un réel crédit aux requêtes des écoterroristes de « Katharsis » qui vont terroriser l’humanité pendant 18 jours…

Les forêts tropicales : un Eden menacé…

 

Cette adorable chenille qui se pare de coloris psychédéliques aura complètement disparue de la surface de la Terre dans une dizaine d’années.

Le « drame » peut paraître anecdotique. Il est capital en fait, car il symbolise une tragédie majeure : la disparition programmée des forêts tropicales.

Le problème est connu depuis longtemps et lorsque l’actualité est atone, les médias consacrent généreusement quelques pages à ce massacre de la vie et de la biodiversité.

Des chiffres hallucinants fusent alors (une surface de forêt égale à un terrain de football disparaît à chaque seconde…) puis la lie du quotidien reprend son cours.

Et tout le monde oublie.

On a tort, car occulter ce massacre généralisé revient à regarder ailleurs lorsque quelqu’un se noie sous nos yeux. Une lâcheté. Une de plus.

Or l’échec du Sommet de Copenhague nous confirme, hélas, qu’en accumulant lâchetés et aveuglements en cascade, notre génération crucifie l’avenir de nos descendants.

Un titre de gloire dont on devrait essayer de s’exonérer…

En écrivant notre thriller écologique qui paraîtra au début du mois de Mars : « Katharsis », nous avons décidé de suivre l’engagement d’Yves Paccalet au chevet du monde et des hommes. Et c’est pour cette raison qu’Yves a accepté de rédiger la préface de notre nouveau roman.

Nos dirigeants et nous-mêmes ne pouvons donc esquiver ce drame récurrent en regardant ailleurs.

Posons rapidement les termes de l’enjeu : les forêts tropicales recouvrent environ 1 600 millions d’hectares et contiennent à elles seules plus de 75% de toutes les espèces vivantes (faune et flore). Leur rôle est donc considérable.

La déforestation massive dans les zones tropicales -environ 8 millions d’hectares par an- est bien plus qu’une erreur, c’est un crime contre la Nature et contre l’humanité.

Pourquoi ?

Les réponses sont simplissimes.

Les forêts tropicales ont un rôle majeur car :

–          les arbres sont d’excellents « puits de carbone »,

–          ils retiennent l’eau excédentaire et équilibrent les variations liées aux alternances de périodes de sécheresse et de pluies intenses,

–          ils apportent de grandes quantités d’oxygène,

–          les forêts tropicales sont le substrat essentiel de la biodiversité animale et végétale,

–          elles contiennent par ailleurs la moitié des médicaments du futur, ce qui signifie que l’on détruit peut être aujourd’hui, en Amazonie ou à Bornéo, les derniers exemplaires d’une plante qui pourrait éradiquer le sida ou certains cancers dans les années à venir…

Les causes de cette déforestation hystérique sont bien connues : exploitation intensive des bois tropicaux, augmentation des surfaces de cultures pour la production d’agrocarburants, recherches minières et aurifères…

Naturellement, au-delà du drame humain (les populations vivant des ressources de la forêt tropicale disparaissent, ou sont avilies par la civilisation) et du drame écologique (la biodiversité s’amenuise), le massacre des forêts tropicales à une incidence colossale sur le réchauffement climatique.

On estime que les forêts tropicales emmagasinent 40% du carbone contenu dans la biomasse terrestre. Si l’on éradique les forêts tropicales dans les trente ou quarante années à venir (et on va exactement dans ce sens) ce pourcentage s’ajoutera aux quantités de carbone que l’activité humaine rejette dans l’atmosphère.

C’est un cercle infernal dont il faut absolument sortir. Sachant que trois pays : le Brésil, la République démocratique du Congo et l’Indonésie, concentrent 75% de la surface des forêts tropicales, il est donc possible d’agir efficacement.

Mais il faut faire vite, car les scientifiques nous révèlent en même temps que l’autre « puits de carbone » naturel : les océans, perdent de leur efficacité dès que la température de l’eau augmente de… 1° !

Or les prévisions les plus crédibles actuellement postulent une augmentation moyenne de la température des océans d’au moins 2° avant la fin du siècle.

Et la banquise arctique fond à vitesse accélérée…

C’est pour toutes ces raisons que l’intrigue de « Katharsis » s’inscrit sur fond d’Apocalypse.

Ce n’est pas une vision onirique, c’est le futur de nos enfants décrit par les scientifiques. Et ce futur glace le sang des femmes et des hommes qui revendiquent encore un embryon de lucidité…