Interview pour Le Populaire du Centre

 

Voilà l’interview intégrale pour Le Populaire du Centre daté du 14 Mai 2021

 

Limousin d’adoption depuis 2008, Gil Prou écrit des romans fantastiques et de science-fiction à quatre mains avec Oksana, ancienne actrice de films X.

C’est ce qui s’appelle une retraite active. Ancien enseignant, journaliste (à Actuel) et cadre supérieur à la FNAC, Gil Prou vit à Razès (Haute-Vienne) depuis 2008. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne reste pas les deux pieds dans le même sabot : passionné par les sciences, la philosophie néoplatonicienne (Plotin, Damascius, Proclus, Hypathie…), la poésie, le Metal, entre autres, il a écrit une douzaine d’ouvrages de SF et fantastique à quatre mains avec Oksana, ancienne actrice de films.

Leur dernier opus est un thriller qui se déroule cependant de nos jours, Le Festin de Tisiphone (Rivière Blanche, 536 pages, 35 euros).

Entretien.

Comment en arrive-t-on à écrire de la SF avec Oksana ?

Quand nous avons sympathisé en 2005, on s’est aperçu qu’on avait des centres d’intérêt commun, comme l’Égyptologie, l’astrophysique, la cosmologie… Nous avons donc écrit un premier ouvrage, Cathédrales de brume, préfacé par l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. Nous l’avons même adapté en scénario pour le cinéma. Mais un tel film nécessite d’importants effets spéciaux, et n’est donc pas simple à monter. Depuis, nous avons publié une douzaine d’ouvrages, de SF et fantastique, mais aussi un à caractère historique, À la verticale du Styx, qui se passe durant la Grande Peste de 1348, et pour lequel nous cherchons un éditeur.

Comment écrit-on à quatre mains, sachant qu’Oksana vit dans le nord de la France ?

Nous élaborons d’abord un synopsis, puis chacun travaille de son côté. Oksana se concentre notamment sur les personnages, les caractères, les émotions, et moi sur l’action et les aspects scientifiques. Nous essayons ensuite de synthétiser le tout.

Et vous êtes toujours d’accord ?

Non, bien sûr, mais cela n’empêche rien. Parfois, lors de points de vue différents, on trouve un juste milieu et en discutant s’impose une troisième voie en quelque sorte à laquelle on n’avait pas pensé de prime abord.

Parmi vos ouvrages figure un essai, Les métamorphoses d’Éros, dans lequel vous dites que la femme a un rôle essentiel à jouer dans l’avenir du monde.

Absolument. Il ne s’agit pas de dire que donner tous les pouvoirs aux femmes permettra de résoudre tous les problèmes de la Terre, bien sûr que non, mais la femme porte plus que l’homme une vision holistique du monde. Nous souffrons aujourd’hui d’une vision réductionniste, focalisée sur certains sujets, ce qui est typiquement masculin. Les femmes sont aussi plus pragmatiques, prennent plus de recul, de hauteur, ont plus de bon sens tout simplement. Elles peuvent proposer une vision plus apaisée du monde.

L’un de vos romans, L’Outre-Blanc, préfacé par Bernard Werber et Jean-Claude Dunyach, a été traduit aux USA…

Oui, nous avons réussi à trouver une traductrice qui a accepté ce travail, et nous avons proposé le résultat à un éditeur américain, qui l’a accepté. Nous avons même proposé une adaptation à Netflix. Pour l’instant, on attend… Mais le sujet n’est pas simple à transposer sur écran, puisqu’il s’agit d’une histoire qui se déroule à l’intérieur du cerveau d’un homme décapité…

Vous avez écrit les scénarios d’une série TV fantastique baptisée Cauchemars à louer…

Oui, elle attend toujours dans un tiroir qu’un producteur veuille bien s’en emparer… Nous sommes quatre à avoir travaillé sur la série, Oksana bien sûr, Valérie Fadini, Joël Houssin et moi-même. Nous avions bon espoir, parce que Joël Houssin, outre ses nombreux romans, a écrit pas mal de scénarios qui ont vu le jour (*). Mais la série est coûteuse à monter… Notre dernier roman, Le Festin de Tisiphone, est issu de cette série. L’histoire se déroule de nos jours, mais elle évolue petit à petit vers le fantastique et bascule dans la SF les dix dernières pages.

Quelles sont vos influences ?

Je ne lis plus de romans, mais de la poésie, de la philosophie, des essais, notamment scientifiques.

(*) Il est notamment l’auteur de la série Les Bœufs Carottes, de David Nolande, d’épisodes de Navarro, Commissaire Moulin, Rocca ; au cinéma, il a écrit les scénarios de  Ma vie est un enfer, réalisé par Josiane Balasko, avec Josiane Balasko, Daniel Auteuil, Richard Berry, Jean Benguigui, et de Dobermann, réalisé par Jan Kounen, avec Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, d’après une série de romans de Houssin lui-même.

 

Oksana et Gil Prou sont d’ores et déjà assurés de publier deux autres romans, en 2022 et 2023. Le premier se nomme Un cri dans l’abîme et le second Soliloquium in Splendor. Particularité de ce dernier, il se déroule hors du temps et de l’espace, durant une zeptoseconde, soit un billionième de milliardième de seconde. Il s’agit de la période la plus courte qui a été mesurée à ce jour…

Par ailleurs, le duo a participé à la création de La Ronde de Glorvd, écrit par 30 auteurs différents selon le principe du cadavre exquis.

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