Le festin de Tisiphone : interview

Une interview parue dans Mediapart à l’occasion de la parution en Mai de notre nouveau roman : Le festin de Tisiphone.

https://blogs.mediapart.fr/blog-de-montarodan/blog/210321/le-festin-de-tisiphone-par-oksana-et-gil-prou?fbclid=IwAR1-UZu8Bo1VyDzipIsW5BeUsmgEnzaM-XOKEIu9IZks1DvkvQ4s_dmbcjE

 

Bonjour vous avez publié un nouvel ouvrage? Qu’en est-il de l’histoire ?

Nous publions effectivement un nouveau roman : Le festin de Tisiphone, qui paraîtra en Mai 2021 aux Éditions Rivière Blanche. Comme son titre le précise clairement, il s’agit d’une histoire de vengeance. Nous avons choisi ce nom car Tisiphone est l’une des trois déesses infernales que les Grecs appelaient les Érinyes et les Romains les Furies. À ce titre, Tisiphone personnifie la vengeance. Ce roman est un thriller qui se déroule à notre époque. Cependant, il laisse une large place au fantastique, à l’érotisme et à la Science-Fiction. Ce roman est tiré d’un scénario que nous avions écrit pour une série TV qui devait s’appeler « cauchemars à louer » et dont le concept avait été imaginé par Joël Houssin. Nous avons donc participé à l’écriture de certains scénarios avec Valérie Fadini et Joël Houssin. En dépit des succès des scénarios de Joël au cinéma (Ma vie est un enfer, Dobermann) ou à la télévision (Les Bœufs−carottes, David Nolande, Éternelle et plusieurs épisodes de Navarro ou Commissaire Moulin) ce concept atypique est toujours coincé dans les tiroirs des sociétés de productions. Joël nous a donc donné la possibilité de transformer l’un de nos scénarios en roman. Bien sûr, le « champ des possibles » étant infini dans la fiction romancée, nous avons étoffé ce huis clos qui se déroule dans un manoir ou certains tableaux deviennent des univers autonomes et inquiétants. Très inquiétants. Effroyables même pour certains. Le lecteur découvre rapidement que ce lieu magique, symbolisé par un manoir gothique niché au cœur d’un parc majestueux, se situe peut-être simultanément dans deux endroits bien différents. Des univers où l’espace et le temps n’ont pas du tout les mêmes valeurs.

Les auteurs et la couverture du roman

Comment Le festin de Tisiphone s’intègre-t-il dans l’œuvre que vous constituez depuis ces dernières années ?

Le festin de Tisiphone est un récit un peu à part car il se déroule à notre époque. Par ailleurs, le début de l’intrigue commence vraiment comme un roman d’aventure, un thriller ou une histoire où les relations sociales et amoureuses s’entrecroisent sans cesse. Puis tout bascule. Le lecteur s’immerge alors dans un univers où le temps s’étire, puis se pétrifie. Des vortex de ténèbres surgissent avec des monstres venus des profondeurs qui engloutissent les huit imprudents aventuriers qui explorent les méandres de leur propre psyché. Les sens se juxtaposent, s’inversent. Goethe affirmait que l’architecture était de la musique figée. Ce constat s’impose parfaitement ici avant la chute dans le plus effrayant des tableaux du manoir où s’accomplira une vengeance séculaire sous la forme d’un massacre qui laissera peu de survivants.

Gil Prou, Joël Houssin et Oksana

Malgré le covid vous continuez à écrire et publier, quels sont éventuellement les prochains évènements ou vous apparaitrez ?

C’est impossible de le préciser pour le moment. Nous devions participer au festival Bloody Week-end qui a été annulé en Mai 2020 et qui a peu de chance de se dérouler en Mai 2021. On peut imaginer que les salons du Livre pourront reprendre à l’automne si la pandémie se calme enfin. Pour l’instant, aucune date n’est fixée. Cependant, nous continuons à écrire en créant d’autres personnages afin d’enrichir nos univers tout en nous inspirant, parfois de la réalité qui rattrape la fiction. Par ailleurs, nous sommes actifs sur les réseaux sociaux afin de garder un lien avec nos lecteurs, échangeant virtuellement ainsi des idées, des inspirations.

Le roman est déjà prêt !

Quels sont les enjeux de cet ouvrage ?

Dans tous nos romans (comme dans notre essai : Les métamorphoses d’Éros) nous proposons une vision holistique du monde à la place de la vision réductionniste qui prime actuellement. À l’époque de la Renaissance, certains penseurs ou certains artistes pouvaient prétendre connaître presque tout sur tout : Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Charles de Bovelles ou Léonard de Vinci par exemple. Actuellement, nos meilleurs spécialistes connaissent presque tout sur presque rien. Nous sommes devenus des spécialistes de la tête d’épingle tout en surfant sur les vagues de l’insignifiance et des fake news. En mêlant l’horreur des comportements passés, la cruauté du monde actuel et l’alternative grandiose offerte par des êtres issus d’un autre monde (et peut−être même d’un autre univers) nous élargissons ainsi le champ de vision. Guillaume Apollinaire affirmait au début du XXe siècle « il est grand temps de rallumer les étoiles ! » (Les mamelles de Tirésias). Plus modestement, nous proposons de rallumer l’étoile qui brasille faiblement en chaque être humain. Le festin de Tisiphone, dans sa dernière partie en tout cas, s’inscrit totalement dans cette logique, ce besoin d’élargir sans cesse le cadre afin de jouir pleinement de la vie. Cette démarche implique par ailleurs une « coïncidence des opposés » si bien décrite par Nicolas de Cues au début du XVe siècle. Notre duo littéraire est en phase avec cette logique qui associe les différences au lieu de les opposer. C’est ainsi que, depuis plus de dix ans désormais, une star du X et un amateur de philosophie néoplatonicienne coécrivent des romans dont la finalité est un retour à une certaine forme d’harmonie. Le chemin est difficile. Mais il est passionnant aussi.

Konvent sur scène : les héroïnes de notre prochain roman Un cri dans l’abîme

Avec le recul des autres romans que vous avez déjà publiés, comment voyez-vous l’écriture demain et les univers que vous aimeriez explorer ? Une suite ? Des suites ?

Pendant cette période troublée où la pandémie bouleverse les habitudes et oblige à se recentrer sur soi, la magie de l’écriture opère pleinement. Nous avons déjà écrit deux autres romans en plus du festin de Tisiphone. En Avril 2022 paraîtra Un cri dans l’abîme. Cette odyssée infernale dont les membres du groupe danois Konvent sont les héroïnes paraîtra simultanément en français et en anglais sous le titre Growling into the Abyss. Nous avons soumis le synopsis de cette surprenante aventure à Rikke, Sara, Heidi et Julie. Elles ont été enthousiasmées et la traduction du texte français en anglais est déjà en cours. Konvent est un groupe de Deathdoom exclusivement féminin qui a déjà sorti en 2020 un disque chez Napalm Records. Leur succès est grandissant en raison du caractère hypnotique et puissant de leur Doom et de la voix incroyablement caverneuse de Rikke, leur chanteuse. L’autre roman s’appelle Soliloquium in Splendor. Il paraîtra au début de l’année 2023. C’est un roman étonnant dans le sens où il ne se déroule ni dans l’espace, ni dans le temps, mais au sein d’un vide quantique qui est matrice de tout. Une odyssée qui bousculera toutes les certitudes…

Un cri dans l’abîme – parution : Avril 2022

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