Le « Projet Hypérion » extrait de notre essai : « Les métamorphoses d’Eros »

Le « Projet Hypérion »


« Qu’est-ce que mille ans, puisqu’un seul moment les efface »

Jacques-Bénigne Bossuet – Sermon sur la mort

Voilà le texte intégral du chapitre 13 de notre essai : « Les métamorphoses d’Eros » qui vient de paraître aux Editions de La Hutte.

Nous vous le proposons ici car la mise en oeuvre de ce projet permettrait de sauver de nombreuses vies lors de chaque grande catastrophe naturelle. Nous pensons que ceci mérite une vraie médiatisation…

« Dans la troisième partie de cet ouvrage nous mettrons en lumière une arithmétique du désespoir qui sera malheureusement inéluctable si nous ne réagissons pas très rapidement.  Mais avant d’illustrer cet enchaînement diabolique dont nous élaborons les phases successives avec une affolante inconscience, nous allons immédiatement donner du sens à la réflexion de Gaston Bachelard qui affirme : « Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton[1] ». Fidèles à cette volonté de hausser le réel d’un ton, les pages qui suivent apporteront des solutions simultanément simples et novatrices en prenant un exemple qui, exceptionnellement, n’est pas directement imputable à l’Homme : les cataclysmes naturels. Or, comme nous venons de l’évoquer à l’instant, le prix à payer sera de plus en plus exorbitant au fil des décennies.

Avec une froideur qui glace le sang, la base de données du CRED (Centre de Recherche sur l’Epidémiologie des Désastres) est explicite à cet égard. Elle identifie 579 catastrophes naturelles pendant la première moitié du XXe siècle, alors que la seconde moitié décuple ce résultat avec 6 723 catastrophes recensées[2]. Même si l’on prend en compte le fait que les premières années du XXe siècle n’enregistrèrent pas avec une fiabilité absolue tous les cataclysmes ayant de graves conséquences humaines, le constat est éloquent. Or cette accélération démoniaque n’est nullement liée aux changements climatiques ou à des perturbations géologiques brutales, elle est directement issue de contraintes démographiques.

L’accroissement vertigineux de la démographie dans les zones à risques se traduit inéluctablement par des bilans humains effroyables et une prolifération de drames qui n’existaient guère lorsque la population mondiale était encore très clairsemée.

La proposition d’action décrite ci-dessous pourra donner l’impression de nous éloigner quelque peu de notre propos principal : comment éviter de funestes apocalypses pour nos descendants en optimisant le potentiel d’altérité pragmatique inhérent à la féminité et en proposant la mise en œuvre d’une vision holistique du Monde ?

Cette impression est fallacieuse. L’analyse préludant à l’élaboration de ce projet s’inspire directement de la logique qui s’impose dès que l’on identifie les points de blocage qui paralysent notre action dans un contexte difficile.

Cette proposition d’action immédiate et de grande envergure s’inscrit très concrètement dans une démarche solidaire qui vise prioritairement à apaiser la souffrance de centaines de milliers d’êtres humains confrontés à l’indicible : tout perdre et voir sa vie basculer en quelques secondes !

Comme nous le précisions en préambule de ce chapitre avec l’aide amicale de Bossuet : comment accepter sans réagir qu’un millénaire de civilisation, d’efforts et d’amour, puisse disparaître en un instant ?

Lorsque cela est possible il faut donc se donner les moyens de marginaliser l’horreur. Mais, indépendamment d’un résultat immédiat et tangible, les effets positifs de cette initiative pourront être décuplés, car ce projet permettrait simultanément de pacifier les relations entre plusieurs grandes nations qui ont actuellement des relations conflictuelles, tout en diminuant les tensions confessionnelles qui s’exaspèrent dans certains pays confrontés aux haines et aux ostracismes.

Le projet décrit ci-dessous met directement en œuvre les principes que nous développerons dans les derniers chapitres de cet ouvrage et que l’on pourrait synthétiser ainsi : limitons les effets désastreux d’une organisation mondiale fondée sur le principe de domination en lui substituant le principe d’association. Cette organisation humanitaire à l’ambition affichée permettrait ainsi de sauver chaque année des milliers de vies injustement fauchées par le destin, tout en amorçant l’esquisse d’un raisonnement planétaire enfin adulte.

C’est probablement là sa plus grande qualité.

Le point de départ de notre réflexion est le suivant : plusieurs catastrophes très récentes (le tremblement de terre qui affecta Haïti, les inondations de l’été 2010 au Pakistan et la catastrophe qui affecte le Japon depuis le tsunami en constituent les meilleurs exemples) démontrèrent notre incapacité à réagir vite lorsqu’un phénomène naturel de grande ampleur survient brutalement.

A l’inverse des cataclysmes naturels liés aux dérèglements climatiques dont l’Homme est l’acteur principal, certains fléaux sont extrêmement brutaux et totalement imprévisibles. On peut principalement citer : les tremblements de terre, les éruptions volcaniques majeurs, les tsunamis et les raz de marée.

Il existe encore une catastrophe tellurique infiniment plus redoutable : l’éruption cataclysmique d’un supervolcan. Nous y reviendrons un peu plus loin.

Certains scientifiques pensent, probablement à juste titre, que nous pourrons un jour prévoir avec précision le lieu et la date d’un futur tremblement de terre important. Mais en attendant que cette prévision soit fiable, plusieurs dizaines d’années s’écouleront encore avec leur cortège de drames, de détresses et d’angoisses.

Toutes ces catastrophes ont pour origine le heurt permanent des grandes plaques continentales qui constituent l’écorce terrestre. Ces mouvements de grande ampleur sont expliqués et décrits dans le cadre d’une théorie physique confirmée depuis très longtemps : la tectonique des plaques. Gigantesques radeaux de roches recouvrant fragilement le magma, ces plaques se glissent les unes sous les autres, ou se heurtent frontalement, provoquant ainsi des phénomènes extrêmement spectaculaires et dont la violence démontre l’inanité de la puissance humaine. Dans l’état actuel de nos connaissances, un  tremblement de terre ou un tsunami sont naturellement impossibles à prévoir avec précision. On connaît parfaitement les zones les plus dangereuses, mais il est très délicat de prédire le site exact d’un séisme et la chronologie du cataclysme. La tectonique des plaques nous décrypte très précisément l’origine de ces séismes dévastateurs. Ebranlements brutaux et violent de l’écorce terrestre, les tremblements de terre et leurs conséquences, raz de marée, tsunami (là encore, l’exemple du Japon en 2011 illustre cette  coïncidence des catastrophes qui démultiplie l’horreur) et volcanisme éruptif, se produisent lors de la libération de contraintes accumulées par des déplacements tectoniques ou par des montées magmatiques. Les séismes les plus fréquents et les plus catastrophiques se situent naturellement dans les zones où les contraintes tectoniques sont particulièrement violentes. On peut citer brièvement les régions où des plaques entrent en collision, c’est le cas de la ceinture de feu qui encercle l’océan Pacifique, du nord de la Méditerranée, du Moyen-Orient et des contreforts de l’Himalaya. Il faut compléter cette description en ajoutant les zones où deux plaques se glissent horizontalement l’une sous l’autre. C’est le cas de la célèbre faille de San Andrea en Californie.

Ces phénomènes sont toujours impressionnants, mais le bilan humain varie considérablement car il dépend de différents facteurs :

–          l’énergie libérée. Celle-ci se symbolise par un chiffre allant de 1 à 9 sur l’échelle de Richter (et pouvant dépasser 9 sur l’échelle « ouverte » de Richter). Le passage d’une graduation à l’autre symbolise un accroissement de puissance d’un facteur 10, ce qui signifie qu’un tremblement de terre d’une magnitude 9 est dix fois plus puissant qu’un tremblement de terre de magnitude 8,

–          la position de l’épicentre par rapport à des zones plus ou moins fortement urbanisées,

–          la nature des terrains,

–          la capacité de résistance des matériaux de construction employés pour l’habitat local.

Un constat est récurrent toutefois : dans tous les cas le cataclysme est immédiat, violent et très exigeant en vies humaines. Cela implique que lorsque le drame éclate on est confronté à un paradoxe simultanément effroyable et révoltant. Effroyable car les conséquences sur les populations concernées sont toujours tragiques, révoltant car il met en lumière notre impuissance à réagir vite et bien. Or ce paradoxe peut se métamorphoser avant de disparaître, démontrant ainsi qu’il ne constitue nullement une fatalité.

Nos moyens scientifiques et techniques nous de savoir en temps réel où le tremblement de terre s’est produit ; et à quel instant précis. Hélas, ces informations ne nous permettent pas de réagir immédiatement afin de sauver les populations qui peuvent l’être encore.

Il faut préciser ici que les conséquences humaines de ces cataclysmes majeurs se hiérarchisent en quatre niveaux distincts :

–          les victimes qui succombent immédiatement, soit par écrasement ou enfouissement (dans le cas d’un tremblement de terre), soit par noyade (dans le cas d’un raz de marée, d’inondations brutales ou d’un tsunami),

–          les victimes qui décèdent dans les quelques jours qui suivent en raison des retards pris par les secours, car on survit très difficilement dans des décombres sans manger et sans boire pendant plus de 48 ou 72 heures, ou à la suite des séquelles d’une blessure non soignée,

–          les survivants qui souffrent de faim, de froid ou de déshydratation, lorsqu’ils se situent dans des contrées reculées que les sauveteurs n’arrivent pas à atteindre avant plusieurs semaines,

–          les malheureux qui ont tout perdu : famille, habitat et moyens de subsistance, et qui peuvent ainsi errer pendant des mois sans que quiconque prenne en charge leur détresse.

Lorsque les télévisions du monde entier ont quitté les lieux du sinistre, la tragédie est toujours là. Mais elle n’intéresse plus personne… Qui se souvient du tremblement de terre qui affecta le Pakistan le 8 Octobre 2005 et qui fit au moins 100 000 morts ?

Il ressort de ce qui précède que toute action efficace doit se focaliser sur les trois dernières catégories de victimes, la première ne pouvant, hélas, bénéficier que de notre compassion. Réfléchir au meilleur moyen de sauver ces milliers de victimes potentielles, celles identifiées dans la catégorie 2, tout en apaisant les souffrances des survivants appartenant à la catégorie 3 et en aidant durablement les malheureux de la catégorie 4, impliquent obligatoirement l’optimisation de notre capacité à réagir vite. Or, en raison de difficultés essentiellement logistiques, la mise en œuvre des secours est toujours lente et l’acheminement des moyens appropriés et des vivres est poussif.

Nous avons tous été révoltés en découvrant que certains villages côtiers à Sumatra, dans le cas du tsunami, et certains villages isolés au Pakistan, dans le cas du tremblement de terre, n’avaient reçu aucun secours trois semaines après la catastrophe. Dans le cas d’Haïti l’absurdité fut plus flagrante encore : une lourde armada logistique se mit lentement en marche, mais trois semaines plus tard le centre de la capitale était encore partiellement privé de vivres. Au Japon, des villages dévastés par le tsunami dans le nord-est du pays étaient encore injoignables par les sauveteurs plusieurs jours après la catastrophe. Et le Japon est la troisième économie mondiale… Dans le cas des inondations qui affectèrent le Pakistan en Août 2010 et qui obligèrent vingt millions d’habitants à l’exode, le constat final est encore plus cruel : tout le monde s’en moque !

Or, cette lenteur s’explique aisément en dépit de son caractère paradoxal et monstrueux.

En pareilles circonstances, une première action efficace est en effet assez simple à mettre rapidement en œuvre. Elle se résume principalement à acheminer promptement quelques équipes de sauveteurs aguerris à ces conditions extrêmes. Ceci s’effectue généralement dans un délai maximum de 48 heures. Sauf lorsque le gouvernement concerné (exemple de la Birmanie en 2008) refuse toute aide extérieure pour des raisons idéologiques et politiques.

A l’inverse, les autres actions visant à sauver des vies et à soigner les survivants se heurtent systématiquement à des difficultés énormes. Car dès qu’il devient nécessaire de transférer de gros moyens dans des zones peu accessibles, nos capacités de réaction deviennent notoirement insuffisantes. Ceci est lié à plusieurs facteurs qui se juxtaposent :

–          insuffisance en moyens aériens rapidement sur zone,

–          lourdeurs administratives,

–          atermoiements des gouvernements concernés qui hésitent, parfois, à faire immédiatement appel à l’aide internationale,

–          engorgements logistiques sur les aéroports principaux, ceci nuisant bien sûr au bon déroulement des opérations,

–          coordination difficile entre les différents acteurs susceptibles d’agir sur le terrain : armée locale, organismes internationaux, ONG, médecins,

–          difficulté d’appréciation quant aux moyens à envoyer : quel type de vivres ? quels sont les moyens sanitaires appropriés ? combien faut-il de tentes, de couvertures, de sacs mortuaires, de masques de protection ?

Les retards pris sont donc liés à trois facteurs majeurs :

–          le cataclysme étant par nature imprévisible, le flux des aides venant du monde entier s’effectue systématiquement avec retard, et ce délai d’attente est très préjudiciable aux populations affectées,

–          la logistique est toujours sous dimensionnée et rarement immédiatement adaptée aux exigences du terrain,

–          lorsque le gros des secours et des moyens parviennent enfin sur place, ils engorgent les aéroports et se gênent mutuellement alors que des milliers de victimes attendent encore des secours.

Notre proposition se fonde sur un constat extrêmement simple : si on ne peut jamais savoir à l’avance quand et un fléau de cette importance aura lieu, on est en revanche sûr d’une chose… il aura lieu ! Tôt ou tard.

Intégrant totalement cette évidence au niveau international, la solution à mettre en œuvre permettrait de sauver des dizaines de milliers de vies. Or cette comptabilité de l’horreur se justifie pleinement car il y a généralement chaque année au moins un cataclysme de grande ampleur répondant aux critères cités plus haut. La malignité du Destin exige toujours un lourd tribut lorsque ces tragédies naturelles se situent dans des pays déshérités, politiquement instables, ou dans des territoires difficiles d’accès. Les statistiques démontrent que les drames majeurs se produisent, malheureusement, principalement dans ces régions.

Sous contrôle des Nations Unies, et avec l’appui total des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité et des principales ONG mondiales, la réponse la plus efficace consisterait donc à préparer à l’avance les opérations logistiques nécessaires lorsque le drame se produit. L’efficacité de cette coordination passe par l’élaboration de bases logistiques permanentes et opérationnelles dans l’heure. Et ceci quel que soit le cataclysme, son ampleur et sa localisation géographique.

Pour faire simple, nous regrouperons cette logistique de l’espoir sous l’appellation générique suivante : Projet Hypérion.

Ce nom n’est pas choisi au hasard car, indépendamment du fait qu’il rend hommage à l’un des chefs d’œuvre de la littérature mondiale[3], il symbolise surtout l’un des titans de la mythologie grecque qui, en épousant sa sœur : la titanide Théia, engendra Hélios (le Soleil), Eos (l’Aurore) et Sélénè (la Lune). Une progéniture particulièrement prestigieuse… Par ailleurs, Hypérion signifie en grec : celui qui va au-dessus de la Terre. Nous aurons l’occasion de constater que cette description corrobore parfaitement le principe même du Projet Hypérion.

Cette organisation ambitieuse s’articulera principalement autour d’un principe simple : la mise en œuvre de plusieurs unités logistiques de grande ampleur, les Bases Hypérion.

L’idée peut paraître exagérément ambitieuse, inapplicable, voire un peu folle. Elle est au contraire relativement simple à mettre en œuvre. Il suffit pour cela que la volonté d’agir efficacement et promptement soit partagée par les principaux acteurs planétaires concernés. Et nous verrons un peu plus loin que cette ambition n’est pas forcément irréaliste, car son financement est original et très simple à mettre en œuvre…

Face à une grande catastrophe humanitaire, l’objectif premier se focalise toujours autour de la plus grande réactivité possible. Et nous savons que des milliers de vies peuvent être sauvées en intervenant massivement dans les 48 heures suivant le désastre. Or nous observons généralement la chronologie suivante :

–          jour J : on est informé du drame, de sa localisation et de son ampleur,

–          jour J + 1 : une première équipe de sauveteurs va partir avec du matériel approprié,

–          jour J + 2 : elle est partie vers le lieu de la tragédie,

–          jour J + 3 : elle s’installe sur un aéroport du pays concerné par le drame, tout en sachant que les victimes se trouvent généralement fort éloignées de ce premier lieu de contact,

–          jour J + 4 : on est stupéfait en constatant que notre équipe de sauveteurs est toujours sur le même aéroport en raison de difficultés climatiques, de difficultés logistiques, ou en raison de ce que l’on nomme pudiquement « difficultés administratives »,

–          jour J + 5 : les équipes concernées arrivent enfin dans la zone affectée.

Elles découvrent alors avec tristesse qu’il y aura peu de personnes à sauver car les chances de découvrir des survivants sous les décombres deviennent très aléatoires 6 jours après un tremblement de terre.

C’est bien pire encore lorsque le tremblement de terre se double d’un tsunami… Ce sinistre constat étant vérifié, leur mission se métamorphose immédiatement. Il convient alors d’enterrer hâtivement les morts et de se préoccuper prioritairement des blessés et des rescapés.

Hélas, les moyens envoyés en un premier temps sont notoirement insuffisants et les populations locales continuent à avoir froid, à avoir soif, à avoir faim, à souffrir, à manquer des soins les plus élémentaires et à mourir des suites de leurs blessures.

Parfaitement révoltant, ce constat est récurrent car nous multiplions systématiquement les retards en raison de blocages logistiques. Pour y remédier il faut donc être toujours prêt comme si la catastrophe allait se produire dans le quart d’heure qui suit.

A la lumière de cette synthèse, le point de départ de notre proposition est le suivant : construction simultanée de 7 Bases Hypérion de secours immédiat qui constitueraient l’ossature centrale du Projet Hypérion. Cette proposition humanitaire étant un simple projet que nous avons élaboré en constatant les lenteurs du processus d’aide à Haïti, ce nombre peut varier. Il est simplement donné ici comme élément de réflexion. Ceci s’effectuerait sous l’égide des Nations Unies et avec un financement assumé par la communauté internationale selon des modalités précisées un peu plus loin dans ce chapitre. Deux bases principales orchestreraient l’ensemble, tout en permettant de larges autonomies d’action au sein de ces 7 pôles de secours humanitaires.

Afin d’être pleinement efficaces, les deux bases principales devraient se trouver :

– dans des pays politiquement stables,

– dans deux aires géographiques stratégiques et relativement proches des pays souvent affectés par les séismes les plus graves.

Les Philippines constitueraient un premier choix assez évident en raison de sa localisation géographique, car cet archipel gigantesque est situé sur la ceinture de feu du Pacifique tout en étant très proche de zones à hauts risques (Japon, Indonésie). La seconde base Hypérion pourrait se situer à la confluence de l’Asie et du bassin méditerranéen. La Turquie symbolise judicieusement cette seconde opportunité tout en apportant, actuellement, les garanties politiques nécessaires.

Déployées chacune sur plusieurs centaines d’hectares, ces bases s’articuleraient systématiquement autour de deux exigences fondamentales :

–          intervenir immédiatement sur zone en utilisant des moyens aériens dédiés et toujours disponibles. Une dizaine d’avions gros porteurs et 60 hélicoptères adaptés aux circonstances (et bénéficiant donc d’une grande capacité de stockage et d’un large rayon d’action), constitueraient une force de frappe efficace et immédiatement opérationnelle,

–          stocker continûment les vivres et le matériel nécessaire lorsque l’on doit aider des populations importantes se retrouvant brutalement dans le plus complet dénuement. Ceci implique donc un stockage permanent de tentes, couvertures, hôpitaux de campagne, habitats préfabriqués, blocs électrogènes, stations mobiles d’épuration et de désalinisation de l’eau…

Naturellement ces deux bases principales ne suffiraient pas car, même en mobilisant immédiatement des moyens toujours disponibles, un hélicoptère ne franchit pas 5 000 kilomètres en 6 heures ! Il conviendrait donc de renforcer ce maillage opérationnel en complétant le dispositif avec 5 autres bases qui seraient situées chacune à 2 500 ou 3 000 kilomètres les unes des autres.

Cette toile d’araignée logistique permettrait de combiner ensemble plusieurs opérations ponctuelles ou, en cas de catastrophe majeure, de focaliser des forces importantes en provenance de plusieurs bases activées simultanément.

Sachant que les régions les plus critiques se situent autour du Pacifique, en Asie et dans l’est du bassin méditerranéen, il faudrait intégrer deux bases supplémentaires dans ces zones afin de compléter le dispositif. Le Pakistan (cruellement touché à deux reprises en moins de cinq ans) et le nord de la Chine, Mongolie intérieure par exemple, constitueraient deux choix appropriés. Le périmètre concerné représente donc grossièrement un ovale dont les deux extrémités se situent dans les Alpes et les Balkans à l’ouest, ce qui justifie le choix de la Turquie, et le Japon à l’est, ce qui explique le choix des Philippines. Cette zone géographique délimite bien les régions connaissant la plus forte sismicité récurrente, si l’on excepte naturellement la bordure orientale de l’Océan Pacifique qui est affectée cycliquement, elle aussi, par de violents tremblements de terre.

Afin de satisfaire les exigences légitimes des populations situées sur la côte Pacifique du continent américain, deux autres bases pourraient être situées au nord du Mexique et au Pérou. Cette répartition permettrait d’intervenir rapidement de l’état de l’Oregon jusqu’au sud du Chili.

L’Afrique étant moins concernée par les séismes mais plus cruellement affectée par les calamités humanitaires que l’être humain s’escrime à intensifier (l’exemple du drame qui affecte la Somalie, l’Ethiopie et le nord du Kenya actuellement illustre cruellement ce constat) il conviendrait d’installer la septième et dernière base Hypérion sur ce continent qui souffre chaque jour un peu plus. Une installation dans un pays politiquement stable situé au cœur du continent africain constituerait un choix judicieux.

La carte ci-dessous synthétise cette localisation géographique des 7 Bases Hypérion qui sont symbolisées par des étoiles violettes. Les zones de forte sismicité sont en orange et les aires accessibles en moins de 5 heures par des avions gros porteurs, soit environ un rayon d’action de 3 000 kilomètres, sont en vert clair.

On observe immédiatement que les aires d’actions rapides contrôlées par les 7 Bases Hypérion recoupent plus de 90% des zones sismiquement dangereuses dans le monde. Par ailleurs, ces espaces concentrent 98% des zones à forte densité de population. Seule la Nouvelle-Zélande est totalement en dehors de ce cocon de protection en raison de son isolement insulaire au sein des mers australes.

En observant cette carte, on constate que les deux bases chargées de la coordination générale, situées en Turquie et aux Philippines, sont efficacement disposées de part et d’autres de la principale zone à risques et la prennent en étau. Cela signifie qu’en cas de catastrophe majeure nécessitant des moyens à renouveler continûment et pendant très longtemps, exemple du tremblement de terre au Kashmir pakistanais par exemple, ces deux bases pourraient bénéficier rapidement d’une logistique accrue en provenance de l’Europe du Nord et de l’Europe de l’Ouest pour la base turque, et en provenance du Japon et de l’Australie pour la base située aux Philippines. Enfin, en cas de tragédie affectant l’Asie du Sud, des moyens supplémentaires pourraient rapidement arriver des bases américaines situées à Diego Garcia, à Guam, et à Kwajalein (îles Marshall). Si nous prenons l’exemple récent du Japon, on s’aperçoit que les bases Hypérion situées aux Philippines et en Mongolie intérieure pourraient « alimenter » continûment la zone dévastée par le tsunami en sauveteurs aguerris et en nourriture.

Les contraintes logistiques aériennes étant liées simultanément à la disponibilité des appareils et des équipages, mais aussi à la présence de réserves de carburants aux endroits appropriés, cette organisation planétaire devra identifier durablement des sites de stockage pérennes et sécurisés de carburant. Ces sites seront situés à la périphérie des limites d’autonomie de chaque appareil. Ceci implique la nécessité de programmer une flotte homogène dont les exigences techniques : rayon d’action maximum, vitesse de croisière et consommation de carburant, soient similaires.

Cette planification présente deux avantages importants.

Le premier est d’ordre purement technique, car en assurant un relais en carburant fiable au niveau logistique, on conserve l’avantage fondamental de cette organisation : la rapidité d’exécution.

Le second est beaucoup plus politique, car cette constellation de Bases Hypérion et de relais en carburants impliquera la disponibilité permanente d’une vingtaine de pays. Elle confortera ainsi la concrétisation en vraie grandeur de cette idée toute simple : en travaillant solidairement sur un même projet on est plus efficace qu’en œuvrant en ordre dispersé.

Par ailleurs, l’installation de deux bases au Pakistan et en Mongolie intérieure présenterait un avantage géostratégique non négligeable. Cette configuration inédite focalisant l’attention du monde entier dans un cadre, pour une fois, purement humanitaire, les relations toujours ambiguës entre la Chine et la Russie seraient partiellement apaisées en raison de ce lien intangible, mais très fort. Il en serait naturellement de même dans le cadre des relations houleuses, c’est le moins que l’on puisse dire, existant actuellement entre l’Inde et le Pakistan. Ces deux pays extrêmement peuplés et très fréquemment soumis à des catastrophes naturelles de grande ampleur (tremblements de terre, inondations) devraient enfin s’unir autour du Projet Hypérion, mettant provisoirement ainsi de côté leurs sempiternelles rivalités territoriales.

Symbolique en termes de prise de conscience planétaire et très efficace au niveau d’une stratégie politique enfin mature, cette toile d’araignée de l’espoir permettrait de garantir dans le pire des cas une intervention efficace sur zone dans les 5 heures. Cette vision peut paraître optimiste, voire surréaliste. Toutefois une organisation logistique graduant ses niveaux d’intervention et dotée de moyens à l’échelon planétaire, corroborera totalement cette espérance.

Des avions gros porteurs et susceptibles d’amener rapidement une cinquantaine de tonnes de produits de première urgence constitueraient l’ossature primordiale de cette force de frappe humanitaire.

On peut citer ici quatre avions correspondant parfaitement aux exigences de la mission :

– le Douglas C-17 Globemaster III est idéal car il est relativement rapide (820 km/h) et peut transporter 78 tonnes de fret ou 140 sauveteurs et médecins. Par ailleurs, son rayon d’action sans ravitaillement (7 000 km) est très important et il peut se poser sur des pistes courtes,

– l’Ilyushin Il 76 Candid complète parfaitement le Douglas car sa vitesse maximum (850 km/h) est élevée et il peut transporter 40 tonnes de fret ou 130 sauveteurs sur un large rayon d’action (5 000 km). Il se pose lui aussi sur des pistes courtes,

– le Transall C-160 est plus lent (535 km/h), mais son rayon d’action (4 800 km) est largement suffisant et ses capacités de transport (16 tonnes de fret ou 100 sauveteurs) permettent de jongler utilement avec les énormes capacités des deux avions cités plus haut, ceux-ci étant bien sûr beaucoup plus onéreux,

– l’Hercules C-130 enfin est assez rapide (600 km/h) et son rayon d’action excède les besoins de la mission (6 100 km sans ravitailler). Pouvant transporter 18 tonnes de fret ou 120 sauveteurs, il s’inscrit dans la même logique que le Transall C-160.

En combinant harmonieusement les qualités propres à chacun de ces quatre avions, les Bases Hypérion pourraient ainsi intervenir dans des délais compris entre 4 et 6 heures lorsque la tragédie se produit à la périphérie de l’aire couverte par les forces aériennes de la base concernée. En cas d’éloignement moindre le délai sera naturellement raccourci d’autant.

Afin d’être pleinement efficace sur le terrain, cette action devra simultanément être complétée avec l’arrivée des hélicoptères qui, bénéficiant d’une agilité et d’une souplesse d’emploi inégalable, pourront conduire les secours vers les contrées les plus reculées.

La flotte d’hélicoptères pourrait se structurer autour de trois modèles dont les caractéristiques sont très complémentaires :

–          le MH-53 Sea dragon, qui est rapide (315 km/h), dont le rayon d’action est important (2 000 km) et qui peut transporter des charges impressionnantes (16 tonnes de fret ou 55 sauveteurs),

–          le CH-47 Chinook constitue une alternative intéressante car il est assez rapide (290 km/h), son autonomie est très confortable (2 000 km lui aussi) et il transporte aisément 7 tonnes de fret ou 44 sauveteurs,

–          le Super puma enfin complète parfaitement cette flottille, car bien qu’il soit plus petit (3 tonnes de fret ou 18 sauveteurs), un peu plus lent (260 km/h) et que son rayon d’action (1 000 km) soit moins étendu, son agilité sur le terrain lui permettrait d’accomplir des missions de sauvetages en zones escarpées ou difficiles d’accès.

Une rapide simulation nous démontre que, dans l’hypothèse défavorable d’une catastrophe importante se produisant à 3 000 kilomètres de la Base Hypérion devant intervenir, nous obtiendrions en moins de 12 heures un résultat comblant toutes nos espérances, c’est-à-dire : sauver de nombreuses vies et apaiser rapidement la souffrance des survivants.

En faisant intervenir 8 avions gros porteurs (4 Douglas C-17 Globemaster et 4 Hercules C-130 par exemple) et une vingtaine d’hélicoptères (10 MH-53 Sea dragon et 10 Super puma), la chronologie de l’intervention s’organiserait comme suit :

–          5 à 6 heures après la catastrophe, 8 avions de la Force Hypérion seraient déjà sur place. Soit 280 tonnes de fret (médicaments, vivres d’urgence, hôpitaux de campagne, tentes, structures de base d’abris provisoires…) et 350 sauveteurs (médecins, logisticiens, sauveteurs avec leurs chiens, psychologues…) pouvant intervenir sans attendre tout en analysant la situation sur le terrain afin d’élaborer la stratégie à venir. Cette phase est capitale car l’efficacité se nourrit d’analyses et de synthèses réalistes effectuées sur le terrain, et non de supputations,

–          12 heures après le drame, 20 hélicoptères auraient rejoints la zone affectée et pourraient déjà permettre aux sauveteurs de prodiguer les soins et les aides nécessaires. Ces 20 hélicoptères complèteraient la première intervention en apportant 100 tonnes de fret supplémentaire et en complétant les forces déjà en place avec 400 sauveteurs immédiatement opérationnels.

Ainsi, moins d’une demi journée après l’instant du déclenchement du séisme ou du tsunami, plus de 700 sauveteurs et 400 tonnes d’aides d’urgence sont déjà sur place, les secours sont opérationnels sur zone et des équipes partent déjà en direction des contrées les plus reculées.

Est-il nécessaire de remémorer ici l’indigence des secours sur place, en Asie du Sud-Est, au Pakistan et à Haïti, 12 heures après la vague meurtrière ou après les tremblements de terre ? Faut-il rappeler que, trois semaines après ces trois cataclysmes majeurs, des milliers de survivants n’avaient toujours pas vu le moindre secours ? Et nous ne parlons pas ici des centaines de milliers de malheureux birmans qui n’ont jamais reçu le moindre secours en raison des choix iniques de leurs dirigeants, ni des vingt millions de pakistanais qui attendaient vainement une aide internationale qui refusait de se mobiliser après des inondations mettant directement en danger la vie de… huit millions d’enfant !

Faut-il souligner aussi que, cinq mois après le séisme au Kashmir en 2005, des centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants, vivaient encore dans le froid, dans la neige, sans abri réel et avec très peu de nourriture ?

Faut-il souligner, enfin, que onze millions de femmes et d’enfants meurent de faim au sein d’une vaste zone située aux frontières de la Somalie, de l’Ethiopie et du Kenya, et que la communauté internationale demeure impuissante alors que ce « cataclysme humanitaire » est connu de longue date !

Les Bases Hypérion étant préparées à toutes les hypothèses possibles, une catastrophe de grande ampleur nécessiterait immédiatement une poursuite de l’intervention en deux phases concomitantes :

–          envoi d’avions, d’hélicoptères (si cela est nécessaire) et de sauveteurs, via la seconde base géographiquement située la plus près de la tragédie. Les secours arriveront naturellement un peu plus tard en raison de l’éloignement accru, mais ils constitueront ainsi une très utile seconde vague de secours renforçant immédiatement l’opération de sauvetage,

–          les avions gros porteurs issus de la première base repartiront très rapidement afin d’effectuer à leur tour une seconde rotation. Puis beaucoup d’autres si l’ampleur de la catastrophe le justifie.

Dans cette perspective, nous intervenons efficacement en moins de 12 heures, tout en enchaînant deux vagues successives d’aides logistiques et sanitaires dans les 12 heures qui suivent. Et ainsi de suite… La clef de ce miracle apparent est naturellement liée au fait que les avions, les équipages et le matériel, seront toujours prêts à partir. Nous sommes là dans une logique strictement similaire à celle des pompiers.

Dans le cas d’un grave incendie inopiné, on imagine difficilement que l’on commence d’abord par effectuer la vidange du camion, puis à le repeindre ; et enfin qu’on prenne le temps de le laver soigneusement… Chez les pompiers la notion d’intervention immédiate fait partie de leur culture. Ils s’organisent donc systématiquement en fonction de cette idée-force qui les motive et donne du sens à leur mission. Il doit en être de même lorsqu’il faut agir vite afin de sauver quelques milliers de vies.

Le Projet Hypérion constituerait ainsi une force de frappe humanitaire dédiée simultanément à des interventions immédiates et à du soutien logistique et humanitaire sur le moyen terme. Liant simplicité, efficience et solidarité pragmatique, la conception même de ce projet résoudrait 80% des difficultés récurrentes auxquelles les sauveteurs sont confrontés en cas de grandes catastrophes naturelles.

Afin d’éviter tout conflit, il faudrait naturellement que ces bases soient sous le contrôle des Nations Unies et que leur présence dans les 7 pays concernés soit clairement adoptée et validée par le Conseil de Sécurité. Il convient de préciser ici que, même si la logistique et les moyens mis en œuvre peuvent s’y apparenter, le Projet Hypérion est une organisation exclusivement dédiée au secours humanitaire. Elle n’a donc aucun lien avec des organisations telles que Enduring Freedom, Nato Response 5 et 6 ou l’Opération française Beryx qui intervint en Asie après le tsunami. Le Projet Hypérion se structurerait et se déploierait avec des moyens et une méthodologie d’intervention comparable aux grands dispositifs militaires mis en œuvre à travers le monde depuis des décennies. Mais il demeurerait totalement civil, dans sa conception comme dans sa finalité, et il fonctionnerait uniquement sous le contrôle des Nations Unies.

Enfin, tous les pays concernés devraient signer une Charte précisant qu’ils donnent préventivement leur accord pour une intervention immédiate sur leur territoire en cas de catastrophe avérée. Cette sage précaution permettrait d’économiser les heures, parfois même les jours, perdus en discutions inutiles et très coûteuses en vies humaines. Là encore, l’exemple catastrophique de la Birmanie lors des inondations de 2008 (cyclone Nargis) doit nous servir afin de ne point réitérer les mêmes erreurs qui coûtèrent la vie à des milliers d’innocentes victimes.

Le Projet Hypérion résoudrait ainsi les principales difficultés auxquelles les sauveteurs se heurtent. En effet :

–          dès les premières minutes après la catastrophe le gain de temps serait considérable. Dans l’heure qui suivrait l’annonce du cataclysme, la base la plus proche du sinistre ferait déjà décoller ses avions et ses hélicoptères chargés de vivres et de matériels de première urgence,

–          les lenteurs administratives évoquées plus haut disparaîtraient immédiatement car la procédure d’intervention serait connue et acceptée de tous depuis très longtemps,

–          les engorgements logistiques s’estomperaient partiellement en raison de la diversité des moyens aériens alloués. Les avions gros porteurs se poseraient rapidement sur les aéroports principaux en apportant immédiatement des moyens appropriés, puis ils repartiraient afin d’entamer une seconde rotation. De leur côté, les hélicoptères pourraient se déplacer directement vers les lieux les plus sinistrés. Préalablement déposées par les avions ayant prioritairement atteint la zone de la tragédie, des réserves de carburants constitueraient alors des ressources énergétiques supplémentaires facilement accessibles,

–          en cas de séisme majeur ou de tsunami affectant une très large zone, deux ou trois bases pourraient intervenir simultanément. Ces vagues successives renforceraient le potentiel d’intervention tout en dosant les arrivées de vivres, de soins et de matériel. Combinant rapidité et progressivité, la logistique mise en œuvre faciliterait considérablement la survie des populations affectées par le drame,

–          ces bases étant uniquement dédiées au secours aux populations en danger, elles auraient pour mission d’intervenir en flux permanents jusqu’au terme naturel de l’opération. C’est-à-dire jusqu’à l’instant où tous les survivants du désastre auront un toit pour s’abriter efficacement, de quoi manger de manière régulière et bénéficieront enfin des premiers éléments d’une vraie aide à leur reconstruction personnelle. C’est-à-dire des moyens de subsistance pérennisés sur le moyen terme, une activité retrouvée (qui peut être partiellement rémunérée par un Fond spécial dédié à cet usage et géré sous la houlette du FMI) et la mise en œuvre durable d’une reconstruction psychologique. Il faut savoir que ceci peut prendre de nombreux mois,

–          enfin, dépendant des Nations Unies, travaillant étroitement avec les ONG et étant totalement indépendante des impacts plus ou moins médiatiques de telle ou telle catastrophe humanitaire, la Force Hypérion n’aurait nullement à se soucier de « rentabilité médiatique ».

Ce point est capital car, même si nous faisons souvent semblant de l’ignorer, nous le savons depuis des millénaires : la vie de tous les êtres humains n’a pas le même prix. L’Histoire nous ressasse avec insistance ce constat abject.

Avec l’arrogance qui le caractérise, le XXe siècle a dramatiquement accentué cette monstruosité intellectuelle et humaine : tous les morts n’ont pas le même prix ; toutes les souffrances non plus.

Dans le cadre du Projet Hypérion, et grâce à sa totale absence d’inféodation à quelque groupe de pression que ce soit, toutes les tragédies humaines deviennent similaires et sont traitées équitablement. Voilà assurément une première mondiale…

Comme nous venons de le voir, le gain de temps lié à une intervention immédiate avec des moyens massifs permettrait de sauver ainsi quelques milliers de vies supplémentaires lors de chaque tremblement de terre ou inondation de grande ampleur. Mais l’intérêt de cette innovation ne s’arrête pas à ce seul constat  déjà très ambitieux en lui-même, car cette rapidité d’intervention et l’apport massif de matériels et de vivres appropriés auraient un effet extrêmement bénéfique sur les populations survivantes.

A titre de contre exemple, le tremblement de terre au Pakistan en 2005 a provoqué un désastre humanitaire presque inimaginable : trois millions de personnes se sont brutalement retrouvées sans abri et presque sans nourriture. Peut-on imaginer les souffrances endurées par ces malheureux qui se recroquevillèrent pendant plusieurs mois dans le froid, dans l’humidité, et sans aucun espoir immédiat d’hébergement ?

Dans ce cas précis la tragédie fut particulièrement sournoise car le tremblement de terre ayant eu lieu à l’automne et dans une région montagneuse et glacée, l’égrènement des mois d’hiver a rajouté l’horreur à l’horreur. Face à une tragédie de cette ampleur le soutien matériel et la chaleur humaine sont essentiels. Dans un contexte aussi dramatique le Projet Hypérion permettrait de soulager utilement et durablement la détresse de ces populations déshéritées.

Cette perspective valide à elle seule notre ambition.

Naturellement, si la finalité de cette ambition ne peut qu’enthousiasmer toutes les femmes et tous les hommes qui portent en eux une compassion minimum envers les déshérités de notre planète, chacun pourra immédiatement émettre deux réserves essentielles que l’on pourrait synthétiser ainsi :

–          aussi pertinent et généreux soit-il, le Projet Hypérion coûtera très cher (achat des avions, construction et exploitation des 7 bases, frais de personnel…) et son financement est loin d’être assuré,

–          cette louable ambition se heurtera aux oppositions politiques et aux égoïsmes régionaux qui la videront de son sens premier et la rendront totalement caduque.

Ces remarques sont logiques, mais partiellement erronées. Examinons d’abord le problème du financement. La mise en œuvre du Projet Hypérion aura naturellement un coût très élevé, avoisinant probablement un milliard de dollars par base (sans compter le prix des hélicoptères et des avions de transport), et certains états le jugeront excessif. Mais cette remarque doit être replacée dans son contexte et nous convie à mettre en exergue trois niveaux de réflexion distincts ; tous essentiels.

Premièrement, la vie humaine n’a pas de prix. Et se donner perpétuellement la possibilité de sauver des milliers d’êtres humains chaque année tout en soulageant la détresse de centaines de milliers d’autres justifie totalement cet investissement. Mais, afin de donner plus de poids aux mots, on peut quantifier l’efficacité de cette solidarité enfin universelle. Le tsunami en Asie du sud-est, les inondations en Birmanie et les tremblements de terre au Kashmir et en Haïti ont coûté la vie à plus de 600 000 personnes. Si la mise en œuvre du Projet Hypérion permettait simplement de sauver 10% de ces malheureux, nous arriverions à un total de 60 000 vies épargnées. Dans le cas de l’épouvantable famine qui affecte actuellement l’est de l’Afrique, la mise en œuvre du processus de sauvegarde qui singularise le fonctionnement des bases Hypérion (celles situées en Afrique et en Turquie dans ce cas précis) permettrait certainement de sauver encore bien plus de vies… Qui pourrait sciemment négliger une pareille opportunité ?

Deuxième constat évident : les grandes catastrophes ont un coût humain tangible dès les premiers jours de la tragédie à travers les morts et les blessés qui s’accumulent, mais elles ont aussi un coût humain durablement décalé dans le temps, les séquelles psychologiques et familiales par exemple. Plus pragmatiquement encore, elles ont un coût économique exorbitant ; et l’exemple récent du Japon l’illustre parfaitement.

Cela signifie qu’épargner quelques milliers de vies à chaque grande catastrophe générera des conséquences fécondes sur les populations concernées, mais aussi sur l’économie du pays touché par le drame.

Troisièmement enfin, en allant vite et bien on s’économise des contraintes logistiques et structurelles qui finissent toujours par coûter très chères lorsqu’on les analyse sur le long terme. Rappelons-le ici véhémentement : une catastrophe humanitaire se prolonge bien au-delà des feux de l’actualité. Il faut garder en mémoire qu’après chaque grande catastrophe humanitaire la communauté internationale doit investir des sommes colossales en aval du drame, en l’occurrence plus de 100 milliards de dollars après le passage du cyclone Katrina dans le sud des Etats-Unis et 130 milliards de dollars après le tremblement de terre de Kobe au Japon. Par ailleurs, ces dépenses se prolongent parfois pendant de très nombreuses années. Ce sera le cas par exemple à Sumatra après le tsunami de Décembre 2004 ou en Haïti après le tremblement de terre.

Si l’on prend en compte le drame qui affecta le Japon en Mars 2011, certains experts évoquent déjà un coût global avoisinant les… 700 milliards de dollars !

Dans le cas du Projet Hypérion, les investissements nécessaires au bon fonctionnement des bases permettront, en un premier temps, de sauver des vies et d’apaiser immédiatement la souffrance de centaines de milliers de survivants. Puis, en un deuxième temps, ces mêmes investissements réalisés en amont du drame faciliteront la réhabilitation des villes et villages dévastés, ils aideront à la reconstruction économique de la contrée décimée et ils favoriseront la réinsertion des survivants au sein d’une vie enfin normale. La désorganisation qui continue à régner en Haïti (épidémies, corruption, heurt entre la population et les humanitaires) démontre malheureusement qu’une situation mal maîtrisée dégénère toujours.

Car on oublie trop souvent un point essentiel : lors d’un cataclysme naturel, sauver sa vie, avoir un abri provisoire et pouvoir se nourrir régulièrement est essentiel, mais après ? Après il faut reprendre le goût de vivre et bénéficier de quelques aides vous permettant de vous reconstruire, dans le sens noble et non galvaudé du terme.

Le financement préalable à la mise en œuvre des 7 Bases Hypérion et à leur coordination logistique sera donc important. Mais l’investissement global lié au Projet Hypérion sera très sensiblement inférieur à la somme des investissements parcellaires que nous devrons réaliser à la suite de chaque grande catastrophe. Ce financement étant décalé dans le temps en amont des futurs cataclysmes naturels qui affecteront obligatoirement notre planète, des milliers d’êtres humains auront été sauvés en plus. Et ce plus fait toute la différence avec d’autres initiatives car il harmonise la logique économique et la compassion humaine.

Le fait est assez rare pour être souligné…

Les esprits chagrins rétorqueront peut-être en rappelant que, si les exemples récents cités plus haut valident cet ambitieux projet, chaque année ne se conclue pas systématiquement par une ou plusieurs catastrophes humanitaires de grande ampleur ; heureusement.

Cette remarque est pertinente. Mais, indépendamment des chiffres que nous avons déjà mis en lumière et qui se passent de commentaires, elle demeure globalement infondée pour trois raisons majeures :

–          les plaques continentales continueront à se heurter et à se chevaucher pendant des millions d’années et les êtres humains n’auront jamais le pouvoir de ralentir le processus. Cela signifie que si ces grands cataclysmes ne sont pas affectés d’une cyclicité régulière, ils seront toujours omniprésents sur notre planète. Quoiqu’on fasse…

–          comme nous le verrons dans les chapitres suivants, les prévisions démographiques les plus timorées précisent que nous serons au minimum 9 milliards d’habitants sur Terre en 2050. Parfaitement affolant en lui-même, ce constat implique aussi que la densité des populations les plus fragiles va croître sans cesse pendant les décennies à venir dans les grands centres urbains. Chaque nouvelle catastrophe géosismique sera donc de plus en plus meurtrière et lourde de conséquences pour les habitants des zones sinistrées,

–          lors des longues périodes calmes rythmant l’activité tellurique de notre planète, et lorsque les catastrophes naturelles précédentes ne nécessiteront plus leur intervention logistique, l’efficacité des bases Hypérion pourra être utilement mise au service de la formation de pilotes, de médecins et de personnels spécialisés venant du monde entier, tout en permettant des interventions ponctuelles ou massives en cas de famines.

Exploitable à chaque instant, exemplaire et très utile, ce potentiel devra systématiquement être mis au service d’autres opérations humanitaires en cours. Et ces dernières sont malheureusement… permanentes !

En cas de cataclysme majeur, et les exemples du Pakistan et d’Haïti nous reviennent obsessionnellement en mémoire, certaines bases pourront être amenées à assurer un suivi logistique pendant de nombreux mois. On peut compléter ce constat à la lumière d’une catastrophe maritime assez récente : le naufrage d’un ferry égyptien en Mer Rouge en Février 2006. Dans une circonstance similaire, les hélicoptères Sikorsky Sea Dragon de la Base Hypérion située en Turquie auraient pu massivement intervenir. Survolant la zone du sinistre moins de six heures après le chavirage, ils auraient  sauvé de nombreuses vies…

Pour résumer l’aspect financier de cet ambitieux projet, on peut confirmer que l’investissement de départ indispensable au bon fonctionnement de ces bases de l’espoir sera considérable et se comptabilisera en milliards de dollars.

Un pourcentage important de ces sommes vertigineuses sera naturellement imputable au coût de l’élaboration des 7 Bases Hypérion, aux avions de transport, aux hélicoptères d’intervention d’urgence, et à leur entretien. Mais cet investissement majeur doit s’analyser en fonction des frais exorbitants afférents à une catastrophe mal maîtrisée et à la lumière des séquelles inhérentes à toute tragédie humanitaire. Comme nous l’avons déjà signalé plus haut, les conséquences financières du tsunami qui ravagea le sud-est asiatique, du raz de marée qui inonda la Louisiane et des tremblements de terre au Kashmir et en Haïti, furent absolument effarantes. Et personne n’est encore en mesure de les quantifier précisément.

Elles excèdent largement en tout cas -voir l’exemple du cyclone Katrina et du tremblement de terre de Kobe- le budget total du Projet Hypérion et le cumul de ses frais de fonctionnement pendant plusieurs siècles…

Il existe par ailleurs un moyen extrêmement simple permettant le financement du Projet Hypérion et sa pérennisation durant plusieurs décennies.

Un projet de cette importance se finance à deux niveaux bien distincts :

–          les investissements réalisés en amont (achat des avions, construction des bases etc…),

–          les frais de fonctionnement (personnel, entretien, nourriture et médicaments, carburants etc…) spécifiques aux 7 Bases Hypérion,

Le coût global peut donc se scinder, lui aussi, en deux financements distincts.

L’achat des hélicoptères et des avions étant un poste très important, on peut imaginer que les pays du G 20 « mettent la main à la poche », soit en prêtant ces aéronefs, soit en facilitant leur achat. Les opinions publiques seraient favorables à cet effort financier -très marginal pour de grandes puissances économiques- car il symboliserait un acte fort de générosité envers les plus démunis. Cet « effort » serait assurément mieux compris que les aides colossales récemment allouées aux grandes banques après la crise financière de 2008 ou celles qui doivent être réalisées afin de sauver la Grèce en 2011 !

Pour le financement des frais de fonctionnement des sept Bases Hypérion, le principe le plus simple serait l’utilisation d’un fond commun géré par les pays du G 20 au niveau de ses subventions et administré par le FMI au niveau de son exploitation et de son suivi.

Ceci permettrait de faire continûment fonctionner les 7 Bases Hypérion, quelque soit le contexte économique ultérieur. Grâce à la mise en œuvre de ce financement garantit par les plus grandes puissances économiques mondiales, nous pourrions ainsi durablement aider le milliard d’êtres humains qui vivent dans la plus totale précarité.

Cette opportunité de financement étant décrite, qu’évoquons-nous ici ?

Un projet ambitieux dont le budget de développement pendant les deux premières années frisera les 15 milliards de dollars. Apparemment extravagante en dépit de la simplicité du mode de financement décrit à l’instant, cette somme pourrait a priori pousser certains décideurs internationaux à renoncer. Mais il faut mettre immédiatement en lumière un parallèle éloquent et absolument imparable. D’un côté nous avons le Projet Hypérion, qui permettra chaque année de sauver des milliers de vies humaines tout en aidant des centaines de milliers de sinistrés à reconquérir quelques bribes d’un espoir brutalement déchiqueté par le destin. De l’autre côté nous avons un autre projet : la Guerre en Irak, qui a permis d’éliminer un dictateur sanguinaire -ce qui est plutôt positif- mais qui s’est poursuivi avec un bilan atroce qui se chiffre actuellement en centaines de milliers de morts, ce qui est proprement insupportable.

Indépendamment du fait que le premier protège la vie alors que le second sème la mort sous couvert de libéralisation de l’Irak, il est édifiant de comparer les coûts. Au début du conflit, Lawrence Lindsey, alors conseiller économique à la Maison-Blanche, estimait que le coût global de cette guerre devrait se situer entre 100 et 200 milliards de dollars. Naturellement les principaux amis et soutiens de George. W. Bush considérèrent cette estimation comme étant trop élevée. En 2011, les spécialistes estiment que le coût global prévisible de la Guerre en Irak sera de 2 billions de dollars. Soit 2 000 milliards de dollars ! La somme est si extravagante qu’elle donne le vertige et relativise totalement l’investissement nécessaire à l’élaboration du Projet Hypérion.

Ce coût ahurissant, que les américains découvrent avec stupéfaction, implique :

–          les soins apportés aux 32 000 soldats américains blessés depuis le début du conflit,

–          les pensions qui leur seront versées,

–          les frais directement liés à la guerre, soit 4,5 milliards de dollars par mois uniquement au titre des frais de fonctionnement,

–          les recrutements supplémentaires rendus nécessaires dans l’armée,

–          les frais de santé occasionnés par les traumatismes psychiques affectant les futurs vétérans de cette énième guerre,

–          les séquelles économiques à court et moyen terme : ralentissement de l’économie, augmentation du déficit budgétaire et coûts induits par une aggravation de l’insécurité.

La simple énonciation de ces sommes fabuleuses dilapidées en pure perte rend parfaitement obsolète toutes les critiques financières qui pourraient être faites au Projet Hypérion. L’indécence économique a parfois des limites que l’on ne peut dépasser…

Il ressort de ce qui précède qu’en permettant de sauver quelques milliers de personnes à chaque intervention, cette organisation planétaire allégerait d’autant une facture globale qui devient progressivement effarante au fil du temps. Et ce ne sont pas les 500 ou 700 milliards de dollars imputables au cataclysme japonais de Mars 2011 qui arrangeront les choses.

Il convient ici d’ouvrir une parenthèse et de mettre en exergue deux éléments, a priori totalement externes au Projet Hypérion, mais qui s’intègrent parfaitement à la logique qui prévaut ici. Le premier concerne les supervolcans et le second met en parallèle le travail des ONG et la finalité de cette ambitieuse organisation humanitaire.

Contrairement aux autres cataclysmes naturels de grande ampleur, l’explosion d’un supervolcan demeure nimbée de mystère pour une raison très simple : l’être humain ne l’a jamais subie depuis les époques historiques car la dernière remonte à 74 000 ans av J.C. Et pourtant la menace existe. Et quelle menace…

Ces monstres tapis dans la croûte terrestre sont peu nombreux car on en a dénombré six en tout dans l’état actuel de nos investigations. Mais si l’un d’entre eux devait exploser à l’horizon d’un avenir assez proche, nous connaîtrions alors un hiver volcanique terrifiant et qui anéantirait des millions d’êtres humains. Ces six supervolcans se trouvent en Nouvelle-Zélande (lac Taupo), en Papouasie Nouvelle-Guinée (caldeira de Rabaul en Nouvelle-Bretagne), en Indonésie (lac Toba à Sumatra), en Italie (les champs Phlégréens près du Vésuve), en Californie (caldeira de Long Valley) et à Yellowstone. Doté d’une gigantesque caldeira longue de 70 kilomètres et large de 30 kilomètres, le plus inquiétant est celui qui est sournoisement lové sous le parc national de Yellowstone, car il a 30 000 ans de retard sur son réveil prévu. En effet, cet ogre discret et patelin explose tous les 600 000 ans avec une régularité inquiétante. Or sa dernière éruption eut lieu il y a 630 000 ans. On peut donc légitimement en déduire qu’il ne tardera guère à se réveiller, cette inquiétude étant confortée par le fait que le sol du parc national s’est soulevé de plus d’un mètre en 75 ans. Or l’explication de cet exhaussement anormal est simple : la colossale chambre magmatique qui sommeille 8 000 mètres plus bas pousse insensiblement le sol de la caldeira[4] vers le haut. Composée de magma et de gaz dissous extrêmement chauds (1 500°), cette chambre magmatique constitue la plus épouvantable bombe que l’on puisse imaginer. Lorsqu’elle explosera, elle propulsera dans l’atmosphère l’équivalent de 3 000 km3 de matières ignées. C’est-à-dire environ 10 000 fois plus que l’explosion du volcan actif le plus puissant actuellement.

Pour illustrer de deux exemples seulement cette débauche d’énergie :

–          les roches magmatiques sont projetées à 30 kilomètres d’altitude et à une vitesse de 1 000 kilomètres heure,

–          dans le cas de l’explosion du supervolcan de Yellowstone, la moitié de l’Amérique du Nord serait recouverte de cendres volcaniques.

Ces bouches de l’Enfer compriment donc en leur sein des milliards de tonnes de roches liquides qui, en explosant, éjectent dans l’atmosphère des nuages de poussières suffisamment importants et opaques pour occulter les rayons du soleil pendant de très nombreuses années. Environ 99% de la lumière solaire étant bloquée, la température chutera et la photosynthèse ne pourra plus s’effectuer.

Face à un cataclysme de cette ampleur, les 7 Bases Hypérion ne pourraient naturellement endiguer seules les conséquences funestes de cette inéluctable apocalypse. Mais elles pourraient devancer certaines interventions indispensables et centraliser les secours à apporter aux populations les plus directement affectées, tout en participant activement à la mise en œuvre d’un sauvetage planétaire de la civilisation humaine.

Espérons toutefois que le supervolcan enfoui dans les abîmes de Yellowstone accepte de sommeiller encore pendant quelques millénaires…

Beaucoup moins éruptives, et sensiblement plus prosaïques, les relations existant entre le Projet Hypérion et l’action des grandes ONG mondiales peuvent paraître redondantes, voire conflictuelles. Il n’en est rien car ces deux activités ne se situent pas sur le même plan et ne s’inscrivent nullement dans la même logique. Les Bases Hypérion auront pour mission d’intervenir immédiatement avec une logistique appropriée. Et ceci sans se soucier du financement et des moyens à mettre en œuvre puisque ces moyens seront déjà préalablement alloués, en place et opérationnels.

A chaque fois que le processus d’intervention sur zone sera lancé à l’annonce d’une catastrophe naturelle de grande ampleur, la complémentarité entre les forces humanitaires sera évidente et ne prêtera nullement à confusion. Ainsi, le principe d’harmonisation existant entre les acteurs du Projet Hypérion et les ONG se justifiera pleinement en raison du fait que les moyens logistiques des différentes bases concernées par le drame seront au service des ONG. Et non l’inverse.

Ce n’est un secret pour personne : les ONG se livrent fréquemment à des surenchères entre elles et les querelles de prééminences médiatiques sont perpétuelles. Placées sous l’égide des Nations Unies et devant se situer au-delà de toute lutte partisane, les Bases Hypérion seront astreintes à porter secours à tous les survivants et sous toutes les formes possibles. Ce point est capital car le tsunami en Asie mit en lumière quatre constats affligeants :

–          liée en partie au fait que de nombreux occidentaux faisaient partie des victimes, la fantastique médiatisation entourant le tsunami démontra, une fois de plus, que tous les êtres humains ne bénéficient pas de la même attention dans leur détresse. Certaines victimes et certains survivants sont, à l’évidence, beaucoup plus médiatiques que d’autres. Et ce ne sont pas les malheureuses victimes du Darfour, du Niger, de Somalie ou d’Amérique centrale, qui nous démentiront,

–          ralentie et passablement désorganisée en première urgence, l’intervention des secours produisit essentiellement des effets positifs en faveur des victimes les plus proches et des notables qui organisèrent une manne dont ils touchèrent d’utiles dividendes. A l’inverse, ceux qui sont très pauvres et très loin des premiers secours n’eurent accès à rien. Là encore, l’exemple du tremblement de terre au Pakistan conforte lui aussi ce triste constat,

–          les ONG prenant presque tout à leur charge, elles doivent souvent se préoccuper ultérieurement de la reconstruction de villages ou de bourgades entières. De nombreux commentateurs ont judicieusement remarqué que ce travail serait probablement plus utilement réalisé par des professionnels spécialisés dans cette activité : les entreprises de BTP par exemple,

–          enfin, l’exemple d’Haïti démontre que lorsque la coordination entre personnel des Nations Unies et ONG n’est pas clairement comprise par les populations locales, des heurts violents naissent au bout de quelques mois, envenimant ainsi une situation déjà catastrophique.

On se situe donc ici dans une logique de l’urgence qui frôle souvent l’absurde.

Dans le cas d’une catastrophe similaire au tsunami qui ravagea le sud-est asiatique, le Projet Hypérion apporterait un soutien logistique durable aux populations affectées afin qu’elles puissent retrouver le plus rapidement possible les moyens de redémarrer une vie presque normale. Et ceci passe par une aide au niveau sanitaire, agricole, énergétique, éducatif et psychologique. Ces domaines, qui sont a priori dans le champ d’expérience des ONG, seront traités plus vite et plus efficacement si une logistique permanente est mise au service des femmes et des hommes qui souffrent afin de leur insuffler rapidement l’indispensable espoir qui aide à survivre.

Dans le cas d’une catastrophe sismique comparable à celle qui affecta douloureusement le Kashmir pakistanais, la logique devant être mise en œuvre devrait être totalement différente.

Les conditions environnementales et climatiques étant durablement hostiles en raison des rigueurs climatiques qui prévalent en haute montagne, la priorité se situe très clairement ici au niveau d’une assistance aux personnes (un abri chaud et durablement sécurisé, un suivi sanitaire et des vivres en approvisionnement régulier) se prolongeant efficacement pendant tout l’hiver himalayen. Pour stabiliser ces conséquences positives auprès des populations concernées, il faut donc maintenir longtemps sur place un acheminement des secours très intense et régulièrement renouvelé. Le cas d’Haïti est encore différent car il faut tenir compte ici de la chaleur, puis de l’arrivée d’une saison des pluies aux effets sanitaires dévastateurs pour toute installation provisoire et précaire.

Chaque catastrophe nécessitant obligatoirement des solutions rapides et appropriées, la garantie d’une logistique imposante, fiable et pérenne, facilitera systématiquement le travail des ONG sur le terrain. Il n’y aura donc pas de guerre entre humanitaires, mais la mise en œuvre d’une réelle complémentarité entre les différents acteurs sur le terrain.

Le Projet Hypérion présente aussi un avantage fondamental et qui se situe dans le domaine de l’interrelation entre les peuples. C’est-à-dire le creuset politique et social où se forgera l’avenir de notre planète. La mise en œuvre des 7 Bases Hypérion permettrait de donner à l’ensemble de l’humanité un signal fort que l’on pourrait traduire ainsi : en fédérant leurs forces, les êtres humains démontrent enfin que la solidarité naît à la confluence du bon sens et de l’humanisme. Cette raison se suffit à elle seule et éclaire la seconde critique que l’on pourrait faire quant à cette proposition : ça ne marchera pas car certains pays s’y opposeront fermement…  Là encore, l’analyse géopolitique et l’influence colossale des médias nous donnent un embryon de réponse positive.

S’il est évident que certains pays refuseraient systématiquement de participer à un projet qui validerait le principe d’une intrusion étrangère sur leur sol, même très passagèrement et pour des raisons humanitaires impérieuses, cet argument devient caduc sous l’égide des Nations Unies, car cette bouée de sauvetage géante génèrera plusieurs effets positifs à l’échelon mondial. La discussion préalable à la mise en œuvre du Projet Hypérion obligera tous les pays représentés aux Nations Unies à entamer un dialogue se situant bien au-delà de tous les clivages politiques, idéologiques, économiques et religieux, qui gangrènent trop souvent les relations entre les Etats. Ceci symbolise déjà un progrès considérable.

Mais surtout, cette discussion planétaire ouvrira une Porte. Ne soyons pas angéliques. Il ne s’agit pas ici de la Porte de la compassion ou de la fraternité universelle. Nous en sommes beaucoup trop loin encore… Il s’agit, plus modestement, de la première Porte concrétisant enfin une lucidité réfléchie, une efficacité humaniste, une réflexion mondiale pragmatique enfin désinhibée de son cortège d’hypocrisies et de rigidités mentales. Une vision holistique et féconde de la détresse humaine en fait et, comme nous aurons l’occasion de le préciser au cours des chapitres suivants, cette Porte constituerait l’acte fondateur laissant à augurer que nous pourrons en déverrouiller d’autres ; beaucoup d’autres : les Portes du futur

Ce serait un fantastique bond en avant !

Dans le registre plus étroitement diplomatique, certaines relations bilatérales ne pourraient que s’améliorer dans un cadre humanitaire clairement définit par les plus hautes instances internationales et validé par les nations les plus influentes. Nous avons déjà cité les exemples de l’Inde et du Pakistan, ainsi que ceux de la Chine et de la Russie. Hasard ou nécessité, ces quatre pays possèdent l’arme atomique… Or un facteur supplémentaire d’apaisement ne peut être qu’une bonne nouvelle pour notre planète.

Par ailleurs, son territoire se situant à la confluence des espaces garantis par les Bases Hypérion turque et pakistanaise, l’Iran bénéficierait doublement de cette protection, ce qui estomperait peut-être une partie des menaces qui planent sur la région. Dans le contexte actuel, cette situation ne pourrait que favoriser le rapprochement entre des intérêts idéologiques, stratégiques et économiques, fondamentalement divergents. L’actualité le démontre, hélas, chaque jour un peu plus, et un apaisement entre l’Iran et ses voisins ne pourrait qu’être positif

Les effets positifs liés à la nécessité de rapprochements et de dialogues entre des Etats souvent rivaux seraient notoirement tangibles à travers toute la zone concernée. On peut évoquer ici les relations entre la Turquie et la Grèce et la situation globale dans les Balkans. A l’autre extrémité de l’aire concernée, des acteurs majeurs tels l’Australie et le Japon pourraient utilement renforcer leurs liens avec les pays de l’Asie du sud-est, de la Mélanésie et de la Micronésie.

En Afrique, la Base Hypérion située au cœur de ce continent déchiré depuis des siècles par des guerres incessantes générerait un premier effet positif en liant durablement la majorité des états africains autour d’un objectif commun : se porter mutuellement aide lors de chaque grande catastrophe humanitaire tout en revivifiant des économies moribondes. Et même si des ressentiments profonds perdureront encore, le simple fait d’oublier un instant les rancœurs et les haines favorise l’émergence de solutions inédites et nouvelles. Là encore, l’exemple de la famille qui affecte la « corne de l’Afrique » nous conduit à proposer des actions et solutions pérennes afin de rendre espoir et dignité à ces malheureuses populations décimées par toutes les misères du Monde.

Enfin, les discussions préludant à la mise en œuvre du Projet Hypérion permettraient d’atténuer l’ambiguïté qui prévaut dès que l’on évoque l’acteur majeur de la première moitié de ce siècle : la Chine. Tout le monde sait que la Chine sera la grande puissance économique et politique de demain. Les chinois aussi… Cela signifie que les principales puissances font assaut d’hypocrisies tout en essayant simultanément de ne point s’humilier et de protéger leurs intérêts économiques.

De son côté, connaissant sa puissance et son rôle déterminant sur l’échiquier international, la Chine peut désormais se permettre de discuter sereinement de tous les sujets sans jamais céder sur rien : droits de l’Homme, situation au Tibet, contrôle des médias, économie conquérante, non respect de l’environnement…

Ambiguë et perverse, cette situation est très dangereuse pour l’avenir.

En acceptant l’installation d’une des Bases Hypérion en Mongolie intérieure et en reconnaissant implicitement ainsi la possibilité d’échanges humanitaires permanents entre la Chine et ses voisins, la plus grande nation du monde acquerrait ainsi une virginité morale qui lui fait actuellement cruellement défaut. Mais, en échange de cette reconnaissance essentielle, elle pourrait, sans se désavouer, faire quelques gestes symboliques (libertés individuelles accrues et amélioration de la situation au Tibet par exemple) qui dédramatiseraient une situation potentiellement dangereuse, tout en permettant à chacun de rester sur ses principes sans donner la fâcheuse impression d’une défaite politique. Ainsi, sans renier ses principes fondamentaux, la Chine gagnerait en grandeur et en représentativité morale. Et ses partenaires pourraient se prévaloir d’un réel progrès démocratique en Chine. L’ambiguïté existerait toujours, mais elle deviendrait partiellement un vecteur de paix.

Pour résumer notre proposition, le Projet Hypérion se structurerait ainsi :

–          après l’acceptation du projet par la majorité des pays représentés aux Nations Unies, construction (aux Philippines, en Turquie, au Mexique, au Pérou, au cœur du continent africain, en Chine et au Pakistan dans le cadre de notre hypothèse de départ) de 7 Bases Hypérion aux dimensions et aux capacités logistiques très importantes,

–          ces bases devront être vastes car elles regrouperont des abris susceptibles de protéger 10 avions gros porteurs et 60 hélicoptères, tout en autorisant la maintenance de tous ces aéronefs. Par ailleurs, elles comporteront de larges entrepôts regroupant les vivres et le matériel nécessaires correspondant à un cataclysme majeur ou à une famine massive. Les vivres seront naturellement régulièrement vérifiés afin d’éviter tout dépassement des dates de péremption. Ces bases pourraient être alimentées, pour une large part en tout cas, par des excédents européens ou américains,

–          elles comporteront par ailleurs un hôpital militaire complet qui pourra servir de base arrière si d’importants flots de blessés devaient être traités en urgence,

–          chaque base devra être simultanément autonome, extrêmement réactive et en liaison permanente avec les autres unités du Projet Hypérion. Les bases situées en Turquie et aux Philippines assureront la coordination générale des opérations, tout en laissant une large autonomie aux 5 autres unités lorsque celles-ci seront directement impliquées dans une opération humanitaire en cours,

–          suivant l’importance des cataclysmes et catastrophes à gérer, les bases concernées pourraient intervenir de façon ponctuelle, ou récurrente lorsque la gravité de la situation sur le terrain l’implique,

–          le personnel affecté aura une mission humanitaire et devra pratiquer une formation permanente afin d’éviter d’immobiliser indûment pendant plusieurs mois des femmes et des hommes à la compétence incontestable et utile à tous. Dans une optique d’apaisement politique, ces équipes (pilotes, mécaniciens, logisticiens, médecins, psychologues ou sauveteurs) seront employées par les Nations Unies et leur statut sera clairement définit pour l’ensemble de la communauté internationale,

–          au même moment, les points-relais en carburant seront eux aussi opérationnels afin d’autoriser immédiatement une intervention de grande ampleur. En effet, si les hasards du calendrier devaient juxtaposer un tremblement de terre majeur et la fin du processus de construction des bases, il faudrait pouvoir agir avec l’efficacité maximum sans être retardé par des contraintes liées à l’approvisionnement énergétique,

–          afin d’éviter toute malversation, des organismes de contrôle indépendants devront mensuellement vérifier le bon fonctionnement des Bases Hypérion  et la juste affectation des moyens et des vivres. Le lamentable exemple irakien dans le cadre du programme pétrole contre nourriture, démontre qu’une idée généreuse est facilement dévoyée de son objectif premier et finit souvent par enrichir quelques crapules,

–          lorsque les phases de construction et d’aménagements logistiques seront achevées, le processus pourra prendre son essor en veillant à occuper efficacement d’éventuelles périodes d’inactivité par des taches humanitaires dédiées s’inscrivant dans un protocole rigoureux. Tout ceci s’effectuant naturellement sous l’égide des Nations Unies. Ces taches peuvent se diversifier aussi par le biais d’interventions ponctuelles en cas de désastres climatiques, séquelles de cyclone, coulées de boue meurtrières après de fortes pluies, pandémies difficilement contrôlables. Par ailleurs, les pilotes les plus aguerris et les médecins spécialistes du secours d’urgence participeront à la formation de jeunes pilotes et de sauveteurs souhaitant compléter leur instruction en situation réelle.

Focalisant dans les 12 heures des moyens importants et parfaitement adaptés, le Projet Hypérion permettrait ainsi de sauver des milliers de vies lorsqu’un cataclysme naturel de grande ampleur dévasterait un ou plusieurs pays.

Cette initiative met en lumière trois avantages cruciaux :

–          elle permet de préserver de très nombreuses victimes qui périssent actuellement en raison des retards consécutifs aux lourdeurs logistiques, administratives et politiques, inhérentes à toute absence de coordination préalable,

–          elle facilite les interventions ultérieures liées à la reconstruction des zones dévastées et à la prise en charge des populations meurtries -parfois plusieurs dizaines de millions de personnes comme ce fut le cas lors des inondations cataclysmiques au Pakistan- afin d’apaiser leurs souffrances tout en aidant à se reconstruire psychologiquement,

–          enfin, elle symbolise l’aube de comportements nouveaux au niveau mondial.

 

En dépit du fait qu’il soit cité en dernier, ce point est essentiel, car les idéologies, les égoïsmes et les intégrismes, se tairaient enfin pour la première fois. Les êtres humains démontreraient ainsi en vraie grandeur qu’ils sont parfois capables de solidarité, et que cette solidarité n’est pas un simple argument de propagande politique, mais l’émanation d’une volonté réelle de s’associer enfin bien au-delà des clivages habituels.

Humble et généreux à la fois, ce message serait une immense victoire.

On peut enfin citer un dernier avantage non négligeable.

Lors du tremblement de terre qui affecta Haïti et lors des inondations qui dévastèrent le Pakistan, on vit fleurir des organisations sectaires et confessionnelles dont l’ambition première n’était nullement la compassion. Profitant des carences de l’aide internationale et de la désorganisation des gouvernements locaux, ces organisations apportent un peu d’aide immédiate -ce qui est très bien pour les survivants de ces tragédies- mais le prix ultérieur à payer est très lourd. Ce prix s’appelle embrigadement au sein de groupes dont la finalité est, soit purement mercantile, soit proche des mouvances intégristes les plus radicales…

Petite bouteille jetée dans l’océan de nos certitudes et de nos égoïsmes, le Projet Hypérion a pour ambition majeure d’interpeller directement les principaux décideurs. Ceux-ci devront à leur tour relayer notre émotion, la quantifier finement, puis la médiatiser afin de lui donner du corps tout en la rendant tangible. Et si cette graine d’espoir germe enfin dans le cœur de celles et ceux qui peuvent agir dans ce sens, ce pari ambitieux et un peu fou sera gagné. Or celles et ceux qui peuvent agir ne sont pas uniquement les chefs d’Etats et le secrétaire général des Nations Unies…

Cela concerne aussi les décideurs du monde économique, du monde spirituel et du monde associatif. Plus largement encore, nous interpellerons directement les principaux acteurs du monde des médias, le pouvoir le plus absolu à notre époque, afin qu’ils nous rejoignent et relaient cette proposition dont l’enjeu financier est dérisoire en regard des résultats attendus. Il faut se remémorer que le budget prévisionnel du Qatar pour l’organisation de la Coupe du Monde de Football 2022 est de… 100 milliards de dollars ! Nous avons donc : d’un côté 100 milliards de dollars pour jouer au ballon sous un soleil de plomb, de l’autre côté 15 milliards de dollars pour démarrer un projet humanitaire permettant de sauver des milliers de vies lors de chaque grande catastrophe naturelle.

Qui osera valider le premier choix tout en négligeant le second ?

Il y a quelques années, le monde du spectacle et les médias se sont fédérés autour du combat contre le Sida. Nous attendons de leur part le même enthousiasme dans le cadre de ce projet qui pourrait épargner une parcelle non négligeable de la misère du monde…

Lorsque Angelina Jolie, George Clooney, Bill Clinton, Bono, Sean Penn et Leonardo di Caprio, monteront ensemble à la tribune des Nations Unies pour dire à tous les Chefs d’Etat de la planète : « investissez quelques milliards de dollars dans un projet généreux qui sauvera chaque année des milliers de vies humaines tout en sauvant nos âmes ! », la partie sera gagnée.

Et nous pourrons enfin nous regarder dans un miroir. Sans rougir de honte…  »

Cet essai est disponible ici :

http://livre.fnac.com/a3698688/Oksana-Les-metamorphoses-d-Eros#bl=HGBPlsi1

http://www.amazon.fr/M%C3%A9tamorphoses-dEros-Oksana/dp/2916123539/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1323867575&sr=8-1


[1] Extrait de L’air et les songes

[2] Ces données sont extraites d’un numéro spécial de la revue Pour la Science (Avril/juin 2006) qui est consacré aux « éléments en furie »

[3] Hypérion, écrit entre 1797 et 1799 par le poète allemand Friedrich Hölderlin

[4] caldeira : grand cratère volcanique formé par l’effondrement du cône à la suite d’une éruption

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Un commentaire sur “Le « Projet Hypérion » extrait de notre essai : « Les métamorphoses d’Eros »

  1. Pingback: Nouvelle interview pour Mediapart : “Les métamorphoses d’Eros” et le “Projet Hypérion” « Oksanaetgil's Blog

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