Augusta Ada Byron, la « grand-mère » de l’informatique…

Aujourd’hui, cet article concerne une jeune femme exceptionnelle à plus d’un titre.

Exceptionnelle par sa naissance en un premier temps, car Augusta Ada Byron, qui deviendra ultérieurement la comtesse de Lovelace, était la fille de l’illustre poète anglais Lord Byron. Ce dernier ne connut jamais Ada car le couple se sépara définitivement dans les jours qui suivirent. La mère d’Ada Byron, Annabella Milbanke, veilla à ce que sa fille obtienne la meilleure éducation.

Les désaccords et les haines qui se forgèrent entre ses parents alimentèrent probablement chez Ada une volonté précoce se s’immerger dans le monde plus rassurant, et plus stable, des mathématiques et des sciences.

Faisant preuve d’aisance et de talent dans ces domaines, elle bénéficia des enseignements avisés de Mary Sommerville. Mathématicienne réputée, celle-ci était déjà l’auteur d’un traité d’astronomie : The Mecanisms of the Heavens et avait traduit en anglais les travaux de Pierre Simon Laplace. Elle fut par ailleurs l’une des premières femmes élues à la Société Royale d’Astronomie.

L’enseignement donné était donc de qualité. Il porta rapidement ses fruits.

En 1834, elle avait alors 18 ans, Ada Byron rencontra un personnage extraordinaire et qui allait définitivement influencer sa trop courte vie : Charles Babbage.

Cet inventeur inspiré voulait créer un calculateur universel mécanisé. Il mit en chantier un premier calculateur, la machine à différence. Celle-ci devait simplifier et sécuriser mécaniquement de lourds calculs, tels les tables nautiques ou les éphémérides, qui exigeaient le travail méticuleux de très nombreux intervenants. La juxtaposition de ces calculs effectués sans l’aide de calculateurs appropriés provoquaient parfois de petites erreurs humaines qui, dans quelques cas dramatiques, avaient eu des conséquences particulièrement funestes ; des naufrages de navire trompés par des tables erronées par exemple.

Cette machine à différence n’aboutissant pas, Babbage décida en 1834 d’élaborer un outil plus sophistiqué : la machine analytique.

C’est à cet instant que la contribution d’Ada Byron devint essentielle tout en révolutionnant un monde encore imaginaire pour l’époque : le monde de l’informatique…

Chargée de la description de la machine analytique, Ada mit rapidement en lumière les qualités intrinsèques à ce calculateur innovant qui généralisait le principe d’une vraie communication entre l’humain et la machine. Elle comprit tout de suite que la vraie force de cette machine analytique se focalisait sur sa mémoire interne qui permettait de faire des choix de programmes tout en réitérant des instructions.

Souhaitant démontrer l’universalité du calculateur inventé par Charles Babbage, elle précisa l’infaillible stratégie permettant à la machine de calculer des fonctions trigonométriques contenant des variables. Afin de matérialiser cette assertion, elle écrivit un programme illustrant l’agilité de la machine analytique lorsqu’elle doit calculer sans erreur les nombres de Bernoulli.

Ce programme constitua le premier embryon de ce qui allait devenir, beaucoup plus tardivement… l’informatique moderne !

Mais Ada Byron ne s’arrêta pas à cette première ébauche. Elle décrivit très précisément le futur de cette machine analytique.

Dans un article publié en 1843, elle prophétisa que ce calculateur et les programmes que l’on développerait à son attention permettraient de composer de la musique, de résoudre aisément les équations les plus complexes, de mettre en œuvre avec efficacité différentes applications pratiques et scientifiques. Elle poursuivit en décrétant que ce nouvel outil permettrait de reproduire des graphiques.

Incontestablement, la fille de Lord Byron avait une vision prémonitoire des siècles à venir. Pour l’anecdote, on soulignera que le nom d’Ada fut donné à un langage de programmation utilisé depuis 1980 par l’armée américaine.

Harpiste douée, mathématicienne inventive, programmatrice visionnaire, la comtesse de Lovelace (elle épousa en 1835 Lord King qui devint un peu plus tard Comte de Lovelace) disparut hélas prématurément à l’âge de 36 ans, laissant l’informatique orpheline de sa mère spirituelle.

Mais sa prescience demeure…

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Un commentaire sur “Augusta Ada Byron, la « grand-mère » de l’informatique…

  1. Elle est née trop tôt pour faire ce qu’elle aurait pu.
    Elle est morte trop jeune.
    Elle s’est trompée car ruinée au jeu en croyant que sa machine pouvait calculer le hasard, erreur classique des gens trop intelligents qui sortent de l’évidence terre à terre.
    Enfin une vie tragique comme beaucoup d’autres gens anormalement intelligents. Y a t il une relation de cause à effet ?
    Faut il envier les cerveaux à petit volume avec une vie calme et tranquille ?

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