Altocumulus lenticularis : un parfum d’étrangeté…

Nuages lenticulaires recouvrant une montagne

« J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… »  – Baudelaire (L’étranger)

Exceptionnellement, cet article comportera peu de texte et de nombreuses photos.

Nous le consacrons à une catégorie de nuages étranges qui font rêver les hommes depuis les temps les plus reculés. Avant, ils impressionnaient et pouvaient donner l’impression d’être annonciateur de catastrophes futures. Actuellement, certains imaginent une symbolique liée à la présence discrète d’extraterrestres…

La réalité est beaucoup plus simple, mais la magie esthétique demeure.

Nous parlons ici des Altocumulus lenticularis, plus connus sous le nom de « nuages lenticulaires ». Ce sont en fait des formations nuageuses de forme ronde ou ovoïde, apparaissant en moyenne et haute altitude (à partir de 2 000 mètres).

Dans certains cas, ils peuvent présenter des formes plus originales : allongés, ondulés ou superposés.

Les nuages lenticulaires marquent la présence d’une onde stationnaire, c’est à dire de courants aériens adoptant un profil ondulatoire sinusoïdal. Une telle onde peut être créée quand deux masses d’air se rencontrent, obligeant l’une des deux à passer au dessus de l’autre. Elle peut aussi se former lorsque les courants aériens rencontrent un relief et sont obligés de s’élever. On parle alors d’ « onde orographique ».

Les caractéristiques de l’onde stationnaire dépendent de la vitesse du vent, des variations de relief, de la pression, de la température.

Les nuages lenticulaires se forment lorsque la masse d’air attaque la partie ascendante de l’onde sinusoïdale : elle se refroidit et la vapeur d’eau qu’elle contient se condense. Puis la masse d’air attaque la partie descendante : elle se réchauffe alors, ce qui provoque l’évaporation des gouttelettes d’eau. Les nuages lenticulaires apparaissent donc au sommet des ondes. Ils apparaissent du côté ascendant de l’onde et se défont du côté descendant, ce qui donne l’impression qu’ils sont immobiles. Et ceci même par vents forts.

À l’inverse des autres nuages, ils ne se déplacent pas avec les courants aériens. Dans le cas d’une onde orographique, les nuages lenticulaires apparaissent principalement au dessus des sommets montagneux et sont parallèles aux variations de relief. Ils peuvent même continuer à se former bien après la fin du relief, alors que le terrain est redevenu plat, dans la mesure où les masses d’air une fois déformées conservent leur profil ondulatoire sur de longues distances.

Les quelques photos ci-dessous seront beaucoup plus évocatrices qu’un long discours…

L’article se poursuit juste après.

Ces nuages apparaissent donc stationnaires, mais l’air et l’eau qu’ils contiennent sont en perpétuel renouvellement. Un exemple célèbre est « l’âne du Mont Blanc« , nuage lenticulaire qui coiffe fréquemment le Mont Blanc. Un autre est la « nappe » de la montagne de la Table, à côté de la ville du Cap, en Afrique du Sud. Près des côtes en effet, surtout lorsqu’elles présentent un certain relief, les vents en provenance de la mer sont forcés à monter et il se produit des ondes -utilisées par les adeptes du vol stationnaire et par les mouettes- qui peuvent donner lieu à des nuages d’ondes.

Or, en montagne, les ondes formées sur les reliefs ne se limitent pas à l’onde située juste au-dessus du sommet d’une montagne. Un « train d’ondes » se forme alors et il peut donner lieu à une série de nuages lenticulaires au sommet de chaque onde.

Les nuages lenticulaires présentent généralement un aspect très compact, ce qui peut donner l’impression s’ils sont observés de loin, qu’ils sont constitués de matière solide. Suivant la façon dont ils sont éclairés par les rayons du soleil, ils présentent également des colorations variées et parfois très vives (orange, rose, rouge, violet).

L’explication froidement scientifique nuit bien évidemment à la poésie et au pouvoir fantasmatique de ces étranges concrétions nuageuses.

Mais la vision de ces masses floconneuses aux formes hallucinées et à la placidité trompeuse nous conduit encore à nous émerveiller face aux fastes de la Nature.

Des moments rares. De plus en plus rares…

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