Artamène ou Le Grand Cyrus

Artamène ou le Grand Cyrus : une grande histoire...

Dès le début du mois de Juillet, on voit fréquemment sur les plages des vacanciers courageux qui s’efforcent d’oublier les ardeurs du soleil en se plongeant dans la lecture de romans dont l’épaisseur impressionne : 700 pages, 900 pages. Parfois mille pages…

Nous n’avons aucune leçon a donnée, car notre premier roman étant riche de 190 000 mots, cela fait environ 750 pages dans un format traditionnel.

Toutefois, ces « pavés » sont des nains littéraires (dans une approche quantitative au moins) en comparaison des grands romans du XVIIe siècle.

Le plus connu -« L’Astrée » écrit par Honoré d’Urfé et publié entre 1607 et 1627- nous importe tout particulièrement car son héroïne a un rôle très important dans « Cathédrales de brume ».

Et ce rôle ne fera que croître dans les deux romans qui complèterons ce « triptyque de l’abîme ».

L’Astrée est un roman pastoral qui est souvent définit comme étant « le Roman des romans ». Ceci est naturellement lié à sa taille : 5 400 pages… mais aussi au fait qu’on le considère comme le premier roman-fleuve de la littérature française avec ses 40 histoires s’imbriquant en une étonnante mosaïque d’intrigues amoureuses où le séduction et la jalousie trônent sans cesse.

Mais L’Astrée ne fut pas seul.

Le XVIIe siècle symbolisa rapidement le vivier d’une littérature « héroïque et précieuse » dont les principaux artisans furent Marin Le Roy de Gomberville (1600-1674) et Gautier de Costes de La Calprenède (1614-1663).

Le premier écrivit Carithée (1621), puis Polexandre (5 volumes, 1632-1637). Le second, qui fut aussi connu pour ses tragédies et tragi-comédies, fut l’auteur prolifique de Cassandre (1642-1645) en 10 volumes, Cléopâtre, la belle Égyptienne (1646-1658) en 12 volumes et Faramond ou l’Histoire de France dédiée au Roy (1661-1670) en 7 volumes. L’œuvre demeura inachevée.

Cette volonté affichée et revendiquée de composer des intrigues sans fin trouva même sa place au théâtre.

L’exemple le plus connu est celui d’une tragédie se décomposant en huit « poèmes dramatiques » de cinq actes chacun, soit 40 actes et 12 000 vers…

Ce « monstre théâtral » fut écrit au début du XVIIe siècle par Alexandre Hardy ; son titre « Les Chastes et loyales amours de Théagène et Chariclée ». Basée sur le roman grec d’Héliodore, cette tragédie est naturellement injouable en raison de sa longueur qui rebuterait les spectateurs les plus motivés.

Toutefois, les romans les plus connus pendant cette période (hormis « L’Astrée ») sont ceux de Madeleine et Georges de Scudéry.

On attribue généralement la part la plus importante de ce colossal travail à Madeleine de Scudéry.

Ses trois plus célèbres « épopées » sont : Ibrahim ou l’Illustre Bassa (1641-1642), Clélie, histoire romaine avec sa célèbre carte du Tendre (dix volumes entre 1654 et 1660) et Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653).

Nous allons nous intéresser à ce dernier qui demeure incontestablement le plus long roman de toute la littérature française…

En effet, Artamène ou le Grand Cyrus comporte 13095 pages dans l’édition originale. Celle-ci est répartie en dix tomes (ou parties), divisés chacun en trois livres.

La narration met en scène près de quatre cents personnages, dans une intrigue complexe organisée par l’alternance d’une histoire principale (histoire cadre) et d’histoires secondaires (histoires intercalées), régulièrement réparties au fil des dix tomes. Le contenu narratif est double : l’histoire principale (celle de Cyrus et Mandane) et une impressionnante série d’histoires secondaires.

L’histoire principale narre les multiples péripéties de la longue conquête amoureuse de Cyrus -le célèbre roi de Perse vivant au VIe siècle av J.C.- auprès de la princesse Mandane. Les principaux obstacles à cette conquête sont d’ordre interne (les réticences de Mandane) et externe (l’opposition parentale, puis les actions des rivaux). Par ailleurs, en cherchant à séduire, puis à retrouver Mandane, Cyrus est amené à entreprendre une série de conquêtes militaires qui font chacune l’objet d’un récit détaillé.

La narration fait dès lors appel à un substrat de références historiques provenant d’Hérodote et de Xénophon, essentiellement les noms de lieux, de personnages, et la succession d’événements que l’histoire a généralement validée. Toutes ces données consolident un récit qui, pour le reste, ne tient pas vraiment compte de la chronologie.

La présentation de l’histoire n’est pas linéaire car le récit commence « in medias res ». Le lecteur se trouve donc directement immergé dans l’action sans connaître l’origine des conflits et passions qui parsèment l’intrigue

Le déficit d’information du lecteur est donc compensé par le biais de retours en arrière ou de développements latéraux sous la forme d’histoires narrées par l’un des personnages de l’histoire principale. Celles-ci sont présentées comme des unités autonomes et sont mises sur le même plan que les histoires secondaires. L’histoire de Cyrus et de Mandane représente donc approximativement la moitié du roman.

L’autre moitié du roman est occupée par des histoires secondaires qui impliquent des personnages de second plan de l’intrigue ou dont les apparitions sont épisodiques. Ces histoires ne contribuent guère à la progression de l’intrigue principale. Toutefois, elles ne lui font pas concurrence en raison de leur dimension restreinte et de leur caractère clos.

En dépit de son organisation gigantesque et labyrinthique, le contenu narratif correspond à une matière romanesque familière au lecteur actuel, telle que récits d’événements, scènes, dialogues des protagonistes, descriptions de lieux ou de personnages.

Toutefois la nature de ces éléments repose très souvent sur des stéréotypes du roman héroïque, baroque et précieux de l’époque : enlèvements de l’héroïne, fausses morts, duels, tempêtes, lettres, oracles, monologues des héros, etc.

Certains des lecteurs de notre blog se demandent peut-être, à cet instant, pour quelle raison nous mettons en lumière un roman écrit il y a 350 ans et qui n’a pas été réédité depuis des siècles en raison de son ahurissante longueur.

L’intérêt de cette épopée perse en forme d’uchronie (l’histoire fait ostensiblement référence à une réalité et à des événements contemporains au règne du Roi Soleil) n’est pas lié à ses qualités littéraires. Ce qui nous fascine ici se singularise essentiellement à travers une volonté de « tout raconter ».

Naturellement, tout raconter est impossible et nous en avons fait l’abrupt constat en nous efforçant de narrer une histoire s’éternisant sur trois millions d’années… Mais si cette ambition ahurissante est systématiquement vouée à l’échec, la tentative est excitante.

Narrer une très longue histoire dans le détail n’implique pas seulement un désir d’exhaustivité qui symboliserait en soi une finalité parfaitement inféconde. Le réel intérêt de la démarche se résume en une phrase toute simple : chaque réponse est une nouvelle question… Si vous faites le choix de vous approprier totalement cette expression, vous découvrirez rapidement qu’elle donne un sens congru à l’existence.

Elle justifie à elle seule tous les efforts que les êtres humains font parfois afin de « hausser le réel d’un ton » comme le synthétisait Bachelard.

Grâce aux romans labyrinthiques de Madeleine de Scudéry, toutes les réponses deviennent de nouvelles questions. La mise en abyme est totale.

Et c’est à cet instant précis que le processus littéraire devient passionnant, car il nous pousse à observer et analyser enfin la partie invisible de l’iceberg de la Vie.

Celle que l’on occulte, parfois, pendant toute notre existence. Celle qui fascine.

Celle qui fait peur…

Protéiformes et dantesques : les « sphères de Dyson »…

Des structures colossales dérivant dans l'espace et s'alimentant de l'énergie provenant d'une ou plusieurs étoiles

Dans un article récent nous avions mis en lumière la possible existence d’entités étranges : les « cerveaux de Boltzmann ». Ces derniers sont le fruit d’une hypothèse qui prédit que les fluctuations de l’énergie du vide pourraient faire apparaître de façon aléatoire des « observateurs » dits Boltzmann Brains, lesquels pourraient venir en concurrence avec les observateurs humains dans l’observation de l’univers. Un « cerveau de Boltzmann » serait donc une entité consciente née d’une fluctuation aléatoire provenant d’un état fondamental de chaos thermique.

Nous abordons aujourd’hui une autre hypothèse mettant en œuvre des structures extrêmement complexes et sophistiquées : les « sphères de Dyson »…

En 1960, l’astronome Freeman Dyson publie l’article « Search for Artificial Stellar Sources of Infrared Radiation » dans la revue Science. Dyson suggère qu’une civilisation extraterrestre très avancée utiliserait le maximum d’énergie émise par son soleil. Dans ces conditions, Dyson propose de rechercher la présence de telles structures artificielles pour traquer l’existence d’extra-terrestres. Il s’inspire pour cela du roman de science-fiction « Star Maker » d’Olaf Stapledon.

Nous rappelons à cet instant que de nombreux commentateurs de notre premier roman : « Cathédrales de brume » établirent une vraie parenté entre les univers conçus par notre héros principal (Amaranth heliaktor) avec ceux décrits par Stapledon…

Pour en revenir à l’hypothèse de départ, une étoile encapuchonnée par une sphère artificielle serait très peu lumineuse, mais émettrait une très forte radiation infrarouge, provenant de la sphère de Dyson elle-même.

Or, plus une civilisation progresse, plus ses besoins énergétiques croissent. Nous sommes bien placés pour le savoir !

Pour une race extraterrestre ayant dépassé le potentiel énergétique de sa planète nourricière (là encore, cette problématique résonne crûment à nos oreilles…), son étoile devient alors une nouvelle source d’intérêt. Chaque soleil similaire au nôtre dégage énormément d’énergie dans l’espace, dont une très grande part pourrait être récupérée par un ensemble de collecteurs solaires répartis autour de l’étoile.

Une telle structure permettrait à une civilisation ingénieuse de se développer durablement sans se soucier des ressources spécifiques à sa planète d’origine. C’est ce que l’on appelle « sphère de Dyson ».

Selon la théorie, il existe trois grands types de sphères de Dyson.

Celles de type I ne couvriraient pas totalement leur étoile (on parle alors d’essaims de Dyson) et se comporteraient comme des réseaux de collecteurs en orbite. Indépendants ou en groupes denses, ils pourraient ainsi récolter l’énergie solaire et faire vivre des stations spatiales. C’est actuellement le type de sphère le plus réaliste pour un type de civilisation comme la nôtre. A condition -bien sûr- d’avoir préalablement validé le principe d’une véritable gouvernance mondiale pérenne et non assujettie aux caprices et aux egos de nos dirigeants…

Les « sphères de Dyson » de type II (on parle alors de coquille de Dyson) engloberaient dans une structure rigide quasiment toute la surface sphérique autour de l’étoile tutélaire. Elle cacherait ainsi sensiblement sa luminosité et pourrait même être aménagée à sa surface.

Pour simplifier, imaginons que la sphère soit placée à une distance égale à la distance Terre-Soleil et qu’elle soit dotée, à sa surface, de multiples biosphères et stations spatiales autoalimentées par l’énergie solaire collectée par la sphère… On peut aussi imaginer une coquille de Dyson couverte d’une épaisse atmosphère, et abritant des continents et des océans. Dans ce cas, le rayon de cette « coquille » serait égal à 150 millions de kilomètres !

Mise en rotation, la coquille de Dyson pourrait créer une pseudo-gravité par force centrifuge au niveau de son équateur. Toutefois, les forces de tension, effets de marée et contraintes mécaniques créés par l’étoile la rendraient instable. Une sphère de Dyson étant creuse, elle ne peut pas créer de force gravitationnelle uniforme vers sa face interne. L’atmosphère, les continents et les océans tomberaient donc vers le soleil ! Dans cette perspective, il faudrait alors disposer la biosphère sur la face extérieure, et s’arranger pour que l’énergie collectée puisse également servir à éclairer la phase obscure.

Il resterait encore l’épineux problème lié à une très faible gravité Il faudrait donc considérablement accroître la pression atmosphérique pour compenser la faible gravité. La mission n’est donc nullement impossible, mais le travail est colossal et outrepasse totalement nos capacités actuelles…

Plus sophistiquées encore, les « sphères de Dyson » de type III (on parle alors de bulles de Dyson) seraient constituées de statites (mot juxtaposant statique et satellite) : des satellites suspendus à d’énormes voiles solaires et « flottant » grâce à la pression des radiations solaires afin de ne pas être soumis à la force gravitationnelle de l’étoile. Un statite devrait avoir une densité de l’ordre de 0,75 g/m² afin de voguer à une distance égale à celle séparant notre Terre du soleil. Cette méthode a l’avantage de nécessiter beaucoup moins de matière, mais les meilleurs matériaux actuels à base de fibres de carbone atteignent les 3 g/m². On est donc très loin du compte…

Nébuleuse galactique ou sphère de Dyson ?

Au niveau des principes généraux nécessaires à la construction de ces gigantesques « sphères », une étoile contenue dans une sphère de Dyson ne serait pas directement visible de l’univers extérieur car la structure artificielle l’entourant la dissimulerait totalement (au moins dans l’hypothèse de type II). Toutefois, la sphère de Dyson émettrait elle-même une quantité équivalente d’énergie sous forme de lumière infrarouge à cause de la transformation du rayonnement de l’étoile en chaleur. De plus, comme les sphères de Dyson seraient composées de matière solide au lieu de gaz chauds, le spectre d’émission de la sphère de Dyson ressemblerait plus au spectre d’un corps noir qu’à celui d’une étoile ordinaire.

Pour augmenter le gradient de température l’efficacité du processus de récupération d’énergie, les astucieux « architectes cosmiques » pourraient réfléchir la lumière de la surface intérieure de la sphère vers certaines zones de sa surface extérieure. Par ailleurs, une structure de ce type modifierait les caractéristiques spectrales propres de l’astre central car elle renverrait du rayonnement vers l’étoile…

Naturellement, cette séduisante hypothèse titille immédiatement l’imagination de tout romancier de science-fiction (ce fut déjà le cas pour L. Niven avec « L’anneau-monde », L. Genefort avec « Le cycle d’Omale » ou J. M. Aguilera avec « Mondes et démons » par exemple). Pour ceux qui -comme nous- écrivent à quatre mains, cette théorie décuple encore la créativité et le pouvoir fantasmatique…

On peut ainsi concevoir des « sphères de Dyson » qui ne se contentent pas de capturer toute l’énergie d’une étoile « normale » comme notre soleil, mais on peut imaginer le même principe organisé autour d’une géante bleue (comme Rigel par exemple), mais aussi autour d’un système double, voire d’un… trou noir !

On se prend à rêver en observant une structure domptant l’énergie cannibalisée par un trou noir et qui permettrait peut-être alors de franchir ces « portes d’abîme » permettant de relier deux points très distants de notre univers en un millième de seconde…

On peut même concevoir une « sphère de Dyson » englobant une galaxie elliptique en se nourrissant de l’énergie de ses centaines de milliards de soleils !

On peut aussi utiliser les fantastiques propriétés de la gravitation quantique (que ce soit par le biais de la Théorie des cordes ou de la Gravitation quantique à boucles) afin d’optimiser encore ces « archipels cosmiques » en leur conférant un statut énergétique et gravitationnel qui les métamorphose en univers en miniature.

Sachant que nos instruments d’investigations spatiaux décryptent moins de 5% de l’ensemble de notre univers, les potentialités réelles des « sphères de Dyson » sont donc presque infinies.

Or seul la compréhension de l’infini donne son vrai sens à la vie. Avec la mort…

Infos récentes, projets…

Projets (romans, nouvelles, essais, série TV) pour Oksana et Gil dans les mois à venir...

Depuis la sortie de notre second roman en Mars 2010 : « Katharsis » http://www.interkeltia.com/Fiches-livres/f-katharsis.htm nous ne sommes pas vraiment restés inactifs…

Voilà un petit descriptif de nos activités récentes et projets à court terme :

–       nous avons écrit une nouvelle pour une anthologie intitulée « De capes et d’esprits » qui reprend la thématique des mousquetaires sous des formes très variées (fantastique, SF, Fantasy…). Cette anthologie sortira pendant l’hiver aux Editions Rivière blanche : http://www.riviereblanche.com/capes02.htm ,

–       nous venons de terminer un essai intitulé : « Les métamorphoses d’Eros ». Ce dernier met en lumière le concept de « vision holistique du Monde » que nous avions abordé dans « Katharsis ». Voilà sa présentation : « En 2050 nous serons neuf milliards d’êtres humains sur Terre… Les effets du réchauffement climatique se feront cruellement sentir dans tous les domaines : environnemental, économique, social. Les guerres pour l’eau commenceront, l’énergie sera de plus en plus chère, les ressources naturelles s’épuiseront au rythme de nos procréations et de nos appétits illimités de consommation. Et pendant ce temps là nous n’aurons toujours qu’une seule planète à notre disposition… Les quelques lignes qui précèdent ne sont nullement les premiers éléments d’un synopsis de film catastrophe à gros budget. Les échecs récents du Sommet de Copenhague et de la Conférence de Doha -sans compter un Grenelle de l’environnement aux ambitions rognées- démontrent que l’Homme ne lâchera rien… Il détruira notre planète, l’asséchera et la polluera sans se soucier de l’avenir de nos descendants. Tant pis pour eux ! Doit-on capituler ? Doit-on se dissimuler les réalités à venir ? Doit-on condamner cinq millénaires de civilisation en un seul siècle de démesure ? Romanciers de science-fiction et duo littéraire atypique (une star du X passionnée de cosmologie et un amateur de Dark metal féru de philosophie néoplatonicienne) Oksana et Gil Prou proposent une alternative orchestrée autour d’une idée simple : promouvoir une vision holistique du Monde. L’outil de cette promotion : les femmes… La finalité : remplacer progressivement les concepts de domination et d’asservissement par ceux centrés sur l’association et la complémentarité. Nos différences nous enrichissent affirme-t-on souvent et bien prouvons-le ! Oksana et Gil Prou vont jusqu’au bout de cette démarche dans cet essai prémonitoirement intitulé : « Les métamorphoses d’Eros ». En effet, l’Eros grec symbolise le pouvoir attractif qui force les éléments à se joindre et à créer la vie, il assemble, mélange, unit. Loin du Cupidon romain qui roucoule et envoie des flèches aux amants trop timides, Eros cristallise en lui le désir qui rapproche et engendre les mondes. Soucieux d’aller au-delà des mots et des idées, les auteurs matérialisent cette vision holistique du Monde à travers un ambitieux projet humanitaire : le « Projet Hypérion » qui permettrait de sauver des milliers de vie à chaque grande catastrophe naturelle (tremblement de terre, inondations, raz-de-marée). « Les métamorphoses d’Eros » s’efforce à réveiller le dormeur qui gît en nous. Or ce long sommeil sera porteur de tragédies environnementales et humaines dès le milieu de ce siècle. L’heure est probablement venue de regarder la réalité en face et de porter enfin un regard neuf sur notre planète, notre vie et le sens à lui donner. Cette vision holistique du Monde est un jalon important. Mais il faut faire vite. Très vite…

–       nous travaillons désormais avec l’écrivain et scénariste Joël Houssin qui fut, par exemple, le scénariste de films comme « Ma vie est un enfer » avec Josiane Balasko, Daniel Auteuil et Richard Berry, « Dobermann » avec Monica Bellucci et Vincent Cassel et de séries TV comme « David Nolande » avec Frédéric Diefenthal ou « Eternelle » avec Claire Keim. Le nouveau concept auquel nous participons au niveau de l’écriture des synopsis et de certains scénarios est une série fantastique intitulée : « Cauchemars à louer »,

–       enfin, nous avons commencé l’écriture de deux nouveaux romans. Le premier est un roman historique se passant à l’époque des Perses et s’inspirant des récits d’Hérodote. Le second est un pur récit de science-fiction halluciné et gothique. C’est en fait la suite de… « Katharsis » ! Mais une suite vraiment très décalée. Dans tous les sens du terme…

Affaires à suivre…

Celles qui nous survivront dans un milliard d’années…

Des créatures étranges hantaient déjà le fond de nos océans il y a deux milliards d'années...

Nous vous convions à un exercice pratique déroutant.

Elargissant à chaque instant le champ de nos investigations afin de s’approprier un regard différent sur la Nature et sur nous-mêmes (regard que nous définissons dans notre second roman et notre nouvel essai : « Les métamorphoses d’Eros » comme étant une vision holistique du Monde) nous mettrons aujourd’hui en lumière les êtres les plus fascinants qui soient : les bactéries extrêmophiles.

A cet instant, vous devez probablement vous demander si nous n’avons pas brutalement perdu la raison.

Comment pourrait-on s’extasier sur l’existence de certaines bactéries ?

Cette seule interrogation révèle déjà l’étendu des progrès à faire. Partir du principe rigide et sclérosant que des êtres unicellulaires invisibles à l’œil nu sont sans intérêt symbolise en réalité une formidable fermeture au monde.

Laissons donc entrer la lumière…

Une bactérie extrêmophile est un être qui vit dans des conditions qui seraient mortelles pour n’importe quelle autre créature. Ces conditions extrêmes sont, par exemple, des températures supérieures à 100° ou inférieures à 0°, des pressions colossales, des milieux très acides ou exagérément chargés en sel. Ceci peut concerner aussi des milieux très radioactifs ou sans oxygène. Bref des environnements peu recommandables et dans lesquels on ne souhaiterait vraiment pas séjourner trop longtemps.

Pourtant, d’innombrables bactéries vivent dans ces milieux proches de l’Enfer décrit par Dante.

On les trouve dans les glaces de l’Antarctique, dans les eaux de la Mer Morte, dans des gisements pétroliers, dans des cheminées hydrothermales sous-marines. Elles portent souvent des noms empreints d’une réelle poésie surréaliste. On peut citer : Pyrolobus fumarii, Sulfolobus acidocaldarius ou Bacillus infernus.

Ces êtres ont donc développé une résistance exceptionnelle à des conditions de vies totalement inhumaines. Au-delà de l’ « exploit sportif », ceci nous conduit à élargir fantastiquement notre regard sur la problématique de la vie dans l’univers.

En effet, la vie est apparu sur Terre il y a 3,8 milliards d’années dans un environnement atroce : pas d’oxygène, pas d’eau et des coulées d’acide et de soufre un peu partout. Charmant…

Pourtant, ces formes de vie embryonnaire se sont lentement développée bien avant l’explosion du Précambrien il y a 650 millions d’années. L’existence de ces bactéries extrêmophiles à notre époque démontre éloquemment les phénoménales capacités d’adaptation de la Nature.

Ceci ouvre naturellement la porte à toutes les suppositions quant à la possible existence de formes de vies embryonnaires sur Mars et sur certains satellites de Jupiter (on pense immédiatement à Europe), de Saturne, d’Uranus ou de Neptune.

Le climat est probablement plus accueillant dans le sous-sol de Mars ou dans les eaux d’Europe que dans les cheminées hydrothermales qui vomissent une eau sulfurée et brûlante au fond de l’Océan Atlantique !

Le mystère de la Vie conforte encore notre émerveillement. Une fois de plus.

Par ailleurs -et ceci justifie pleinement le titre de cet article- lorsque l’être humain aura disparu en provoquant lui-même la 6eme extinction de masse affectant notre planète, les bactéries extrêmophiles continueront à vivre parfaitement.

Pendant plusieurs milliards d’années encore…

Mais la Nature nous réserve d’autres surprises que des recherches très récentes viennent de mettre en évidence. En effet, des découvertes issues d’un travail géologique dans une carrière de grès près de Franceville, au Gabon, révèlent l’existence de fossiles d’êtres multicellulaires beaucoup plus anciens que prévu. En effet, ces êtres aux formes étranges sont pétrifiés dans des roches vieilles de… plus de deux milliards d’années !

Or les être multicellulaires les plus anciens connus actuellement -que l’on appelle « faune d’Ediacara »- sont âgés de… 650 millions d’années !

En quelques semaines, on vient ainsi de repousser les limites chronologiques de l’émergence de la vie vraiment organisée sur Terre (car ces fossiles font quand même jusqu’à 12 centimètres de diamètre…) dans un rapport de 1 à 3.

Des fossiles qui repoussent très loin dans le temps les origines de la vie sur Terre

Deux hypothèses peuvent être prises en compte ici. Soit cette vie est demeurée linéaire, stable et sans réelle évolution depuis cette lointaine époque jusqu’aux lisières du précambrien (c’est-à-dire une étonnante stabilité pendant 1 milliard 300 millions d’années !!!), soit un ou plusieurs cycles complets de vie existèrent avant la faune d’Ediacara.

Le processus est fascinant car les conditions climatiques étaient extraordinairement différentes des nôtres il y a deux milliards d’années

La Lune était plus proche et les marées étaient gigantesques. Le jour était plus court de plusieurs heures et notre planète tournait beaucoup plus vite sur elle-même. Le soleil était perpétuellement masqué par une atmosphère épaisse, rougeâtre, beaucoup plus dense qu’aujourd’hui et si chargée en gaz carbonique qu’elle tuerait immédiatement toutes les créatures vivant actuellement sur Terre (hormis les poissons abyssaux bien sûr).

Il y a deux milliards d’années, la teneur en oxygène représentait environ 10% seulement du taux actuel. Trop peu pour qu’une barrière d’ozone protège la Terre des UV agressifs du Soleil, mais suffisamment pour que l’oxygène pénètre à 30 à 40 mètres sous la surface des océans… et donc permette l’émergence d’êtres de grande taille au métabolisme élevé.

Cette mise en abyme est fantastique et nous ouvre, une fois de plus, des horizons nouveaux. Des horizons inédits.

Des horizons qui émerveillent l’esprit et font battre le cœur un peu plus fort…