Au cœur du soleil

Le coeur d'une étoile bat pendant quelques milliards d'années, puis... il explose !

« Le bruit du soleil claque, extatique et lointain »

Georg Trakl – En chemin

Tout le monde connaît le soleil. Tout le monde connaît son importance vitale pour notre planète et pour les êtres qui y vivent.

Tout le monde enfin sait que le soleil est une étoile.

Après… les choses se compliquent !

Sans entrer dans des précisions qui sont du strict domaine de l’astrophysique et de la nucléosynthèse stellaire, quelques précisions pourront être utiles pour celles et ceux qui se posent des questions quant au rôle de l’astre tutélaire qui darde ses rayons bienfaisants vers la Terre.

Le soleil est donc l’étoile centrale de notre système solaire.

Pour mémoire, rappelons qu’il y a plus de cent milliards d’étoiles dans notre galaxie et plus de cent milliards de galaxies dans notre univers…

Si le rôle du soleil dans la galaxie est totalement anecdotique, il est crucial au sein de notre système solaire car l’astre du jour représente plus de 99% de la masse totale de ce même système !

Son moteur énergétique est la fusion nucléaire qui transforme en son centre l’hydrogène en hélium. Actuellement la masse totale du soleil est composée de 74% d’hydrogène et de 24% d’hélium. Le reste étant représenté par des matériaux plus lourds qui constituent les cendres de ces réactions thermonucléaires en équilibre hydrostatique.

Cela signifie que notre étoile est -actuellement- en parfaite équilibre : ni contraction, ni dilatation.

Cet équilibre est vital pour nous car une variation de 5%, que ce soit au niveau de la luminosité, de la puissance énergétique ou de la taille, serait tout simplement létale pour l’humanité.

Le soleil est une étoile jaune assez classique car il existe plus de cent millions d’étoiles qui possèdent les mêmes caractéristiques en terme de taille, de couleur et de température de surface (5 800° K).

Afin d’être exhaustif, précisons enfin que le soleil gravite autour du centre de la Voie lactée au même rythme que l’ensemble de notre galaxie. Une rotation complète s’effectue en 220 millions d’années.

Nous nous situons à 28 000 kilomètres du centre de notre « univers-île ».

Là encore, cette position est favorable car les étoiles qui sont trop proches du centre de la galaxie subissent les effets d’une densité stellaire trop importante. A titre d’exemple, si le soleil était près du centre de notre galaxie… il ne ferait jamais nuit !

Comme la majorité des astres, le soleil tourne sur lui-même. Cette giration s’effectue en 27 jours, mais l’astre du jour n’étant pas un corps « solide », cette rotation est différentielle. Ceci signifie que cette rotation est beaucoup plus rapide à l’équateur solaire (25 jours) qu’aux pôles (35 jours).

Enfin, le soleil effectue aussi une rotation autour du « barycentre » de notre système solaire, Cette bizarrerie apparente est liée à la masse de Jupiter (un millième de la masse solaire) qui implique que le centre du système solaire ne se situe pas juste au centre du soleil -ce qui paraîtrait logique- mais un peu décalé.

Nous avons intitulé cet article « au cœur du soleil » ; le moment est donc venu de nous plonger dans la fournaise stellaire.

Sa structure interne est relativement simple. Elle est hiérarchisée en quatre zones organisées en « pelure d’oignon ».

En partant de la périphérie nous avons tout d’abord la photosphère, qui constitue la partie visible du soleil. Son épaisseur est d’environ 400 kilomètres (le rayon du soleil représente 700 000 kilomètres !).

Cette mince pellicule nous donne toutefois d’importantes informations relatives à la constitution du soleil. La température moyenne oscille autour de 6 000° K.

Surface du soleil vue de très près... Chacun des nodules de plasma visible sur cette photo fait en moyenne la taille de l'Australie.

Puis vient la zone de convection qui s’étire entre 210 000 kilomètres de la surface et la mince couche représentée la photosphère. Dans cette partie, la matière solaire n’étant ni assez chaude, ni assez dense pour évacuer la chaleur centrale par radiation, celle-ci s’échappe par convection. Ce puissant mouvement vertical expulse la chaleur vers la photosphère en la faisant passer de deux millions de degrés à 5 800°…

Plus profondément enfouie dans les entrailles de l’étoile qui nous abreuve de ses feux, la zone de radiation s’étale de 525 000 kilomètres (toujours par rapport à la surface du soleil) jusqu’à la zone de convection.

Beaucoup plus chaude et plus dense, la matière solaire transmet sa chaleur par le biais de la radiation thermique.

Enfin, le cœur du soleil (nous y voilà !) symbolise une colossale sphère partant du centre et dont le rayon est égal à 25% de celui de l’étoile, soit 175 000 kilomètres.

Sa densité moyenne est ahurissante : 150 fois la densité terrestre !

Sa température est tout aussi affolante : 15 millions de degrés !!

C’est naturellement au sein de ce noyau extrêmement dense et extrêmement chaud que s’effectuent les réactions de fusion nucléaire qui transforment l’hydrogène en hélium. Ce milieu est si étrange, si apocalyptique, que les lois usuelles de la Physique semblent y être bafouées.

Un seul exemple suffit.

Sachant que la vitesse de la lumière est égale à 300 000 kilomètres par seconde, on constate aisément que la lumière du soleil (situé à 150 millions de kilomètres de la Terre) met 500 secondes pour atteindre notre planète, soit huit minutes et trente secondes.

Ceci est parfaitement logique.

Sachant que le rayon du soleil est égal à 700 000 kilomètres, combien de temps faut-il à la lumière émise par le centre pour atteindre la périphérie de l’étoile ?

La réponse « logique » serait : deux secondes et demi.

En fait, cette lumière met un peu plus de temps pour atteindre la périphérie de la photosphère, car la réponse est comprise entre… 17 000 et 50 millions d’années !

Cette aberration apparente est liée au fait que l’énergie partant du centre doit rayonner à travers d’innombrables couches successives avant d’atteindre la photosphère sous la forme de rayonnement solaire ou de flux de particules.

Ainsi, les photons libérés lors des réactions de fusion torturant le cœur du soleil sont ralentis par les interactions avec la matière hyper dense et par les phénomènes récurrents d’absorption et de réémission à plus basse énergie.

C’est ainsi que nos malheureux photons divaguent pendant quelques centaines de milliers d’années avant de s’échapper enfin dans l’espace.

Le soleil vit, son cœur bat sans cesse.

Et le nôtre à l’unisson.

Les singularités propres au soleil nous démontrent, une fois de plus, que le visible n’est qu’une infime partie du Tout.

C’est ce constat que nous développons dans nos romans. Constat qui nous conduit à transgresser sans cesse afin d’annihiler le carcan des apparences…

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