Le jour où l’humanité faillit disparaître…

L'éruption d'un supervolcan entraînerait un long "hiver volcanique", anéantissant ainsi sept millénaires de civilisation...

Nous vous proposons de faire ensemble un petit bond dans le temps. Dans le passé pour être précis. Au Moustérien en fait.

Nous sommes en 74 000 av JC…

Pas de panique. Notre navette temporelle est toute récente et nous devrions, normalement, pouvoir revenir sans encombre à notre époque. Nous l’espérons en tout cas.

Arrivant incognito dans l’île de Sumatra, nous découvrons progressivement une population très clairsemée. Les humains de cette lointaine époque sont des néanderthaliens qui vivent chichement de cueillette, de chasse et de pêche plus ou moins fructueuses. Naturellement, ils ne connaissent pas encore l’agriculture et l’élevage qui ne seront inventés que quelques centaines de siècles plus tard.

La vie est rude, mais quelques millions d’êtres humains peuplent déjà notre bonne vieille Terre qu’aucune pollution ne souille encore.

Nous les regardons vivre paisiblement lorsque, soudain, des grondements titanesques viennent du sol, vrombissant et meuglant tels des bovidés affolés.

En quelques instants l’espace se contorsionne, se vrille, éructe une douleur infinie…

La plaine environnante et les forêts qui l’encerclent dilatent l’horizon. Puis elles s’éparpillent en milliards de fragments enflammés !

En une fraction de seconde, une monstrueuse explosion tellurique soulève le paysage et propulse des centaines de milliards de tonnes de roches et de magma dans l’atmosphère.

Sous nos yeux ébahis le supervolcan niché sous le lac Toba vient d’entrer en éruption.

Si notre navette temporelle était bien réelle, et non une pure fiction, nous serions morts instantanément. En effet, une éruption de cette importance détruit toute vie dans un rayon de mille kilomètres autour de la bouche de l’Enfer qui s’ouvre ainsi en révélant l’intimité de notre planète, c’est-à-dire le magma qui gronde sous l’écorce terrestre depuis plus de quatre milliards d’années et qui s’accumule, parfois, dans des chambres magmatiques aux proportions cyclopéennes.

Dans les minutes qui suivent cette colossale éruption qui projeta 3 000 kilomètres cube de roche, de lave et de magma dans les plus hautes couches de l’atmosphère (soit environ 10 000 fois la taille de l’éruption du volcan St Helens en 1980 !), des nuées de gaz corrosifs et de cendres brûlantes envahissent l’île de Sumatra.

Quelques instants plus tard, d’épouvantables fleuves de coulées pyroclastiques anéantissent toute vie.

Mais le drame le plus atroce est ailleurs…

Indépendamment de leur pouvoir de destruction incomparablement supérieur à celui des volcans habituels, la singularité la plus extravagante des supervolcans se situe au niveau des conséquences liées à l’éjection d’une masse de roches et de gaz dans l’atmosphère égale ou supérieure à une chaîne de montagne tout entière !

Le résultat est apocalyptique, car ces quantités ahurissantes de matières en suspension forment très rapidement un épais nuage qui encapuchonne toute notre planète…

La conséquence est presque immédiate : 98% des rayons solaires sont occultés. Et ceci pendant quelques décennies !

Résultat : la température baisse vertigineusement et la photosynthèse s’interrompt presque totalement. Les deux effets combinés se soldent par l’omniprésence d’un froid intense et la quasi disparition des plantes dont nos lointains ancêtres se nourrissaient. C’est l’hiver volcanique

La dernière grande éruption d’un supervolcan ayant eu lieu il y a 600 000 ans (à Yellowstone dans le Wyoming) on peut légitimement se demander comment les humains du Moustérien purent survivre à un pareil cataclysme ?

En fait, la majorité des néanderthaliens vivant sur Terre à cette époque périrent. Seule une infime minorité a survécu : entre 1 500 et 10 000 personnes.

Ainsi, après la terrifiante éruption du supervolcan du Toba, la population terrestre a chuté de quelques millions d’êtres humains à… quelques milliers !!!

Les médias n’existant pas encore il y a 74 000 ans, comment pouvons-nous reconstituer cet hallucinant scénario ?

Pour réussir cet exploit, il fut nécessaire d’harmoniser les observations et les travaux de géologues et de volcanologues -ceci paraît logique- mais aussi de biologistes spécialistes de la génétique humaine.

En étudiant le taux de mutation de l’ADN mitochondrien au cours des âges (les mitochondries sont des structures intracellulaires dont le rôle physiologique est capital), quelques scientifiques constatèrent que le patrimoine génétique humain est très stable, alors qu’en 100 000 ans la diversité génétique devrait être infiniment plus marquée en raison des combinaisons génétiques s’accumulant potentiellement pendant cette très longue période.

Seule explication possible à cette très grande uniformité : une diminution drastique de la population mondiale dans un très lointain passé ; diminution qui constitua en quelque sorte un goulot d’étranglement expliquant cette uniformité génétique surprenante.

Or les mutations des mitochondries (encore elles…) s’effectuant avec une très grande régularité, le nombre de ces mutations peut servir d’horloge génétique.

Nos spécialistes découvrirent ainsi que la population mondiale dut choir entre 1 000 et 10 000 habitants ; cet ahurissant holocauste s’étant vraisemblablement produit il y a 80 000 ans.

Un véritable désert démographique s’ensuivit.

La relation avec l’éruption du supervolcan de l’île de Sumatra fut rapidement faite par quelques chercheurs qui démontrèrent que ce cataclysme colossal entraîna la disparition presque totale de l’humanité.

On constatera que les quelques milliers de survivants firent preuve d’une capacité de résistance absolument étonnante. Fascinante même…

Mais n’oublions pas que les néanderthaliens étaient particulièrement résistants au froid, à la faim et à des conditions de vie extrêmement difficiles.

Imaginez un instant ce qui se passerait si le supervolcan de Yellowstone (par exemple) devait entrer en éruption dans les décennies à venir ? Avec neuf milliards d’habitants totalement inféodés au confort et n’ayant absolument plus l’habitude de se battre pour se nourrir…

Imaginez un monde glacial, sans énergie, sans production alimentaire…

Imaginez l’Apocalypse. Puis multipliez par mille !

Voilà ce qui se passerait à notre époque si l’un des 7 ou 8 supervolcans sournoisement tapis dans la croûte terrestre décidait, brutalement, d’entrer en éruption…

Il faut préciser ici que cette théorie n’est pas validée par l’ensemble de la communauté scientifique et que certains mettent en doute ce scénario en forme d’Armageddon.

Laissons ces querelles de spécialistes aux seuls spécialistes…

L’important est ailleurs pour nous et se résume à une question simple : qu’adviendra-t-il de sept millénaires de civilisation humaine si l’un des sept supervolcans enfouis dans l’écorce terrestre entre en éruption dans les décennies ou les siècles à venir ?

La réponse est dans « Katharsis »…

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