Le crépuscule de l’ours blanc

Un court répit pour cet ours blanc dont l'avenir s'obscurcit chaque jour un peu plus

Derrière ce titre de BD se dissimule une vérité qui semble contrarier le bon sens : la banquise arctique se réchauffe deux fois plus vite que l’Antarctique.

On pourrait légitimement imaginer que les effets du réchauffement climatique s’appliquent partout de la même façon. Il n’en est rien.

Nous reviendrons sur ces étranges singularités liées au caractère simultanément imprévisible et irréversible de ce cataclysme climatique que l’Homme a bien imprudemment provoqué.
Afin d’expliquer cette distorsion entre les zones boréales et australes, une première explication vient immédiatement à l’esprit : les glaces sont beaucoup plus épaisses à l’Antarctique que sur la fragile banquise arctique. C’est parfaitement vrai, mais cela n’explique pas la différence d’élévation de température moyenne qui est au Pôle nord presque deux fois supérieure à la moyenne de notre planète.
Les scientifiques ont alors mis en cause l’indice de réfraction (ce que l’on appelle albédo en astronomie et en climatologie). Chacun peut le constater aisément, l’habitacle d’une voiture blanche stationnée en plein soleil sera toujours moins chaud que celui d’une voiture noire. Le blanc réfléchit les rayons solaires alors que le noir les absorbe.

C’est par ailleurs pour cette raison que les ours polaires ont un poil blanc (afin de mieux se dissimuler pour chasser) et une peau noire (afin de capter au mieux les maigres chaleurs polaires). L’épaisse fourrure recouvrant totalement la peau, l’ours paraît ainsi totalement blanc tout en optimisant les effets du soleil boréal.

Pour en revenir à notre albédo farceur, les minces glaces polaires fondant plus vite que l’épaisse calotte antarctique, des zones sombres apparaissent ainsi de plus en plus au nord du Canada et en Sibérie lorsque les forêts l’emportent sur la neige.

Cette hypothèse est réaliste mais elle n’explique pas tout, car lors du long hiver polaire le rôle de l’albédo est inexistant. Et pourtant le réchauffement se poursuit. Inexorablement…
Récemment, des chercheurs britanniques ont démontré que ce réchauffement anormalement élevé est principalement dû à d’importants courants aériens d’altitude (10 000 mètres environ) qui viennent de l’hémisphère nord et perturbent le climat arctique.

Naturellement, ces masses d’air sont saturées de… gaz à effet de serre !

L’examen d’un planisphère se suffit à lui-même. La zone arctique est entourée par l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. C’est à dire un ensemble de pays qui représentent 90% du potentiel de gaz à effet de serre. L’élévation anormale de la température au Pôle Nord s’explique donc essentiellement par l’affolante accumulation de ces gaz dans la zone concernée.

Et comme les Etats-Unis, l’Europe de l’ouest, la Russie, l’Inde et la Chine, ne vont pas ralentir leurs productions industrielles et énergétiques, les ours blancs sont condamnés. Définitivement.
La lecture de deux livres de Jean-Louis Etienne s’impose pour celles et ceux qui refusent de voir mourir notre planète sans se battre : La complainte de l’ours (J’ai lu – collection Récit) et Terre fragile (Hachette).
Terre fragile… ce seul titre explique tout. Mais nous refusons systématiquement de croire ce que nous savons tous dans l’intimité de notre cœur. C’est cette absurdité que nous dénonçons dans notre thriller écologique : « Katharsis ».

Un cri d’alerte et d’espoir, parmi d’autres. Beaucoup d’autres. Cela suffira-t-il ?

On peut hélas en douter en constatant in situ la tragédie écologique qui se déroule actuellement au large des Etats-Unis. En quelques semaines, des trillions de milliards d’animaux vont périr, englués, paralysés, étouffés au sein de nos miasmes et de nos appétits immodérés de consommation.

Nous sommes aliénés au pétrole et le pétrole tue.

Faisant écho à l’essai d’Yves Paccalet : « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! » notre dernier livre met en lumière la possibilité d’une 6eme extinction de masse provoquée directement par l’Homme. Notre thriller ayant déjà démontré -hélas- son caractère prémonitoire sur de nombreux points, espérons seulement que cette ultime issue demeurera une fiction.

L’espoir fait vivre…

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