Chronique de Katharsis sur le site L’Autre Monde

L'Homme du XXIe siècle sera-t-il responsable de la 6e extinction de masse affectant notre planète ?

Décidément Oksana et Gil Prou n’ont pas fini de nous surprendre. Avec leur nouveau roman, les deux auteurs nous offrent un thriller d’anticipation écologique et apocalyptique.

Le principe est simple : en 2033, une organisation éco-terroriste vient de lancer un ultimatum aux nations. Si dans 18 jours aucun accord n’a été trouvé pour répondre à leurs 3 revendications (réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre, supprimer l’esclavage économique et arrêter de détruire les forêts), les éco-terroristes supprimeront l’Homme de la surface de la Terre. Puisque l’être humain ne fait que piller les ressources naturelles sans se soucier du lendemain, il est devenu un poison pour la Terre.

Toutes les tentatives d’accords se sont soldées par des échecs. Alors, en ayant le couteau sous la gorge, peut-être que les pouvoirs politiques prendront enfin les décisions qui s’imposent depuis plusieurs dizaines d’années ?

Ou peut-être pas !

Nous allons suivre les débats qui vont animer l’ONU, qui en 2033 est aussi inefficace qu’à l’heure actuelle. Et découvrir que malgré le bon sens des revendications des éco-terroristes, les chefs d’état dans leur grande majorité ne vont s’occuper que de leur petit nombril en se demandant : est-ce que la menace est réelle ? Est-ce que mon pays risque quelque chose ? Pourquoi devrais-je négocier avec des terroristes ?

Enfermés dans leurs tours d’ivoire, les décideurs politiques vont se détourner de l’essentiel du message de l’organisation terroriste : il faut agir pour sauver la planète sinon nous allons tous mourir dans 18 jours.

Nous assisterons aux échanges entre chefs d’Etat, aux réunions préparatoires organisées par Katrin Thoroddsen, la Secrétaire Générale des Nations Unies, mais également aux réactions des simples citoyens, comme le blogeur Goran Janacek de Sarajevo, la famille Vintilhac dans les Cévennes etc. Avec quelques intermèdes dans une navette spatiale à destination de Mars renfermant 12 scientifiques en mission pour la Nasa. Chaque début de chapitre étant consacré à un aborigène australien qui est occupé à dessiner un serpent arc-en-ciel.

Les communiqués qui sont envoyés par l’organisation terroriste font monter la pression crescendo, en livrant les informations au compte gouttes sur la façon qu’ils ont choisi pour déchaîner les enfers sur Terre, si rien n’est fait.

Ce roman d’anticipation ne fait que légèrement grossir le trait par rapport à notre situation actuelle. Il suffit de voir ce qu’a donné, ou plus exactement n’a pas donné, le Sommet de Copenhague. Même sans être sensible à la mouvance écologique, le plus bête des hommes ne peut que constater l’épuisement des ressources naturelles et leur disparition (derniers exemples en date : le thon rouge, que le japon continue de consommer plus que de raison et les ravages forestiers que produit le développement de l’utilisation de huile de palme dans l’industrie agro alimentaire).

De ce fait, les revendications des éco-terroristes et leurs différents plaidoyers pour une réaction forte des états sonnent comme un cri du cœur et non comme un chantage odieux. C’est la réaction des gouvernements qui va vous faire hurler en lisant Katharsis, car ce roman d’anticipation pourrait se révéler être notre triste réalité dans quelques années.

Espérons qu’Oksana et Gil Prou pourront éveiller quelques consciences supplémentaires avec leur roman. D’autant que le texte est émaillé de nombreuses citations littéraires et d’explications scientifiques (tectonique des plaques, théorie des cordes etc).

Katharsis n’est pas un simple roman écolo-futuriste que tout le monde pourrait écrire. Il s’agit d’un plaidoyer pour sauver la planète, qui met en exergue les prises de conscience que des auteurs classiques ou des philosophes anciens. Les références utilisées par Oksana et Gil Prou ne sont pas un catalogue pour exposer leur culture générale, mais une invitation à aller plus loin dans la réflexion.

Car Katharsis ne doit pas rester un simple livre qui, une fois votre lecture achevée, se retrouvera à prendre la poussière dans votre bibliothèque. Il faut que vous en parliez autour de vous, que vous prêtiez ou offriez Katharsis à vos amis, car n’oubliez pas une chose : les décideurs politiques sont élus. Et vous avez la possibilité de les obliger à prendre en considération la planète que nous foulons du pied tous les jours.

Vous savez ce qui vous reste à faire (tout du moins si vous habitez dans une démocratie…).

Cependant n’allez pas croire que Katharsis est un manifeste politique. Ce livre reste un roman d’anticipation, et donc avant tout un objet culturel, qui vous permettra de passer un très bon moment en vous faisant peur, en imaginant ce qui pourrait arriver de pire à la notre belle planète dès demain.

Mais pour aujourd’hui tout va bien… Enfin, tout ne va pas si mal.

 Lien : http://lautremonde.radio.free.fr/litterature.php?id=662 

Xavier

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