Energie sombre et quintessence

La matière visible ne représente que 4% de notre univers

En décidant d’écrire ensemble, nous souhaitions concrétiser une ambition toute simple : faire partager à un large public une vision du monde et de nous-même qui convie à une découverte de l’autre.

Partant du principe que nos différences nous enrichissent et que chaque réponse est une nouvelle question, nous avons tenté de pousser cette exigence à son paroxysme.

Nos deux premiers romans : « Cathédrales de brume » et « Katharsis » en sont l’illustration…

Cette démarche s’articule autour de quelques axes déjà décrits ici.

Aujourd’hui, nous évoquerons plus particulièrement l’un d’entre eux que l’on pourrait décrire comme étant le « paradigme de l’iceberg ».

Chacun sait que 90% du volume d’un iceberg sont invisibles et dissimulés sous l’eau des océans. Dans nos romans, nous amplifions encore ce constat presque universel en nous appropriant totalement la phrase de René Char : « le visible n’est que l’épiphanie de l’invisible ».

Dans sa diversité et sa gothicité, le cosmos symbolise presque idéalement cette omniprésence de l’invisible. Omniprésence qui n’est dissimulé que par notre arrogance et notre volonté compulsive de tout maîtriser. En observant ce que nous faisons actuellement de notre planète et de l’avenir de nos propres enfants (les récents échecs du Sommet de Copenhague et de la Conférence de Doha démontrent que l’argent primera toujours sur notre propre survie…), on peut légitimement mettre en doute notre capacité à tout maîtriser.

Pour en revenir à l’univers et aux mystères de sa composition, les physiciens ont récemment démontré que la matière « visible »  de notre univers (celle qui est composée d’atomes) ne représente seulement que… 4% du contenu total !

Vous comprenez aisément la pertinence de la remarque de René Char et notre évocation de la symbolique de l’iceberg.

Le reste est composé de « matière noire » (26%) et d’ « énergie sombre » (70%), qui sont toutes les deux très mystérieuses.

On sait désormais que la matière noire est indispensable pour expliquer la formation des galaxies. Beaucoup plus massive que la matière atomique, cette matière noire n’interagit quasiment pas avec la matière et n’émet aucune lumière.

Depuis 2007, une cartographie précise fournie par le télescope spatial Hubble a confirmé le modèle cosmologique qui affirme que la formation des structures majeures de notre univers est orchestrée par la dynamique de la matière noire.

Plus énigmatique encore, l’énergie sombre est généralement définie :

–          soit comme une énergie quantique du vide (le reflet de la « constante cosmologique » d’Einstein),

–          soit comme une énergie dynamique aux propriétés mystérieuses et que l’on nomme « quintessence ».

Selon le principal concepteur de cette théorie novatrice (Paul Steinhardt de l’université de Princeton), la quintessence serait le « cinquième état de la matière », les quatre premiers étant :

–          les baryons (les noyaux atomiques),

–          les leptons (les électrons par exemple),

–          les photons (constituants de la lumière),

–          la matière sombre.

Dans cette hypothèse, cette étrange et séduisante quintessence serait dynamique et ne serait pas issue d’un phénomène quantique. Elle formerait en quelque sorte un « champ scalaire » qui agirait comme une constante cosmologique variable dans le temps comme dans l’espace.

Conforté par ce fait, Paul Steinhardt pense que notre univers a toujours existé et que notre big bang est simplement l’émergence d’un nouveau cycle au sein d’un « multivers » éternel.

On observera que cette hypothèse est parfaitement en accord avec la fin de notre roman : « Cathédrales de brume », et trace de fructueuses pistes dans le cadre d’une suite plus fantasmagorique et déroutante encore.

Patience…

La "quintessence" est-elle le cinquième état de la matière ?

En tout cas, les recherches effectuées actuellement afin de décrypter les arcanes de la matière noire, de l’énergie sombre et de la quintessence, symbolise clairement le fait que la presque totalité de la réalité nous échappe.

Prisonniers d’une mince bulle de savon en expansion accélérée, nous ignorons le monde prédit par la Théorie des cordes (avec ses dix dimensions de l’espace), nous ignorons 96% des constituants de notre univers, nous ignorons les composantes d’un probable multivers qui amplifie par plusieurs milliards notre champ d’investigation…

Nous ignorons les recoins les plus obscurs de l’âme humaine et vivons à la périphérie des autres. Et de nous-même.

Nous vivons en quelque sorte dans un mirage éphémère qui ne survit que grâce à la toute puissance de notre propre ego. Notre moteur, notre raison d’être…

Est-ce vraiment suffisant ?

Est-ce vraiment satisfaisant ?

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