Une autre planète d’accueil… rêve ou réalité ?

Vers de lointaines exoplanètes...

La Terre va mal. Tout le monde le sait désormais.

Face à ce constat, certains se mobilisent et décident de se battre afin d’enrayer un processus qui, à terme, nous conduira au chaos.

D’autres s’en moquent éperdument…

Sympathiques, dynamiques et imaginatifs, quelques optimistes contournent les tragédies inhérentes aux gigantesques échéances qui se profilent devant nous en proposant une solution palliative : partir vers d’autres mondes habitables afin de désengorger une Terre surpeuplée, torride et totalement polluée.

L’idée est séduisante, lumineuse. Et totalement irréaliste.

La raison de ce triste verdict est dramatiquement simple.

Notre galaxie étant composé de 100 milliards d’étoiles et l’Univers étant lui-même constellé d’au moins 100 milliards de galaxies, il est évident que des astres susceptibles d’abriter une vie compatible avec la nôtre existent en grandes quantités.

Le problème n’est donc nullement de se demander si une planète-sœur pourrait un jour nous accueillir, car cette hypothèse est une réalité en sommeil qui ne demande qu’à apparaître en pleine lumière.

La vraie difficulté réside dans la question suivante : où pourrait-on trouver cet Eden miraculeux qui apaiserait nos angoisses en résolvant partiellement nos problèmes de surpopulation, de carence en eau et de pollution ?

Les choses se compliquent immédiatement à cet instant, car l’Univers présente un avantage fondamental : il est immense.

Il présente aussi un inconvénient majeur : il est immense.

Notre soleil étant situé fort loin du centre galactique, la densité d’étoiles, et donc de mondes potentiellement habitables pour nous, est relativement faible dans notre environnement proche. Cela signifie qu’il faudrait chercher assez loin un système solaire susceptible de comporter une planète aisément habitable par des colonies humaines.

Le premier critère de choix serait l’identification d’une étoile très similaire au soleil, que ce soit en terme de taille ou de température de surface, car une simple variation de 10% sur un seul de ces critères rendrait la vie impossible sur Terre ou sur une planète extrasolaire compatible avec nos exigences.

Il convient ici de dissocier nettement les possibilités offertes par une planète abritant, ou pouvant abriter, une forme de vie comparable à celles que nous connaissons actuellement, et l’opportunité de découvrir un astre susceptible de nous accueillir immédiatement. C’est-à-dire sans nécessiter des transformations fondamentales susceptibles de s’éterniser sur plusieurs siècles.

Or des formes de vie très étranges existent déjà sur Terre.

Les plus fantasmagoriques étant naturellement les bactéries extrêmophiles qui peuvent vivre sans problème dans des milieux très acides, salins, intensément radioactifs, ou dans des conditions de température frôlant les 100° !

Dans les abysses océaniques nous découvrons aussi des créatures qui vivent uniquement par chimiosynthèse et qui se satisfont de l’absence totale de lumière tout en prospérant dans des eaux soumises à une pression colossale.

Ce caractère protéiforme de la Vie est rassurant et laisse à imaginer que des êtres extraterrestres peuvent être découvert assez près de nous.

Hélas, comme nous ne savons pas encore vivre dans des milieux très acides, très radioactifs ou très chauds, il nous faudrait découvrir un astre ressemblant peu ou prou à notre Terre. Et c’est à cet instant que les choses se compliquent vraiment car certaines des caractéristiques de notre planète : gravité, présence permanente d’eau sous forme liquide, régularité des saisons (le rôle de la Lune est essentiel à cet égard), qualité et épaisseur de l’atmosphère, sont simultanément vitales pour notre survie et rarissimes dans l’univers.

Dans notre quête, deux facteurs interviennent alors :

– l’éloignement physique de ce paradis extraterrestre par rapport à notre bonne vieille Terre,

– la vitesse de nos engins intersidéraux.

Afin de ne pas être injustement accusé de catastrophisme systématique, fusse-t-il éclairé et fécond, soyons optimiste et considérons que l’Eden le plus proche se situe à 126 années-lumière de notre soleil. Cette distance colossale n’a pas été tirée au hasard dans un chapeau de magicien. Elle correspond en fait à l’emplacement de l’étoile la plus similaire au soleil dans notre environnement proche. Poétiquement nommé HD 98618, cet astre a été récemment découvert par le télescope Keck situé à Hawaï.

Une autre étoile, 18 Scorpii, se trouve elle aussi assez proche du soleil et illustre un autre exemple d’étoile jumelle du soleil.

Cette hypothèse est exagérément optimiste car un rayon de 126 années-lumière simule une sphère potentielle représentant environ un milliardième du volume global de notre galaxie. Statistiquement parlant, ce pourcentage est infime et rend peu crédible cette conjecture osée, car rien n’indique actuellement qu’une planète tellurique ressemblant à la Terre orbite autour de HD 98618. Cette opportunité représente donc une chance infime.

Mais, comme nous l’avons précisé plus haut, ne martyrisons pas ces quelques bribes d’espérances et soyons délibérément euphorique…

Deuxième facteur à prendre en compte dans le cadre de cette hypothèse : la vitesse. Là encore nous allons fougueusement basculer dans le camp des optimistes systématiques en imaginant que nous pourrions, dès l’année 2100 par exemple, construire et fiabiliser des vaisseaux intersidéraux naviguant à une vitesse égale à la moitié de la vitesse de la lumière. Soit 150 000 kilomètres par seconde : environ 500 millions de kilomètres heure.

Chacun admettra que cette hypothèse est totalement saugrenue car le véhicule spatial le plus rapide actuellement, la sonde New horizons qui vogue vers Pluton, navigue à 50 000 kilomètres heure, nous sommes vraiment très loin de notre objectif (un rapport de 1 sur 10 000 !!) et il y a encore d’énormes progrès à effectuer avant de pouvoir foncer dans l’infini à la vitesse astronomique de 150 000 kilomètres par seconde.

Admettons toutefois ce préambule sans trop sourciller.

En 2100 nous décidons donc d’envoyer un vaisseau chargé de tous nos espoirs vers une planète fort inopinément découverte à 126 années-lumière et qui semblerait pouvoir tolérer une vie humaine dans des conditions acceptables.

Naturellement, nous aurions préalablement réglé tous les problèmes relatifs à la propulsion de ce vaisseau spatial pendant plusieurs siècles, à la survie de ses occupants, à l’alimentation, aux effets désastreux des rayons cosmiques pendant une très longue période.

Une distance de 126 années-lumière parcourue à une vitesse constante égale à la moitié de la vitesse de la lumière représente donc un voyage minimum de 252 ans. En partant en 2100, cela signifie que la fin de cette première odyssée stellaire s’effectuerait en… 2352 !

L’objectif étant d’informer la Terre des résultats obtenus après une arrivée s’effectuant, espérons-le, sans encombre sur ce nouveau Paradis terrestre, l’émission d’un signal résumant les premières conclusions repartira dans notre direction à la vitesse de la lumière.

Depuis Einstein nous savons que nous ne pouvons pas aller plus vite.

Ceci rajoute donc un peu plus d’un siècle puisque, dans notre hypothèse, cette future planète d’accueil se situe à 126 années-lumière. La réponse arriverait donc sur Terre en 2478. Cela signifie que, si tout se passe parfaitement et que la réponse envoyée par ces argonautes du Futur est positive, les premiers vaisseaux géants convoyant des millions d’êtres humains vers ce nouvel Eldorado cosmique ne pourront pas quitter la Terre avant 2500.

La situation climatique, environnementale, énergétique, alimentaire et sociale de notre bonne vieille planète étant déjà catastrophique au début de ce siècle, on peut raisonnablement imaginer que la situation aura tragiquement empirée 400 ans plus tard, et ceci principalement en raison de l’irréversibilité de tous les facteurs aggravants cités plus haut.

Or nous avons élaboré ici un scénario particulièrement euphorique, car il suffit de modifier un seul facteur (remplacer 126 années-lumière par 500 ou diminuer la vitesse théorique du vaisseau interstellaire par cinq ou par dix par exemple), pour réaliser que nos explorateurs de l’infini n’arriveront pas à bon port avant le 4e millénaire !

Aussi séduisante soit-elle, cette hypothèse demeurera donc très longtemps encore un rêve fédérateur et très agréable.

Mais un rêve seulement.

Il faut donc agir vite avant que notre futur se retourne contre nous et nous broie.

Définitivement…

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Un commentaire sur “Une autre planète d’accueil… rêve ou réalité ?

  1. Je crains de devoir ajouter un paramètre très défavorable à tous ces obstacles pour notre prochain essaimage à travers l’Univers : y’a des méchants sur Terre qui veulent verrouiller la porte de sortie de notre planète !… C’est le triste constat ( mais non-dit ) qui ressort de la soirée « Thema » ( sur la chaîne européenne « Arte » ) consacrée à la politique des Etats-Unis qui prétendent conquérir militairement l’Espace en commençant par un contrôle unilatéral et arbitraire des frontières de notre atmosphère : ils prétendent ouvertement interdire l’Espace ( satellites, sondes ) à quiconque n’aurait pas leur autorisation !… Ce « nouvel empire » est manifestement très doué pour fabriquer des prisons … jusqu’aux dimensions de notre planète !…

    Mais cette « étoile noire » ne cadenasse notre avenir que très relativement : des auteurs philosophes comme Asimov, Kazantzev , Efremov, Dyson etc… ont « réfléchi » à la dimension des défis ( périlleux ) qui attendent notre espèce : pour tous, si elle ne veut pas périr ( ou s’éteindre …) , l’Humanité devra se doter d’outils techno-scientifiques adéquats et réaliser les sauts quantiques culturels nécessaires pour affronter son avenir … [ … et ces facheux parvenus ne sont que péripéties !…]

    Ainsi, la fusée « lunaire » du professeur Tryphon Tournesol ( bd d’Hergé « On a marché sur la lune » ) , inspiré du projet cosmique de Franz Abdon Ulinski (1920) ne mettrait que quelques jours pour faire le tour du système solaire : actuellement, nos « sondes » ne sont pas motorisées !… Dans ce cas, le « moteur atomique » est un réacteur ionique capable de développer une poussée comparable aux propulseurs chimiques !… La technologie n’en est pas encore là, mais elle s’en rapproche avec l’actuel projet « Vasi/MR » ( « vasimir ») !…

    Quand nous en serons à nous frotter aux distances interstellaires, puis galactiques, d’autres niveaux de civilisations devront être envisagées : le facteur/temps interviendra certes mais … dès 1979, le laboratoire de Physique d’Orsay avait confirmé qu’un mobile ( particule ou astronef ) se déplaçant à la vitesse de la lumière mettrait 57 ans avant de revenir à son point de départ : c’est à dire qu’il aurait fait le tour de l’Univers et ( en principe), des milliards d’années se seraient déroulés sur Terre dans l’intervalle !… Cependant, dès les années 60, le physicien Jean Charon mettait en doute cette dilatation du Temps !…
    En fait, à la vitesse de la lumière ( qui en principe ne peut être égalée ) , l’ Univers se réduit à un point , la « singularité » ( comme pour le « big bang » ) et le voyageur se retrouve simultanément « partout » !… Avec un tel outil à sa disposition, la Société humaine n’aura plus grand’chose à voir avec la nôtre !… Le physicien britannique ( et romancier de Science-Fiction ) Freeman Dyson a prophétisé que « l’essaimage » humain lui permettrait « d’occuper » toute la galaxie ( la Voie Lactée) dans les 10.000 ans à venir !…

    C’est une perspective fantastique … mais raisonnable !…

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