L’or bleu

L'eau, le bien le plus précieux qui soit...

Chacun le sait plus ou moins intuitivement : la première richesse dans les années à venir sera… l’eau !

Pour résumer, la totalité de l’eau existante, ce que l’on appelle l’hydrosphère, se répartit ainsi :

–          les océans, qui représentent 97,40% du total,

–          les terres émergées, qui recueillent les 2,60% restants.

On constate immédiatement que presque toute l’eau disponible est salée, donc non potable sans traitements complexes et coûteux. Les nombreuses contraintes liées à la désalinisation de l’eau de mer impliquent que celle-ci demeure, actuellement en tout cas, une alternative marginale.

Les 2,60% que nous pouvons donc utiliser se répartissent ainsi :

–          79% pour les calottes glaciaires, banquises et glaciers,

–          20% pour les eaux souterraines,

–          1% pour l’eau douce superficielle : lacs, rivières, humidité contenue dans le sol et dans la végétation.

On constate ainsi que si une élévation importante de la température terrestre provoquait à terme la fonte totale de toutes les banquises et de tous les glaciers, l’eau douce ne représenterait plus que 0,50% du total de l’hydrosphère au lieu de 2,60% actuellement.

Quand on se rappelle que le corps humain est composé à 65% d’eau, ce constat fait frémir.

Naturellement, les 40 milliards de tonne d’eau douce existant actuellement sur notre planète ne vont pas disparaître en quelques décennies. Notre problématique est ailleurs, car les êtres humains n’ont pas besoin d’une eau potentielle, ils ont besoin chaque jour de quelques dizaines de litres d’eau douce et propre à la consommation pour les besoins les plus élémentaires : boire, se laver et cuire les aliments.

Or trois facteurs redoutables vont perturber ce subtil équilibre qui prévaut depuis des millions de siècles :

–          s’épuisant à une vitesse vertigineuse dans de nombreuses régions, l’eau des nappes phréatiques se renouvellera de plus en plus difficilement. Parallèlement, les éléments concourant à sa pollution (nitrates, engrais, produits chimiques, pesticides) voient leur densité s’accroître dangereusement rendant ainsi certains puits et sources totalement inutilisables,

–          pérennisant une augmentation régulière de la température moyenne à la surface du globe, le réchauffement de la planète entraînera une fonte des glaciers et des banquises dont les effets seront de plus en plus notables au fil des décennies. On transformera ainsi des milliards de tonnes d’eau douce en eau salée,

–          plus complexe encore, le réchauffement climatique exacerbera les phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui signifiera que la désertification s’étendra bien au-delà des zones sub-tropicales, alors que les zones équatoriales et tropicales -qui sont souvent déjà saturées d’humidité- recevront cycliquement des pluies de plus en plus impressionnantes, noyant des zones entières tout en lessivant des sols appauvris et en occasionnant de tragiques glissements de terrain.

L’eau potable sera donc toujours potentiellement disponible, mais une large partie deviendra non utilisable (trop polluée ou salée), alors qu’une autre partie se déversera de façon torrentielle sur des contrées déjà saturées.

L’accroissement irraisonnable des déséquilibres climatiques signifie clairement que nous aurons des proliférations de criquets et de sauterelles en zones sèches et une omniprésence des moustiques, et des redoutables maladies qui les accompagnent, en zones inondées.

Les plaies d’Egypte multipliées par mille !

L'eau c'est la vie...

Enfin, on peut constater que la pollution des sols par infiltration dans les nappes phréatiques est devenue un sport mondial largement pratiqué dans le monde agricole et dans le monde industriel, mais aussi dans la vie de tous les jours. Ceci entraîne naturellement un effet mécanique aux conséquences impitoyables. Les niveaux des nappes phréatiques baissant et les quantités de polluants augmentant, la densité de ces produits s’accroît dangereusement, rendant parfois l’eau disponible totalement impropre à la consommation.

Une forme sophistiquée et perverse de suicide collectif…

Pour faire court, il ressort de ce qui précède que les périodes de sécheresse seront beaucoup plus longues et les pluies torrentielles seront beaucoup plus fréquentes.

Ce constat simple démontre que les quantités globales d’eau circulant dans l’atmosphère seront probablement similaires à celles que nous connaissons actuellement, car ces masses d’eau ne vont pas s’évaporer ou se multiplier par magie. Mais ce qui va profondément et durablement changer c’est leur répartition, leur rythme et leur intensité.

Nous aurons donc beaucoup moins d’eau là où nous en avons vraiment besoin, à savoir les zones souffrant d’un réel déficit hydrique, et nous en auront sensiblement plus dans les zones où nous en avons déjà trop, c’est-à-dire dans les zones tropicales régulièrement inondées par les pluies de mousson, les orages, cyclones et typhons.

La conséquence absurde de ce dérèglement climatique accru se matérialisera donc par une carence en eau douce au sein des contrées les plus densément peuplées. Simultanément, les contrées déjà traditionnellement inondées seront encore plus humides, encore plus fragiles, encore plus insalubres.

Notre aveuglement conduira ainsi une large majorité de la population mondiale vers un état de dépendance humiliant et très dangereux : la dépendance à l’eau. Or cette inféodation constitue le prélude obligatoire à toutes les soumissions, à toutes les exigences, à toutes les sujétions.

Et donc à toutes les oppressions, à toutes les tyrannies.

N’oublions pas ce chiffre tout simple : 40% de la population mondiale vit actuellement le long de 250 fleuves et de rivières qui se répartissent entre plusieurs états.

Cela signifie donc 250 risques potentiels de guerres pour l’appropriation d’une eau douce devenant, au fil des décennies, de plus en plus rare et de plus en plus chère.

Par ailleurs, en 2010 un enfant meurt toutes les cinq secondes par manque d’eau ou en raison d’une eau insalubre. Et nous serons neuf milliards en 2050 !

Bienvenue à bord du XXIe siècle…

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