Tout commença dès l’Hadéen…

La Terre il y a 4 milliards d'années

La « flèche du Temps » va toujours dans le même sens.

Dans notre univers en tout cas…

Ce constat est rassurant. Mais la vie quotidienne nous démontre chaque jour qu’il existe une différence considérable entre le temps absolu, celui qui est matérialisé par les horloges atomiques et qui se fragmente en nanosecondes, et le temps relatif.

C’est la simple différence entre le temps et la temporalité.

Par ailleurs, certaines communautés vivant un peu en dehors des outrances de notre époque, appréhendent le temps en fonction des saisons et des grands cycles de la nature, et non en fonction de notre calendrier.

On pourrait imaginer que cette différence entre temps réel et temps subjectif s’estompe lorsque l’on remonte les ères géologiques et que l’on examine les époques les plus archaïques de la vie de notre planète. Et bien… pas du tout !

Exemple : demandez à cent personnes ce qui personnifie les âges les plus reculés de la Terre. Elles vous répondront : les dinosaures !

Or ces charmants reptiles du Trias, du Jurassique et du Crétacé, sont presque nos contemporains… Naturellement, à l’aune d’une vie humaine, les dinosaures symbolisent une époque très ancienne et leurs silhouettes se filigranent devant un paysage oublié : des forêts gigantesques, des orages tonitruants et des volcans en éruption.

A l’échelle de la chronologie terrestre, les dinosaures vivaient hier…

Nous allons donc évoquer aujourd’hui le plus lointain passé de la Terre. Un passé en forme d’Apocalypse avec un air irrespirable, des collisions satellitaires permanentes et un volcanisme hystérique. Un monde qui rendrait presque accueillant l’Enfer de Dante : notre planète à l’Hadéen…

Première époque géologique de la vie de la terre juste après sa formation il y a 4,5 milliards d’années (les dinosaures vivaient entre 220 et 65 millions d’années), l’Hadéen constitue la période la plus cataclysmique de toute l’odyssée terrestre. Si elle fut cruciale -formation de l’écorce terrestre et apparition des premiers océans par condensation progressive de l’atmosphère- elle se singularisa surtout par un bombardement constant de météorites de toutes tailles.

Il faut se remémorer que, dans les premières centaines de millions d’années après la formation des principales planètes, l’environnement cosmique était encombré de milliards de débris stellaires, ceux-ci allant de météorites gros comme un autobus jusqu’à des planétoïdes de la taille de Mars !

Craquelée, torturée, explosée de toutes parts, l’écorce terrestre était encore fragile et le volcanisme était intense. Un monde effrayant, invivable et austère.

Et pourtant…

Dès la fin de cette période cataclysmique (à la charnière entre l’Hadéen et l’Archéen pour être précis) soit il y 3,8 milliards d’années… la vie apparue sur Terre !

L’Enfer s’ensemença donc des prémices de la vie très précocement dans l’histoire de notre planète. On retrouve les premiers embryons de la vie à Akilia au Groenland et à Pilbara en Australie. Il s’agit principalement d’algues bleues et de cyanobactéries retrouvées dans des roches spécifiques que l’on nomme : « stromatolithes ».

Etrangement, la vie est donc apparu très tôt sur Terre -anormalement tôt pourrait-on dire, si l’on prend ne compte un environnement apocalyptique à l’Hadéen et à l’Archéen- mais elle s’est épanouie très tard.

En effet, les deux premières grandes explosions de la vie, on parle souvent de « big bang du Cambrien », s’effectuèrent il y a 600 millions (faune d’Ediacara) et il y a 530 millions d’années (faune de Burgess). Nous y reviendrons dans un instant.

L’arrivée presque prématurée de la vie sur Terre dès la fin de l’Hadéen est une surprise.

 Et l’immense période -trente millions de siècles !!!- pendant laquelle cette même vie stagna avant de s’épanouir, en constitue une seconde.

Pour les scientifiques qui recherchent les causes fondamentales ayant permit l’éclosion des premières cellules sur une planète bombardée par des millions de météorites et empuantie par une atmosphère délétère, trois lieux sont potentiellement privilégiés : l’atmosphère, les océans (température comprise en 40 et 80° à l’époque…) et le cosmos.

Cette dernière piste semble assez crédible car, durant la période de bombardement la plus intense lors de l’Hadéen, plus de cinq milliards de milliards de tonnes de météorites convulsèrent l’écorce terrestre. Sachant que 3% de cette masse est composée de molécules carbonées et que 20% de celles-ci ne fondent pas lors de leur traversée de l’atmosphère, cela représente des masses colossales de kérogène (une substance contenant de la matière organique et des combustibles fossiles) arrivant sur Terre au milieu de la période hadéenne.

Certains de ces météorites contenant des acides animés, l’ensemencement de la vie sur Terre par voie stellaire n’est donc nullement de la science-fiction. C’est une probabilité crédible ; et passionnante.

Comme nous le précisions plus haut, la vie luxuriante et diversifiée que nous connaissons actuellement n’apparut que très tardivement. Au début de l’ère cambrienne.

Pour celles et ceux qui désirent en savoir plus et découvrir les étranges créatures dont nous sommes tous les lointains descendants, nous recommandons fortement la lecture de « La vie est belle, les surprises de l’évolution », car Stephen Jay Gould décrit merveilleusement bien l’émergence d’une vie structurée et contenant déjà en germe la quasi-totalité des espèces vivantes actuelles.

Ces espèces aux noms étranges : Dinomischus, Leanchoilia, Opabinia, Anomalocaris, Nectocaris, ou très étranges : Odontogriphus, Hallucigenia ou Wiwaxia, sont d’une beauté surréelle qui nous émeut totalement car ces arthropodes aux formes balourdes, ou très élégantes, symbolisent la première marche d’un escalier titanesque qui s’efforce à tutoyer les étoiles : l’arbre de la Vie.

Et les humains du XXIe siècle s’escriment à le détruire. Dommage…

C’est par ailleurs le sujet central de notre nouveau roman : « Katharsis » qui paraît le mois prochain aux Editions Interkeltia : http://www.interkeltia.com/Fiches-livres/f-katharsis.htm .

Pourtant, nous aimerions bien, connaître la suite de l’aventure humaine. Car, comme le précise Goethe : « Le vivant, lorsqu’il a atteint sa forme achevée, aime à se recourber. S’il se recourbe et se tourne en même temps dans un serpentement, il en résulte grâce et beauté » (Fossiler Stier).

Saurons-nous, en un serpentement ultime, recourber et infléchir nos appétits de destruction et de pouvoir afin qu’émerge enfin la grâce et la beauté de la nature ?

Peut-être…

Nous le devons bien à l’Hadéen… et aux enfants de nos enfants !

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