Les forêts tropicales : un Eden menacé…

 

Cette adorable chenille qui se pare de coloris psychédéliques aura complètement disparue de la surface de la Terre dans une dizaine d’années.

Le « drame » peut paraître anecdotique. Il est capital en fait, car il symbolise une tragédie majeure : la disparition programmée des forêts tropicales.

Le problème est connu depuis longtemps et lorsque l’actualité est atone, les médias consacrent généreusement quelques pages à ce massacre de la vie et de la biodiversité.

Des chiffres hallucinants fusent alors (une surface de forêt égale à un terrain de football disparaît à chaque seconde…) puis la lie du quotidien reprend son cours.

Et tout le monde oublie.

On a tort, car occulter ce massacre généralisé revient à regarder ailleurs lorsque quelqu’un se noie sous nos yeux. Une lâcheté. Une de plus.

Or l’échec du Sommet de Copenhague nous confirme, hélas, qu’en accumulant lâchetés et aveuglements en cascade, notre génération crucifie l’avenir de nos descendants.

Un titre de gloire dont on devrait essayer de s’exonérer…

En écrivant notre thriller écologique qui paraîtra au début du mois de Mars : « Katharsis », nous avons décidé de suivre l’engagement d’Yves Paccalet au chevet du monde et des hommes. Et c’est pour cette raison qu’Yves a accepté de rédiger la préface de notre nouveau roman.

Nos dirigeants et nous-mêmes ne pouvons donc esquiver ce drame récurrent en regardant ailleurs.

Posons rapidement les termes de l’enjeu : les forêts tropicales recouvrent environ 1 600 millions d’hectares et contiennent à elles seules plus de 75% de toutes les espèces vivantes (faune et flore). Leur rôle est donc considérable.

La déforestation massive dans les zones tropicales -environ 8 millions d’hectares par an- est bien plus qu’une erreur, c’est un crime contre la Nature et contre l’humanité.

Pourquoi ?

Les réponses sont simplissimes.

Les forêts tropicales ont un rôle majeur car :

–          les arbres sont d’excellents « puits de carbone »,

–          ils retiennent l’eau excédentaire et équilibrent les variations liées aux alternances de périodes de sécheresse et de pluies intenses,

–          ils apportent de grandes quantités d’oxygène,

–          les forêts tropicales sont le substrat essentiel de la biodiversité animale et végétale,

–          elles contiennent par ailleurs la moitié des médicaments du futur, ce qui signifie que l’on détruit peut être aujourd’hui, en Amazonie ou à Bornéo, les derniers exemplaires d’une plante qui pourrait éradiquer le sida ou certains cancers dans les années à venir…

Les causes de cette déforestation hystérique sont bien connues : exploitation intensive des bois tropicaux, augmentation des surfaces de cultures pour la production d’agrocarburants, recherches minières et aurifères…

Naturellement, au-delà du drame humain (les populations vivant des ressources de la forêt tropicale disparaissent, ou sont avilies par la civilisation) et du drame écologique (la biodiversité s’amenuise), le massacre des forêts tropicales à une incidence colossale sur le réchauffement climatique.

On estime que les forêts tropicales emmagasinent 40% du carbone contenu dans la biomasse terrestre. Si l’on éradique les forêts tropicales dans les trente ou quarante années à venir (et on va exactement dans ce sens) ce pourcentage s’ajoutera aux quantités de carbone que l’activité humaine rejette dans l’atmosphère.

C’est un cercle infernal dont il faut absolument sortir. Sachant que trois pays : le Brésil, la République démocratique du Congo et l’Indonésie, concentrent 75% de la surface des forêts tropicales, il est donc possible d’agir efficacement.

Mais il faut faire vite, car les scientifiques nous révèlent en même temps que l’autre « puits de carbone » naturel : les océans, perdent de leur efficacité dès que la température de l’eau augmente de… 1° !

Or les prévisions les plus crédibles actuellement postulent une augmentation moyenne de la température des océans d’au moins 2° avant la fin du siècle.

Et la banquise arctique fond à vitesse accélérée…

C’est pour toutes ces raisons que l’intrigue de « Katharsis » s’inscrit sur fond d’Apocalypse.

Ce n’est pas une vision onirique, c’est le futur de nos enfants décrit par les scientifiques. Et ce futur glace le sang des femmes et des hommes qui revendiquent encore un embryon de lucidité…

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