Supernova

 

Depuis sa création, il y a environ 4,5 milliards d’années, le système solaire a été le théâtre de cataclysmes impressionnants. Il en fut de même pour la Terre qui dut subir des heurts violents avec des astéroïdes géants.

Le plus violent de tous étant la collision avec un astre d’une taille similaire à la planète Mars.

De ce chaos dantesque naquit le couple Terre-Lune…

Mais tout ceci est anecdotique à l’aune des grands cataclysmes qui parsèment l’univers.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’événement le plus apocalyptique n’est pas le heurt entre deux galaxies, car celles-ci étant constituées d’étoiles très éloignées les unes des autres, ces enchevêtrements galactiques s’effectuent presque sans dommage, même si la plus petite des deux galaxies ressort généralement très démembrée après cette colossale étreinte…

L’événement le plus effroyable -le plus théâtral aussi- est l’explosion d’une supernova.

Rarissimes dans notre galaxie à l’échelle d’une vie humaine, elles sont fréquentes lorsque l’on prend en compte la totalité de l’univers composé, rappelons-le ici, d’au moins 100 milliards de galaxies et chacune de ces galaxies contenant en moyenne 100 milliards d’étoiles !

Lors de l’explosion d’une supernova, la luminosité dégagée par cette étoile défunte est égale à la luminosité globale de la galaxie qui l’abrite. Et ce flamboiement se prolonge pendant plusieurs semaines…

Avant d’aller plus loin, il convient de se remémorer un élément capital : plus une étoile est petite, plus elle vit longtemps et calmement. On en déduit donc immédiatement que, plus une étoile est massive (entre 5 et 50 masses solaires), plus elle vivra fugacement et tumultueusement.

Et ce n’est pas un euphémisme.

Sans rentrer dans les détails de la nucléosynthèse stellaire (l’expression semble inquiétante et compliquée, mais le principe est assez simple), on peut préciser qu’une étoile passe l’immense majorité de sa vie à transformer de l’hydrogène en hélium. C’est le principe même de la fusion nucléaire.

Pendant toute cette période, les étoiles sont des sphères de gaz qui restent stables en équilibrant deux forces antagonistes : la pression due à leur propre gravité (conséquence directe de leur masse énorme), qui tend à les faire s’effondrer sur elles-mêmes, et les forces de pression liées à l’agitation thermique des molécules. Ces forces de pression entraînent la dilatation des étoiles.

Entre effondrement et dilatation l’équilibre demeure presque parfait pendant des milliards d’années.

Lorsque l’étoile est de faible masse, la température interne de l’astre ne dépasse jamais les 100 millions de degrés (quand même…) et le processus atomique se satisfait de la combustion de tout l’hydrogène de l’étoile en hélium.

Puis la nucléosynthèse s’éteint d’elle-même, faute de « carburant ».

La situation est très différente lorsque l’étoile dépasse 5 masses solaires, car le phénomène de contraction accroît encore la température interne qui provoque la fusion de l’hélium en éléments plus lourds.

Le processus s’affole alors. Plus la température s’accroît, plus les métamorphoses se bousculent. L’hélium se transforme en carbone, puis en oxygène, en néon, en sodium, en magnésium…

Implacable, le scénario explose tous les schémas préétablis.

En augmentant encore la température du cœur de l’étoile torturée par ses propres entrailles, s’effectuent alors les fusions du soufre, du phosphore, du silicium. Au-delà les choses s’accélèrent à la vitesse d’un cheval au galop. Le phénomène s’amplifie encore avec la fusion très rapide du calcium, du cobalt, du nickel.

Et du fer.

Tout s’arrête à cet instant, car le fer est l’élément le plus stable. Et le processus s’interrompt brutalement. Bousculée par ces phénomènes qui se sont accélérés en quelques jours (un battement de cils à l’échelle de la vie d’une étoile…), l’étoile acquiert une structure en « pelure d’oignon ».

Au centre de cet « oignon » particulièrement chaud à cet instant -plus de 10 milliards de degrés !- la température est tellement élevée que les noyaux de fer se désintègrent en noyaux d’hélium et en neutrons, puis en protons et neutrons. Par un phénomène complexe, il s’ensuit un déséquilibre énergétique qui conduit à l’effondrement brutal du cœur de l’étoile, alors que les couches extérieures sont expulsées à très grande vitesse.

On observera que lorsque l’étoile qui explose en supernova est très massive et que le cœur restant dépasse encore les trois masses solaires, le phénomène cosmique le plus faramineux de tous se métamorphose alors en trou noir.

C’est-à-dire l’objet galactique le plus étonnant qui soit, l’ogre quantique qui ouvre -peut-être- des « portes d’abîme » vers d’autres univers…

Mais revenons un instant à notre étoile défunte. L’immense partie de la matière stellaire torturée par l’explosion de la supernova ensemencera l’univers en créant, beaucoup plus tard, de nouvelles étoiles avec leur cortège baroque de planètes bigarrées.

L’une d’entre elles sera peut être une nouvelle Terre…

Résumé en quelques lignes (car le processus complet est naturellement beaucoup plus complexe), voilà l’histoire d’une grosse étoile qui désira vivre très vite.

Et qui en mourut, créant autour d’elle des lueurs d’Apocalypse.

Mais elle engendra la Vie, symbolisant merveilleusement ainsi l’éternel retour précocement décrit par Héraclite.

Il y 2 500 ans…

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