Après l’échec de Copenhague les pays émergents auront encore plus faim ; et soif.

Mettre en parallèle les pays émergents et le réchauffement climatique peut paraître surprenant.
Soyons clair, il ne s’agit nullement de prétendre ici que les pays émergents sont responsables d’un réchauffement climatique bien imprudemment initié par l’Homme. Bien au contraire, ces pays sont victimes des outrances des pays très industrialisés qui propulsent dans l’atmosphère des milliards de tonnes de gaz à effet de serre.
La problématique est ailleurs.
Elle est dans les chiffres, hélas…
Afin d’être clair, il faut signaler que nous utiliserons ici les expressions suivantes :
– « pays les plus développés » : il s’agit de l’Europe, de l’Amérique du Nord, de l’Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande,
– « pays émergents les moins développés » : il s’agit d’une cinquantaine de pays essentiellement situés en Asie et en Afrique,
– l’expression « pays émergents » concernera donc tous les autres, et ceci concerne au premier chef les mastodontes du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).
Cette répartition peut paraître arbitraire ou discutable, mais c’est celle que les Nations Unies ont choisi, nous les utiliserons donc telle quelle.
La problématique est donc la suivante.
En 2050 nous serons, selon les chiffres actuellement les plus fiables issus des études et analyses effectuées par les Nations Unies, environ 9 milliards d’êtres humains sur Terre. Soit une augmentation de 40% par rapport à 2009.
Naturellement, cette augmentation ne sera nullement linéaire.
Les pays les plus développés stagneront autour de 1 200 millions (il est à remarquer que la population européenne passera de 726 millions à 632 millions, soit une baisse de 13% !).
Les 50 pays émergents les moins développés passeront de 718 millions à 1 675 millions, soit un accroissement vertigineux de… + 133% !
Les autres pays émergents passeront quant à eux de 4 380 millions à 6 025 millions, soit une augmentation de + 38% en phase avec l’augmentation moyenne.
Donc :
– les pays les plus développés ne représenteront plus que 7% de la population mondiale. Ce qui, au passage, marginalise totalement nos ambitions quant à une action forte au niveau du développement durable…
– les pays émergents verront leur démographie s’accroître à l’unisson de la population mondiale, mais leur poids relatif étant déjà très élevé, ils représenteront les deux tiers de la population terrestre en 2050,
– les 50 pays les plus pauvres seront infiniment plus peuplés (+ 135% en 42 ans ce n’est pas rien…), ce qui signifie qu’ils seront encore plus pauvres, encore plus dépendants des pays riches et toujours parfaitement insoucieux du réchauffement climatique et du développement durable. Quant on a moins d’un dollar par jour pour vivre, ou plutôt pour survivre, la protection de l’environnement devient une donnée parfaitement anecdotique…
Cette augmentation colossale de la population humaine se concentre sur quelques pays. Actuellement nous sommes 6,5 milliards d’habitants à nous partager très inéquitablement les ressources de notre planète. Or la population s’accroît au rythme de 77 millions d’habitants supplémentaire chaque année.
Six pays contribuent à eux seuls à la moitié de cette progression affolante : l’Inde (21% du total), la Chine (12%), le Pakistan (5%), le Bengladesh (4%), le Nigeria (4%) et les Etats-Unis (4%).
Pour illustrer ceci d’un seul exemple : la population indienne augmente davantage en une seule semaine que toute la population européenne en un an !!!
Autres exemples pris en Chine : la ville de Beijing immatricule 1 500 voitures supplémentaires chaque jour et la Chine ouvre une nouvelle centrale électrique à charbon par semaine…
On comprend pour quelles raisons le sommet de Copenhague ne pouvait aboutir qu’à un cruel et pathétique constat d’impuissance.
Notre impuissance…
A cet instant, et devant ces données effarantes, on comprend immédiatement le sens à donner au titre de cet article : représentant en 2050 presque 90% de la population mondiale, les pays émergents auront très faim. Et très soif…
On assistera alors à l’accélération d’une « spirale perverse » que l’on peut résumer ainsi : de plus en plus d’habitants souhaiteront accéder aux bienfaits de la consommation de masse, donc les prédations exercées par l’Homme au détriment de notre planète s’accroîtront vertigineusement.
La conséquence sera immédiate : diminution des ressources naturelles et accroissement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (il faudra bien produire de plus en plus…), ce qui accélérera encore un peu plus le réchauffement climatique.
Résultats : moins d’eau douce dans les zones souffrant de stress hydrique, élévation du niveau de la mer (donc généralisation des « exilés climatiques »…) avec accroissement de la température moyenne des océans.
Or, la plus terrifiante menace qui soit pour l’humanité se résume en huit mots : augmentation excessive de la température moyenne des océans.
A partir d’une augmentation moyenne de 4 à 5° la machine s’emballe. Et plus rien n’y personne ne pourra l’arrêter.
Au-delà… c’est la disparition programmée de la civilisation humaine.
Tout simplement.
Et Copenhague vient d’échouer…

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