Les prémices de la vie sous les glaces d’Europe

Depuis Galilée, nous connaissons les quatre plus gros satellites de Jupiter : Ganymède, Europe, Io et Callisto. On les appelle souvent lunes galiléennes en hommage à leur illustre découvreur.

Il fallut attendre la fin du XIXe siècle pour que d’autres satellites apparaissent dans les lunettes et les télescopes des astronomes qui s’escrimaient à répertorier les mystères de l’Univers.

Désormais on en connaît… 63 !

Avant l’envoi de sondes spatiales orbitant autour de la planète gazeuse géante qui trône au centre de cet invraisemblable carrousel d’objets célestes, on connaissait les caractéristiques physiques des quatre plus gros satellites de Jupiter.

Et c’était tout.

Avec la mission Galileo on a enfin découvert une partie des mystères de cet étrange système solaire en miniature.

Les deux satellites les plus étonnant sont Io et Europe.

Habituellement nommée la « planète pizza » en raison de sa couleur générale rappelant étrangement une pizza bigarrée par la tomate et le fromage fondu, Io est affectée par un volcanisme démentiel. Elle recrache ses entrailles par la bouche de centaines de volcans géants qui lacèrent sa surface.

Cette agitation volcanique démentielle est due à la très grande proximité de Io avec la planète géante. Les forces gravitationnelles étant titanesques en raison de la masse de Jupiter, l’intérieur de Io est affecté par des « effets de marée » qui triture le magma central et provoque ce volcanisme hystérique.

La situation est beaucoup plus calme pour Europe, qui est par ailleurs la plus petite des quatre lunes galiléennes. Son intérêt est ailleurs…

Lorsque Galileo put s’approcher relativement près de ce satellite à l’apparence banale, on découvrit avec surprise que la surface d’Europe est intégralement recouverte de… glace !

Sous cette glace, un océan gigantesque : 100 kilomètres de profondeur en moyenne…

L’épaisseur de cette ahurissante « banquise » extraterrestre est quant à elle d’une dizaine de kilomètres. Nous découvrons donc avec stupeur un lointain satellite jovien qui symbolise en quelque sorte une planète aquatique pétrifiée dans la glace.

Et qui dit « eau » dit « vie ».

On peut s’étonner de l’existence d’un océan de ce type alors que la température de surface frôle les -200°C !! Mais l’existence simultanée d’un volcanisme silicaté et d’un gradient géothermique important autorise ce paradoxe à l’échelle de notre expérience terrestre : de l’eau à l’état liquide dans un environnement outrepassant tout ce que l’on connaît sur notre planète. Pour mémoire, les températures les plus basses observées sur Terre sont de -90°C en Antarctique. Brrr…

Naturellement, notre imagination bourdonne, s’enthousiasme et fantasme. Un océan recouvert de glace à la surface d’Europe nous conduit immédiatement à nous interroger sur la possible existence d’une forme de vie embryonnaire sur Europe.

C’est possible. Très possible même…

Dans un précédent article intitulé : « Celles qui nous survivront… » nous avions présenté des êtres extraordinaires : les bactéries extrêmophiles. Vivant dans des milieux apparemment parfaitement incompatibles avec la vie, ces bactéries prolifèrent dans de l’eau bouillante, dans des milieux très salés, très acides. Bref, ils s’accommodent parfaitement de l’Enfer !

On en trouve aussi dans des milieux sans aucune lumière, sans oxygène ou dans des lieux où règnent une température très largement inférieure à 0°C.

Celle-ci sont généralement des bactéries procaryotes qui sont définit comme étant « psychrophiles »… encore un nom idéal pour un groupe de Death Metal !

Ces extrêmophiles psychrophiles pourraient donc vivre sans aucun problème dans la glace qui encapuchonne Europe ou au sein de son gigantesque océan.

Comment le savoir ?

Il faudra y aller un jour, ce qui impliquera l’organisation d’une expédition jovienne ayant pour vocation d’envoyer un module qui fracturera la banquise d’Europe afin d’en analyser les composants.

Et les éventuelles traces d’une vie extraterrestre…

Pour l’instant nous ne pouvons pas aller plus loin, mais nous éprouvons un réel plaisir à imaginer une faune étrange s’agitant frénétiquement dans les abîmes de l’océan d’Europe. Une faune dont les formes baroques et incongrues nous remémorerons peut-être nos pires cauchemars.

Ou nos rêves les plus luxuriants…

Se ciselant éternellement dans le froid, cette faune adopte peut-être des formes cristallines. Elle peut aussi s’orner d’une gothicité outrée que ne renieraient pas les peintres les plus hallucinés.

Qu’importe…

Si elle existe, cette faune démontrera l’incroyable diversité du cosmos et l’ingéniosité de la Nature lorsqu’elle doit se confronter à des situations extrêmes.

Elle nous prouvera en tout cas que l’immarcescible beauté dont l’Univers se pare, même dans ses instants les plus cataclysmiques, demeurera inviolée à jamais.

Et c’est très bien ainsi…

Oksana & Gil

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